Antonin Maurisson - Trois ténors atterrants !

Écrit par Antonin Maurisson
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Antonin, 75 ans, retraité, amoureux du ballon rond et abonné à L'Equipe Mag' depuis toujours. Antonin crache ses coups de gueule comme le volcan sa lave en fusion. Autrement dit, avec panache. Si la Coupe du Monde ne l'a pas achevé, c'est pour mieux lui laisser le soin d'analyser les dysfonctionnements d'un football français en roue libre. Et pour éviter une nouvelle déculottée tricolore, il a décidé de s'attaquer à la base, la Ligue 1. Après l'EDF, Antonin griffe le début de saison des cadors français.

Cher L'Equipe Mag’,

Le championnat de France de Ligue 1 a repris depuis le mois d’août et l’enseignement que nous pouvons déjà en tirer est qu’il n’est point question d’été indien pour les trois gros de la compétition. Pas vrai Joe Dassin ? Pardonnez cette facétie, je ne me refuse jamais une rediffusion estivale de La 7ème Compagnie ! Vous me permettrez de remercier Monsieur De Carolis au passage pour la qualité de ces programmations qui rendent la place qu'il mérite à tout un pan de notre cinéma français.

Toujours est-il que L’OL aurait bien besoin de compter un Chef Chaudard dans ses rangs, Monsieur Puel montrant ses limites saison après saison. Disposant pourtant d’un effectif pléthorique et d’une enveloppe de recrutement qui ferait fantasmer n’importe quel club sans le sous de L1 (Arles-Avignon, Caen, Sochaux, Paris Saint-Germain et j'en passe), le club rhodanien semble s'être bien mal engagé dans sa nouvelle saison. Et ce n'est pas la venue à prix d’or d'une starlette bizutée du dernier Mondial qui changera quelque chose à l'affaire. Yoann Gourcuff peut toujours pleurer dans les jupons de son tacticien à la mords-moi de menhir de père.

En effet, rares sont les joueurs au physique avenant qui ont marqué l'histoire du football tricolore. Il y a eu José Rouche pendant la saison 46, glabre arrière-droit de l’Entente Sportive de Charpond-en-Auge-les-Manants qui faisait tourner quelques têtes le samedi soir aux guinguettes, mais qui ne manquait jamais d’en briser quelques unes le lendemain après-midi sur les pelouses normandes. Drôle d'époque où la guerre était partout, dans les rues, sur les terrains et même dans les sous-vêtements...

Heureusement pour Monsieur Aulas, son club n’est pas le seul dans la panade. Les Girondins orphelins du Président Blanc figurent également en queue de peloton. Et ce n’est pas l’arrivée aux commandes de l’éminent membre du Carré magique - vous nous avez fait vibrer, Monsieur Tigana, et ce en dépit de votre caractère – qui y changera quelque chose. En dépit de la sympathie que je leur porte, les Bordelais semblent avoir perdu leur identité et leur solidité. A se demander si le fait que Monsieur Jeannot ait décidé de signer aux Girondins uniquement pour se rapprocher de ses vignes a quelque chose à voir avec son manque d’inspiration dans le coaching ou dans la piteuse gestion du mercato. Ce qui ne m'empêchera pas de saluer son fantastique travail du temps où il était en Angleterre, dans le club milliardaire de Fulham. Bravo Monsieur Jeannot pour avoir fait exploser au plus haut niveau des jeunes de la trempe de Steed Malbranque ou de Sylvain Legwinski ! Cela restera toujours plus glorieux qu'un passage en Turquie... Bon courage malgré tout, Monsieur Jeannot. Je reste de tout coeur avec vous en dépit de votre incompétence manifeste et de votre égo démesuré.

Le club champion de France phocéen semble avoir donné lui aussi du souci à ses supporters durant l’intersaison. Vente de Monsieur Niang rappelant plus volontiers Amistad que La Mélodie du bonheur, incivilité urbaine de Monsieur Ben Arfa, achat de Monsieur Rémy et coûts y afférents relatifs à son pacemaker, débauchages de Monsieur Gignac, sympathique homme du voyage au demeurant, et de son cuisinier personnel… Le moins qu'on puisse dire, c'est que le marché a été aussi agité qu'une pitoresque vente à la criée sur le Vieux Port.

Mais l’entame laborieuse tant en L1 qu’en Ligue des champions cache un problème plus grave. Monsieur Anigo ne s’entend plus avec Monsieur Deschamps. C’est dit. Quoi d'étonnant quand on sait que les plus grands duos qui ont connu les sommets finissent toujours par se déchirer : Messieurs Lennon et McCartney ; Messieurs Roger Pierre et Jean-Marc Thibault ; Mademoiselle Sheila et Monsieurs Ringo... On notera au passage que les Scarabés de Liverpool avaient tendance à se chamailler avec tout le monde !

Quoiqu’il en soit, j’aimerais que ces messieurs les ténors, repus des gros sous du Milliardaire Thiriez, cessent de se plaindre et de prétexter l’arbitrage ou le vent pour excuser leurs piètres performances ! Prenez exemple sur les joueurs de curling ou de twirling bâton qui ne rouspètent jamais, messieurs ! J’explique souvent à mon petit-fils, devoir de mémoire oblige, qu’en 43 l’équipe première de Saint-Chéron-aux-Bois-sur-Saône ne s’était pas cachée derrière la mobilisation obligatoire contre l’envahisseur allemand, la privant des deux tiers de ses titulaires, pour expliquer la défaite 3 buts à 2 lors du derby fratricide l'opposant à Saint-Michel-sur-Bourg. Ah, plutôt crever que de perdre sur tapis vert ! Quand je repense à notre curé, le Père Antoine, titularisé de dernière minute dans les cages, capable d'enchaîner d'autres miracles que ceux de Monsieur Bigard quand il prend la soutane dans Le Missionnaire ! La main des Dieu, c’était celle du Père André ! Et pas une autre !

Voyez,  c’est ce que j’appelle le courage ! Prenez-en de la graine messieurs Aulas, Tigana (je n’ai rien contre vous au demeurant) et Anigo !

Signé un supporter de football français qui a conscience que ce n’est pas avec l’AJ Auxerre que nous tutoierons à nouveaux les sommets européens tant au niveau du jeu qu’au niveau de la prestance auprès des dames - Monsieur Pedretti votre jeu long aussi précis soit-il ne vous placera jamais dans les cœurs au même niveau qu’un Cristiano ou qu’un José Rouche !

Dernière modification le Samedi, 19 Mars 2011 16:35

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