Antonin Maurisson - J'ai le bleu !

Écrit par Antonin Maurisson
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Tel un Sancho Pansa se battant contre les moulins à vent de la Fédé - tout en cravates et raies rabattues sur le coté pour tromper la calvitie -, Antonin Maurisson n’a eu de cesse d’avertir son monde du désastre annoncé en Afrique. Aujourd’hui, c’est sans la moindre satisfaction et sans même chercher à faire la leçon qu’il tente un état des lieux de la scène du « crime » de l’Equipe de France. En se chargeant de l’autopsie et de la mise en bière « dans ce pays où il faut tout faire soi-même sous peine de voir le travail mal fait. Surtout quand on sait que ça ne coûte pas plus cher de se retrousser les manches et de donner un peu d’huile de coude ! »

Cher L'Equipe Mag',

Aujourd’hui, j’ai mal à ma France. Ce n’est pas un coup de gueule que je vais exposer, mais les larmes sincères d’un patriote trahi par ses concitoyens. Mes coups de gueules n’ont malheureusement pas été entendus à temps par une petite troupe de Trissotins bien trop occupée à se dorer  la pilule sous le soleil sud-africain aux frais de la princesse – peu importe le nom de cette dernière, les monarchies africaines dilapident l’argent du peuple au même titre que les Républiques bananières, et ce n’est pas faire de l’ethnocentrisme que dire cela !

Quand je jette un oeil sur la tragédie de cette campagne mondiale côté Bleu, je ne peux m’empêcher de revoir nos alliés donner leur vie pour rien à Omaha Beach. Tout ça pour qu’un jour funeste de juin 2010, des starlettes dignes des pires programmes télévisuels de la dynastie Castladi refusent de s’entraîner avant un match de la coupe Jules Rimet ?

Je savais depuis le début que nous ne passerions pas les poules. Aucun marabout exerçant dans les plus sérieuses officines occultes de la Goutte d’Or ou de Soweto n’aurait rien pu y faire. De même que je savais que la perspective d’un retour précipité en France ne risquait pas d’émouvoir outre mesure messieurs Govou et Ribéry, trop préoccupés par d’autres poules que celles d’un Mondial – et je ne vise aucune mineur en particulier…

Concernant les événements extra-sportifs du groupe France, je ne polémiquerai pas davantage. Tout écœuré que  je puisse être, je ne parlerai pas des millions que touchent ces internationaux afin de ne pas bafouer davantage le maillot porté par d’illustres aînés, tels Guy Garchevain ou Cyrille Bristoix. 

Si le gouvernement avait le cran, il destituerait sur la champ Monsieur Anelka de sa nationalité française ! Il ne serait pas surprenant qu’il soit d’ailleurs déjà marié à plusieurs femmes et qu’il les oblige à adopter un style vestimentaire très en vue dans les Pays du Golfe – et je ne fais pas référence au sport pratiqué par des gentlemen de la trempe de Monsieur Jean Van de Velde.

Avec le recul, je sais que mon staff aurait fait du bien. La compétence du docteur  Gérard Miller aurait été rudement appréciée. Et pas uniquement pour mettre en place des charades dans le bus. Cela aurait déjà évité la pénible vision de Monsieur Franck Ribéry à Téléfoot, balbutiant, blanc comme un cierge de Pâques.

Bref, ce qu’il faut désormais, c’est passer un grand coup de balais ! Pour cela un entraîneur portugais aurait été tout désigné. Faiseur de miracles chez les Etalons du Burkina Fasso, Monsieur Duarte était de toute évidence l’homme de la situation pour mener d’une main de maître cette sélection qui rappelle à bien des égards celles de nos anciennes colonies, l’eau courante et l’électricité en plus. 

Nous devrons nous contenter de Monsieur Blanc, ce qui n’est pas si mal. Le Président saura rabattre le caquet de ces pleureuses plus disertes devant le micro de Claire Chazal et l’œil torve élyséen que face à onze bandits mexicains tatoués ou une équipée d’hirsutes d’Afrique australe qui partaient pourtant la fleur au fusil.

Quand je repense au petit Lloris qui lui avait toute ma confiance… Voir le niveau de jeu de ses partenaires déteindre sur lui m’a fait si mal. Il n’est pas normal que sur chaque prise de balle son visage soit blafard comme s’il avait entraperçu le fantôme du Tigre Clemenceau !

Signé un ex-supporter des Bleus jusqu’à nouvelle ordre, choqué par ce manque d’amour du maillot, par les revenus de ces messieurs, mais qui reste cependant agréablement surpris par la parfaite syntaxe du communiqué rédigé par les joueurs. Comme quoi, le petit Bakari cache bien son jeu et semble plus à l’aise à l’écrit que balle au pied…

Antonin Maurisson, Saint-Chéron-aux-Bois-sur-Saône (70)

Dernière modification le Vendredi, 16 Juillet 2010 08:13

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