Rap my club - C'est du VAFC

Écrit par Jean Grondin & Emmanuel Raide
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Depuis qu'un jour Les Inrocks ou Philippe Manoeuvre - c'est pareil - ont décrété que NTM était le plus grand groupe de rock français de tous les temps, on a découvert que les liens entre musique et foot n'étaient pas l'exclusivité des clubs anglais. Quel rappeur n'est pas passé par un centre de formation ? Quel joueur de foot n'a pas son ami dans le pera ? Qui n'a pas grandi dans la ZEP avec un joueur de foot ? Quel joueur pro n'écoute pas son petit Rohff d'avant-match ? Du moins, quand on le lui permet encore... Depuis quelques temps, cette proximité éclate au grand jour le temps de morceaux composés en l'honneur d'un club de foot. Entre flows spontanés et productions plus officielles, Rap My Club passe au crible ces différentes tentatives. Troisième étape, Valenciennes...

Club : Valenciennes Football Club

Titre Ca c'est du VAFC ! Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est le quatrième son de Major Mädj sur le VAFC. L'artiste en sort un par saison. Ce qui pourrait en faire une sorte de Woody Allen du rap pour club. Sauf que là, on préfère encore vous épargner les productions précédentes. Pourquoi s'intéresser à la dernière en date ? On a cru y deviner une sorte de titre de la maturité, comme disent les puristes.

Explicit lyrics : Qu'on se le dise, si c'était pour entendre ça quarante ans plus tard, on aurait conseillé aux Last Poets et à Afrika Bambaataa de se mettre au jokari plutôt que de psalmodier des lyrics conscientes. Façon de dire qu'à l'heure où certaines tronches du game affirment que le rap français n'est plus qu'un grand corps tout raide, Major Mädj a décidé de rappliquer pour l'enterrer fissa en y allant de son coup de pelle et de son gros mollard.

C'est pas parce qu'on s'est mis à faire n'importe quoi depuis Bambi Cruz qu'on peut se permettre de lâcher ce genre de son qui sent la pisse ou l'Eurodance belge (rayer la mention inutile) et attendre de s'attaquer au cas Bisevac pour sortir la première rime du morceau - avec "match"... On rappellera également que raper dans les temps, c'est pas mal non plus. Si certains reprochent à des types comme Sinik ou Koma leur flow un rien trop carré, ils vont être servis avec avec Major Mädj et son débit fantaisiste à faire passer Yolande Moreau pour une orfèvre du genre.La preuve avec ce premier détour au milieu du flow bancale de Major Mädj : "Même gardien, je peux t'en foutre une au fond / C'est du Wimbée !" Même s'il s'adresse aux fans hardcore du grand Greg à tête de choux qui suivaient Téléfoot en 1996, on comprend vaguement où il veut en venir. Là où ça se corse, c'est quand même l'idée d'un vague sens finit par lâcher l'affaire en plein morceau : "Ma gueule dans Materazzi / J'en ai déjà tèje ma zizanie / C'est du Mater !" Avant de se retrouver plus paumé devant ce passage qui ferait passer n'importe quelle Google Traduction pour un morceau de lyrisme : "J'te croque comme des chips / C'est du Schmitz, costaud !"

Histoire de ne pas être complètement injuste avec le nouveau Major de la promotion Rap My Club, on avouera avoir salement hésité à poser sur le mur facebook de Booba cette punchline inespérée, capable de renvoyer l'Ourson préféré des bobos vers son stylo Bic : "Je fous ton goal sous camisole / C'est du Pujol !"

Pour le reste, pas de discussion possible, le Major mad a bien son club dans la peau. Prendre la peine de sortir quatre sons de la cave pour se hisser à la hauteur du "4-3-3 du Barça à VA", forcément ça en impose. De toute évidence, ce type n'a pas de trouble obsessionnel compulsif. Sa place n'est pas non plus dans Confessions Intimes. Major Mädj se contente juste d'aimer son club un peu plus que les autres. 

Dommage toutefois qu'il le clame un peu trop fort. Et qu'il ne joue pas plus la carte street credibility, en laissant deviner dans le passage sous les douches un "Only Bisevac Can Judge Me !" du côté de l'avant-bras. Ouais, vraiment dommage...

Le beat : Un kick qu'on retrouve dans toutes les banques de sample. Une caisse claire usée jusqu'à la corde. Une basse qui n'en a que le nom. Un enchaînement de notes assez improbable en guise de mélodie électro. Même les bulgares de l'Eurovision 1981 en rigoleraient. Le beatmaker ne s'est pas trop foulé sur ce coup-là. Dommage, car le mec qui est derrière tout ça, DJ Profecy, est capable de mieux. Les mauvaises langues diront que c'est une instru' fond de tirroir... Si c'est le cas, on se contentera d'ajouter que le son aurait clairement dû y rester.

La punchline : De légende, forcément.

"Je n'ai qu'une hate, c'est faire une halte sur la pelouse. Que le match de samedi arrive à grande vitesse ! Alors je passe mes heures de cours à penser au football... / Qu'un jour peut-être  je jouerai au haut niveau, mon maillot de VA floqué du nom de Samassa. C'est dans la cour d'école qu'à chaque récré je revis, que je crochette mes potes de mon camp jusqu'au goal..."

Tous les profs de français vous le diront, les alexandrins c'est has been. Du coup, ça permet de se cogner quelque chose comme la rime la plus longue de l'histoire de la musique. Un putain de tacle envoyé à Grand Corps Malade pour qu'il arrête de croire qu'il a découvert la poésie depuis le jour où il s'est mis à réciter le bottin. C'est un peu au nom de ça que Major Mädj s'embarque dans sa rime improbable qu'on surnommera "la rime tente Quetschua", non pas parce qu'elle vient du Nord comme Décathlon, mais parce qu'elle dure 20 secondes interminables et qu'il faut bien quatre heures de crise de nerfs pour la replier. Allez tiens, vous pouvez vous rhabiller Dany Dan et Alain Souchon ! Vous venez de vous faire poncer la rondelle, check.

L'objet du crime 

Le verdict : 

 Aucune casquette pour le B-Boy de Valenciennes qui a quand même eu la riche idée de nous faire découvrir le RAP biodégradable. On en sourit mais le morceau n'est clairement pas bon. Pire, c'est le plus insipide des quatre glaviotés par Major Mädj. Donc pour la maturité, il repassera. C'est mou, avec une voix forcée et des punchlines piquées à Roland Magdane - pas dans ses sketchs du début des 80's, mais comme il est dans Le Tuteur le samedi soir sur France 3. Façon de dire qu'on sent qu'il a tout fait pour chercher à dire tout son amour pour son club, mais que cette fois, il est à sec... Ca tombe bien, on commençait à être à bout. 

 

Dernière modification le Mercredi, 24 Novembre 2010 18:04

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire MercerBlanca Dimanche, 23 Décembre 2012 03:55 Posté par MercerBlanca

    Different people all over the world get the business loans in various creditors, just because that is easy.

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  • Lien vers le commentaire john bural Mardi, 26 Octobre 2010 10:06 Posté par john bural

    http://www.youtube.com/watch?v=XQ2B9JIp4Q0&feature=player_embedded

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