Pourquoi le football féminin ne prend-il pas ? Oui pourquoi, alors que le sport féminin connaît un réel engouement et que le football reste le sport numéro un ? Pourquoi tout le monde se fout des footballeuses ? Tentative d’explication avec cette opinion impopulaire...
Pourquoi tant d'ignorance ?
Il faut d’abord être tout à fait honnête et constater que nous sommes, nous les mecs formant le public potentiel du football féminin, d’indécrottables machistes. Oui, nous n’aurions pas beaucoup d’efforts à faire pour nous intéresser un peu plus au championnat de France féminin, par exemple. Les informations sont là, comme les journaux et les sites internet, mais nous n’en prenons pas le chemin. C’est injuste pour ces sportives méritantes... Mettons nous un peu à leur place cinq secondes - pas plus non plus, faut pas déconner. Ça doit quand même être dur à encaisser pour la meilleure buteuse de France de voir que personne ne sait son nom, alors que tout le monde arrive à épeler sans faute Luyindula.
C’est vrai, c’est moche pour elles. Elles s’entraînent, elles suent, elles portent des chasubles aussi moches que les mecs, elles se font houspiller par des entraîneurs aussi cons que ceux des mecs, mais elles font tout ça sans clameurs, sans gloire, sans Ferrari, et sans Christian Jeanpierre pour les commenter… Même Alain Soral pourrait trouver ça injuste. Sauf que, bien entendu, rien n’arrive par hasard. Et que si les footballeuses évoluent dans un tel anonymat, ce n’est pas seulement parce que les mecs ont les yeux rivés à leur machisme et leur fainéantise.
Non, parce que tout le monde constate que dans les autres domaines de la société, les femmes ont trouvé la place qu’il leur était due. Et gros cons de mecs ou pas, que ce soit dans l’entreprise, dans la politique, dans les domaines culturels, elles arrivent presque à cette égalité qui aurait dû être évidente dès le départ. Certes, il y a encore beaucoup de boulot, mais on n'est pas là pour servir la soupe aux Chiennes de garde, qui de toute façon ne lisent pas Les3points, ou alors aux cabinets, comme les curés lisent Playboy ou le Journal de Mickey.
D’où vient ce rejet du football féminin ?
Alors, si ce n’est pas un problème de société, d’où vient ce rejet du football féminin ? Et si tout simplement, le problème n’était pas tant le féminin, mais le football ? Ou en l’occurrence, l’absence de football ? Parce que chaque fois que les médias ont essayé, que les télévisions ont diffusé des rencontres féminines, personne n’a vraiment osé dire ce que pourtant tout le monde a vu. Oui, le football féminin, c’est quand même très moche. A côté la Ligue 1 Moustache Orange, c’est Brésil-Italie 70. Franchement, si l’on met de côté cinq minutes notre galanterie légendaire, le football féminin est d’un niveau affligeant.
Contrôles ratés, courses laborieuses, passes hasardeuses, frappes de criquets, très peu de tacles mais beaucoup de fautes, on en passe et des meilleures. Voir un match féminin de haut niveau, c’est quelque part entre une rencontre UNSS et une performance d’art moderne. C’est pas une question de volonté, non, elles s’appliquent et même plus que beaucoup de mecs, mais elles n’y arrivent pas. C’est cruel, mais c’est ainsi. Comme si le football se refusait à elles. Oui, le football est un affreux sexiste. D’ailleurs, c’est sans doute pour ça que les mecs ont toujours un peu honte de l’aimer si fort, comme quand ils se cachent de goûter aux blagues sexistes. Le football, c’est gras et ça parle fort. C’est moche, passéiste, tout ce que vous voulez, mais c’est comme ça.
Après tout, ce n’est pas la fin du monde. Il y a des tas de sport, où inversement ce sont les mecs qui sont moins bienvenus que les filles. On pourrait citer l’athlétisme (bizarrement, on préfère toujours les sauteuses aux lanceurs de poids), le volley ou le patinage artistique. Certes pour des raisons bassement sexuelles, mais pas que. Rien que pour avoir donné une niche médiatique à Philippe Candeloro, le patinage artistique masculin n’aurait jamais dû exister. C’est dur à dire dans notre société de plus en plus mixte, mais il y a des activités qui ne sont pas unisexes. Il ne s’agit pas d’interdire bien entendu, mais à l’instar du port de la gourmette, on peut fortement déconseiller les activités mettant dans l’embarras ou le ridicule. Ainsi en va donc du football pour les femmes.
Oui mais...
Bien sûr, les esprits chagrins pourraient rétorquer que le football féminin, ça a déjà marché. Aux Etats-Unis par exemple. Comme par hasard, dans un pays qui ignore tout du football. Une preuve de plus, s’il en fallait, que le problème vient donc plus du football que des femmes. A ceux qui trouveraient ce point de vue un brin sexiste, je dirais oui peut-être, mais je les mets au défi de me citer une action de légende du football féminin. Et qu’on ne me dise pas qu’il faut laisser du temps, les filles jouent au football depuis aussi longtemps que les mecs. Et j’ajouterais que si ce n’était qu’un point de vue de mec, les stades de rencontres féminines, seraient remplies de supportrices. Or, ce n’est pas le cas, loin s’en faut. Il faut donc en convenir, tout le monde se fout du football féminin parce que, même le plus féministe des amateurs de balle au pied le sait au fond de lui-même, ce sport est d’une mocheté abyssale. Et toutes les plus belles consultantes de Canal pelu, toutes les velina, toutes les femmes de footballeurs anglais n’y pourront rien changer. La femme est l’avenir de l’homme, disait Aragon. D’accord, on leur laisse tout le reste si elles promettent d’épargner le football.