Hans Rosenthal, TeBe boy

Écrit par Emmanuel Raide
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Tennis Borussia Berlin, drôle de nom pour un club de foot. Drôle d’histoire aussi, celle d’un club qui a manqué de disparaître plus d’une fois. Une histoire qui se confond entre 1965 et 1973 avec celle de son président, Hans Rosenthal, petit juif berlinois devenu une vedette du petit écran.

Aujourd’hui, comment va le Tennis Borussia Berlin, TeBe pour les intimes ? Pas mieux. Les Violets berlinois se traînent au fin fond de l’Oberliga, l’équivalent de la CFA 2 en Allemagne. Ce qui parvient encore à les sauver, c’est cette idée d'un club à l’image de Berlin, « pauvre mais sexy » pour reprendre l’expression Klaus Wowereit, le maire de la ville.  

Pauvre, mais sexy

Pauvre, le TeBe l’est plus que jamais, obligé de s’appuyer sur la mobilisation de ses supporters pour assurer sa survie, résumée par le slogan « We Save TeBe ! ». Sexy, il l’est aussi en tant que club supporté par les alternatifs, un peu à l’image d’un FC St. Pauli, les putes et le marketing punk à chiens bien pensé en moins.

Sauf qu'à la différence du club de Hambourg, le Tennis Borussia a été salement remué par l’histoire. Alors qu’il fraye avec la crème du foot allemand au début des années 1930, il est fauché en plein vol par l’arrivée au pouvoir des Nazis en 1933. La faute aux relations étroites que le club entretient depuis sa fondation avec la communauté juive de la ville.  

Normalement, le TeBe n’aurait jamais dû s’en relever. Renvoyé au purgatoire de la 3ème division lorsque la Bundesliga voit le jour en 1963, le club de Berlin-Ouest s’ennuie sévère dans son petit Mommsenstadion, au point d’entrevoir la liquidation pure et simple comme d’autres monuments du foot berlinois à l’époque.

Oui mais voilà, ce que partage encore le mieux le TeBe et ses supporters, c’est cette force de caractère qui lui permet de résister vaille que vaille aux coups tordus du destin. Celle qui va alors l’animer au mitan de ces 60’s qui puent la lose, le TeBe la doit en partie à un petit bonhomme, Hans Rosenthal, venu occuper la présidence entre 1965 et 1973.    

Quoi de plus normal pour un homme dont l’histoire personnelle se confond en partie avec celle de sa ville, de son club de toujours ? Une histoire qui commence mal quand on voit le jour dans une famille juive du quartier de Prenzlauer-Berg. Hans Rosenthal perd ses parents dans les années 1930, emportés l’un et l’autre par la maladie. Avant d’être séparé des quelques proches qui lui restent, dont son frère aîné, tous victimes de la Solution finale.  

Livré à lui-même, il est envoyé en camp de travail forcé. En 1943, à quinze ans, il échappe à la déportation vers les camps d’extermination en prenant part à l’évasion du camp berlinois dans lequel il se trouve. Recueilli par trois femmes, il parvient à vivre jusqu'à la chute du régime hitlérien dans une cache.  

La fureur de vivre

Paradoxalement, toutes ces épreuves semblent avoir renforcé son attachement à l’Allemagne et à sa ville. Suffisamment pour sentir dans l’immédiate après-guerre qu'une nouvelle vie s’offre à lui. Une vie dans laquelle il va s’engager pleinement, avec la folle énergie de ceux qui sont revenus de tout. De quoi séduire un pays en pleine reconstruction et devenir en quelques années à peine l’une des voix préférées des Allemands à la radio.  

Mais c’est surtout avec son jeu télévisé, Dalli Dalli, que sa popularité va atteindre des sommets. Son "Fragespiel für Denkspieler" ("le quizz pour ceux qui vont vite")  devient un des rendez-vous incontournables des foyers de l’Ouest chaque week-end. Dans un décor tout droit sorti du cerveau du décorateur de l’inspecteur Derrick, Hans Rosenthal fait swinger, sauter, pouffer le miracle allemand. Pour ça, il prend le pire de Jacques Martin et le meilleur d’Armand Jamot. Ceux qui ont reconnu Guy Lux dans cette description ne sont pas loin du compte.  

A côté de sa carrière d’homme de télé pressé, Hans Rosenthal continue de suivre les résultats du Tennis Borussia, son club de cœur. De suffisamment près pour qu’on fasse appel à lui lorsqu'il faut venir à la rescousse d’un TeBe au bord de la faillite. Hans Rosenthal accepte de relever le défi.  

