1958 : Ultime fait de gloire pour une première génération dorée.
Eliminée en demie finale, et sans discussion possible, par un Brésil hors concours, emmené par un Pelé adolescent, l’Equipe de France met un point d’honneur à décrocher la troisième place du mondial suédois, en écrasant les allemands, champions du monde en titre. Avec un Just Fontaine en pleine crise de butophagie aigue, auteur de quatre réalisations, les Coqs font lever et rêver une dernière fois le public français, campé derrière son transistor et ses quelques rares postes de télévision. Un ultime fait de gloire, pour une génération au succès éphémère, qui ne verra pas le Mondial 1962 au Chili. Il était écrit quelque part, qu’au pays des nuits parfois interminables, la Suède, que les Bleus allaient rentrer pour un moment dans l’obscurité. Reste à tout jamais le souvenir de l’une des plus belles équipes du sport français. Celle qui vivait au travers de glorieux numéros de Miroir du Sport ou de l'Equipe. Et cela, de son esprit toujours vif, Justo ne se prive pas de nous le rappeler encore aujourd’hui.
1982 : Bleus à l'âme
Comment réussir à rebondir de manière positive après avoir connu une si grande désillusion ? Une question à laquelle la bande à Platoche n’a pas réussi à répondre, lors de ce match pour la troisième place du Mondial 1982. Battus par des Polonais nettement plus vigoureux, les coiffeurs d’Hidalgo n’ont jamais vraiment donné l’impression de rentrer dans ce match, certainement marqués par le cruel échec, essuyé en demi-finale face aux Allemands. La perspective d’une première finale de Coupe du Monde, quasiment touchée du bout des doigts, aura eu raison d’un groupe courageux, mais malchanceux. Malgré les buts de Girard et Couriol, les buts de Szarmach, Majewski et Kupcewicz laissent les Bleus au pied du podium. Un accroc toutefois sans conséquence, car on connait la suite. Nul doute que pendant la rencontre, les "et si" ont du revenir dans les conversations tricolores. Sous le chaud soleil d'Alicante, le football français a peut être amorcé là, un virage vers des lendemains victorieux.
1994 : Collectif 4-0 Individualités
Ce match pour le bronze du Mondial 1994 aura au moins eu le mérite de souligner une chose : que l’Equipe de France n’a pas été dégagée de la Coupe du Monde Américaine par des nullos, à savoir la Suède et la Bulgarie. Les ex compagnons d’éliminatoires des Bleus auront flambé sous le soleil brûlant du Nouveau Monde, échouant respectivement face au Brésil et à l’Italie en demi. Mais entre des Suédois, désireux de régaler la planète une dernière fois avant le retour à la maison, et des Bulgares, trop occupés à placer Stoichkov seul au palmarès des buteurs, le choc tourne vite à la correction. Quatre buts plus tard, et une démonstration collective administrée, Brolin, Dahlin, Kennet Andersson et Thomas Ravelli décrochent le bronze, et le titre d’équipe la plus sexy du Tournoi. Pas certain toutefois que cela ait pu consoler Gerard Houiller et David Ginola depuis leur chaise longue.
2002 : Un choc inattendu pour un record.
Un peu moins rapide qu’Usain Bolt, mais il s’en faut de peu. En 10.1 secondes, le turc Hakan Sukur inscrit son nom au livre des records de la Coupe du Monde, à la ligne « but le plus rapide ». Une interception illico, suite à l’engagement coréen, et le Taureau du Bosphore s’en va crucifier Lee. Ce ne sera pas le seul but du match, remporté 3 à 2 par les Turcs, disputé tambour battant par deux équipes bien décidées à figurer au tableau d’honneur de cette Coupe du Monde asiatique. Auteurs d’un très beau parcours, avec pour les Coréens, le soutien de tout un peuple, cette improbable affiche de la petite finale tranchera clairement avec une finale sans grand relief, remportée par le Brésil face à l’Allemagne. Pour les turcs, il s’agira du seul grand fait d’armes d’une génération exceptionnelle, à qui il n’aura pas manqué grand-chose pour s’installer sur le toit du monde. Tandis que les Coréens achevèrent ici l'un des plus extraordinaires parcours de l'histoire du mondial, et avec les honneurs.
2006 : le vainqueur du Jeu était le N°3.
De toutes les rencontres disputées pour le gain de la troisième place, la dernière en date, disputée entre les locaux allemands et les portugais, restera comme l’une des plus agréables qu’il nous ait été donnée de voir. La national Manschafft, portée un public survolté, aura ébloui la rencontre de son jeu vers l’avant et enthousiaste. En face, les Portugais n’ont pas été en reste, luttant vaillamment jusqu’au bout. Ce sont finalement les Allemands qui décrochent la dernière place du podium, jurant par les grands dieux du football, qu’ils seront au rendez vous pour la gagne quatre ans plus tard. Ironie de l’histoire, nos cousins germanique sont donc bien au rendez vous. Mais pour la rencontre du con. Décidement, on a du mal à se faire à la nouvelle mentalité germanique, si proche du romantisme et de la lose à la française…
