Black Diamond, dans l'enfer des trafics de jeunes joueurs

Écrit par Julien Mulao
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Sorti ce mercredi, Black Diamond se présente comme un documentaire, parsemé d’incrustations d’animation à caractère fictionnel, sur le thème des trafics liés aux jeunes footballeurs africains. La thèse est implacable, la démonstration l’est un peu moins, les transferts des jeunes joueurs serait une nouvelle forme d’esclavage. S’appuyant essentiellement sur deux pays, le Ghana et la Côte d’Ivoire, ce documentaire, malgré des intentions louables, pêche par manque d’approfondissement.

Black diamondOn aurait aimé en savoir plus, sur l’organisation des filières, les complicités des différentes autorités ( fédérations et gouvernements ) et surtout sur le rôle pervers des clubs européens. Ici, ces thèmes ne sont pas évoqués, la réalisatrice préférant s’en tenir aux agents africains, basés sur le terrain et envoyant aux casse pipe chaque année, des dizaines de joueurs.
Reste que ce documentaire est édifiant dans sa façon de démonter le système opaque des recruteurs de la société qatarie Aspire. Derrière une face de philanthropie trop fortement affichée, se cache en réalité un système de transferts frauduleux, permettant aux recruteurs de cette société d’envoyer des joueurs d’à peine quinze ans au Paraguay ou n’importe où.
Le documentaire est aussi efficace dans sa manière de nous éclairer sur le rapport trouble des parents avec ces recruteurs. Les parents sont prêts à payer, à se ruiner pour envoyer leurs enfants tenter leur chance dans un club européen. Avec cette croyance quasi naive, dans un espoir si hypothétique, on comprend mieux comment les abus arrivent si facilement.
Enfin, la documentariste nous ouvre aussi les portes du centre Cyril Domoraud. L’ancien joueur de Bordeaux et Marseille, n’y apparait pas sous son meilleur jour. Il faut dire que venir visiter ses petits protégés dans un Hummer rutilant, quand ceux-ci vivent dans des conditions spartiates, offrent une idée assez précise de l’indécence et de la folie qu’engendrent le football.
Ainsi, malgré une partie d’animation Kirikou pas très convaincante et une frustration légitime devant le manque de certaines informations, ce documentaire offre une bonne approche du sujet. Surtout dans un monde médiatique, plus enclin à saluer les réussites aussi rares que rutilantes d’un Didier Drogba ou d’un Mickael Essien, qu’à s’intéresser aux milliers de laissés pour compte.




	
	
		
			

	
	
	
	
	
	

		

				
		
				
	




                                                                        
Dernière modification le Jeudi, 16 Septembre 2010 18:20
Julien Mulao

Julien Mulao

Rédacteur dilettante, Bavièriste convaincu. Et inversement.

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