Au cours de ses huit années passées à la tête du club, Rosenthal se démène pour trouver de nouveaux partenaires financiers capables de tirer les Violets de leur tristesse en Regionalliga. Non sans devoir faire face à toutes ces fausses promesses et autres investissements à perte qui manquent de les faire sombrer une bonne fois pour toutes. En 1969, au plus fort de la tourmente, il ne reste alors qu’une solution pour retrouver un début d’équilibre financier : se séparer du joueur-vedette, Bernd Gersdorff, en le transférant pour Braunschweig.  

Plutôt que de miser sur une rédemption éclair des Violets, Hans Rosenthal comprend alors que seule la patience permettra à son club de remonter à la surface. Ce qu’il parvient à faire au terme de la saison 1973 lorsque le Tennis Borussia décroche enfin le droit de disputer un match de barrage pour accéder à la Bundesliga. Lassé par toutes ses années de compromis devenus intenables pour lui, Hans Rosenthal estime qu’il a mené la mission qui lui avait été confiée et refuse de se représenter à la tête du club pour un nouveau mandat.  

Débris du Fürhrer

Avant de quitter son fauteuil, il formule une dernière demande : que ce dernier match de barrage qui marquera ses adieux au TeBe n’ait pas lieu au Mommsenstadion, mais dans l’Olympiastadion. Un vœu qui renvoie aux secousses de ses jeunes années et qui s’apparente à cette revanche sur son histoire qu'il attendait depuis longtemps :"En tant que président, j’allais devoir prendre place dans la loge présidentielle, là-même où Hitler était assis lorsqu’il avait accueilli le monde pour les Jeux Olympiques de 1936. (…) Le jour venu, je m’y installe, me lève et commence à saluer de part et d’autre mes différents invités. Tous leurs remerciements me passent par-dessus la tête. Ce que je ressens à ce moment précis est très étrange. Un mélange de triomphe et de fébrilité, d’effroi et de plaisir. La satisfaction que je peux alors connaître, on ne peut la comprendre qu’en ayant à l’esprit toute la haine que je pouvais avoir pour cet homme.* "  

Le TeBe gagne ce jour-là  son billet pour une saison sans retour en Bundesliga. Depuis Berlin-Ouest plus que jamais enclavée, les déplacements sont souvent longs et pénibles pour le TeBe. Rien ne pourra empêcher la descente la saison suivante.  

Les Violets parviendront tant bien que mal à retrouver la Bundesliga à coups de remontées sans lendemain, le temps surtout de composer le plus bel exploit de leur histoire en tapant les stars du Bayern le 12 février 1977 sur le score de 3 buts à 1. Motivé par son coach qui lui avait promis sa Merco s’il mettait le but de la victoire, l’attaquant suédois Benny Wendt en marque deux ce jour-là.  

Chacun ayant accompli ce qu'il s'était promis de réaliser, ne restait après tout ça qu’à retourner tranquillement au purgatoire des divisions inférieures et profiter cette fois des week-ends un peu plus longs pour profiter en famille des shows télé un rien ringards du petit Hans Rosenthal.  

*Extraits de sa biographie Zwei Leben in Deutschland

Dernière modification le Samedi, 26 Février 2011 00:27
Emmanuel Raide

Emmanuel Raide

Rédacteur en freelance-armstrong. 

3 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Pop C. Vendredi, 25 Mars 2011 11:39 Posté par Pop C.

    je veux la même drogue que le mec qui a posté au dessus de moi. Article au top, M. Raide.

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  • Lien vers le commentaire Centre de Forme Toulouse Samedi, 12 Mars 2011 12:16 Posté par Centre de Forme Toulouse

    Encore un super article, qui permet de découvrir ces clubs qui ont beaucoup plus que de l'argent, mais une véritable âme et une histoire.

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  • Lien vers le commentaire skuigry gorillazz Samedi, 26 Février 2011 10:11 Posté par skuigry gorillazz

    si ca a pu te donner des ideeS applicable et intergeanble minutes et a d'autres why not.Maintenant chacun applique a sa sauce.J'ai des reserves qui font l'uname ;comme les players ;dimanche de foot on attend les matchs comme une punitions;tigana,garcia,antonetti 3 DESTINS
    3comportements,3equipes qui seront fixes

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