Michel Hidalgo (Foot +)
Sous prétexte qu'il a été le sélectionneur de la première Equipe de France à déflorer un titre, puis directeur sportif de l'OM, il a gagné son siège de sénateur à vie sur les antennes du groupe Canal +. A l'occasion, on le ressort du placard lorsqu'il faut parler de l'Equipe de France chez les Spécialistes, surtout quand tout le monde a déjà donné son avis et qu'il n'y plus rien à dire.
Hidalgo est surtout devenu l'incarnation des ravages de la vieillesse. Incapable de donner son avis sans chausser ses lunettes à double foyer et lire une feuille sur laquelle son petit-fils - probablement Marvin Hidalgo, 11 ans - a écrit quelques phrases bien senties, du style "Vous savez, le football se joue à onze et avoir un grand attaquant comme XXX facilite la tâche", "Cette équipe a du talent sur le papier, mais il faut du temps pour que les automatismes prennent" ou bien "XXX doit oublier cette défaite pour aller de l'avant au prochain match et redonner le sourire à ses supporters". Sans oublier les erreurs de jugement flagrantes, "Y a touche" quand il s'agit d'une sortie de but ; les approximations géographiques "Brandao, il est Argentin ou Urugayen... Enfin il est pas Africain" ; les fixettes façon Larqué - un joueur du FC Valence qui rate sa passe du plat du pied peut être cloué au pilori fissa : "Lui, il mérite pas de porter le maillot de Valence". Et les phrases qui tombent comme des briques : "Ils sont forts ces Valencians", suivi d'un blanc de 45 secondes... En même temps, on ne viendra pas lui reprocher de ne pas assumer, comme lorsque, pour première intervention lors du récent OM-Valence, il lâche : "Ah, ben je connais personne à Valence." (F.P.)
Rolland Courbis (RMC)
Des analyses qui se résument le plus souvent à "Peut-être que j'ai tort, mais peut-être bien aussi que j'ai raison, hein...", le tout prononcé avec un accent pas du tout surjoué et surtout beaucoup de mauvaise foi aussi - bon, depuis on a appris que ça faisait partie des qualités requises pour bosser sur RMC... Comme tous les pires consultants, Courbis a un avis ferme et définitif sur l'arbitrage vidéo qui se résume en une idée : un but accordé ou refusé à tort lors d'un match important peut entraîner des émeutes dans ou autour des stades. Une autre de ses marottes consiste à égratigner ceux qui sont de vrais coachs en exercice, même pas pour leur prétendue (in)compétence. Par exemple, quand Eric Gerets ou Didier Deschamps enchaînent une mauvaise série à Marseille, il rappelle qu'à son époque les supporters de l'OM étaient bien plus virulents à son égard, qu'on aurait déjà demandé sa démission aussi, tiens...
Bien entendu, comme tous les ex-professionnels de la profession reconvertis dans le consulting à l'arrache, Courbis a pris part au lynchage de Domenech. Sauf qu'à y regarder de plus près, Rolland et Raymond ont un point en commun : un palmarès qui se résume à un titre de champion de Division 2. Faut pas l'oublier, toute donneur de leçon qu'il est, le coach Courbis reste un sacré loser. La preuve, depuis son doublé à l'envers avec l'OM en 1999 et ses ennuis judiciaires, sa carrière se résume à des piges à Lens, en Russie, aux Emirats... Et deux montées en Ligue 1 donc pour tout crédit, l'une avec Ajaccio et l'autre avec Montpellier. Comme Bazdarevic, en fait. D'ailleurs, ils attendent quoi pour recruter Mécha sur RMC ? Il a un accent rigolo lui aussi... (N.H.)
Vikash Dhorasoo (M6)
Déjà le mec, il crâne avec son nom super dur à écrire, du genre "Ouais, je sais, je suis particulier..." Alors que, lorsqu'on vient du Havre, qu'on a grandi entre la Place Laurent Ruquier, le Boulevard Alain Casanova et la Zone d'Activités Franck Dubosc, on s'écrase et on se contente de sourire à la vie qui a su se montrer sympathique de la plus inespérée des manières. Voilà, on évite d'y aller de ses commentaires philo-footo-sophico tout pourris, faussement éclairés sur tout et rien - rien à secouer des dockers du quai six qui y vont de leurs rots sonores et désabusés entre deux caisses soulevées... Pas la peine non plus de faire son faux Gourvennec : "J'adore Everyday is like sunday des Smiths !" Comme Bonnart, quoi... Puis son faux Canto : "Fred Poulet, c'est mon srab... Tu vois, la vie c'est comme le mildiou : elle est là, sans se faire voir et..." Ouais bon, ta gueule. Enfin, son faux personne en particulier mais le gars qu'on bafferait bien de toute manière.
Super content de grossir comme Serge Blanco, de mettre sa race à Gerard Rinaldi et Danny Brillant à la bataille ou à la crapette selon son degré de forme au Cercle Lou Branlou de la rue Barbe dans le XVIIIème arrondissement, il pousse le bouchon jusqu'à faire semblant de regretter ce qui lui arrive. Un peu comme Zaz qui fait Piaf et Pierre Bachelet en même temps... Chaque fois qu'il est pris en flagrant délit de vacuité, Dhorasoo nous ressort l'anecdote du buffet hallal de Domenech ou de Ségolène Royal qui le confond avec un sumotori, le tout avec un rictus qui se perd de plus en plus dans sa tronche mafflue et un ahanement qu'il croit mutin. Bref, Vikash, c'est le pire de tous, à l'aise. Le plus tout, le moins rien. La honte du foot, du journalisme, de la belote et des joueurs de croquet et de cricket. (G.F.)
Zinedine Zidane (Canal +)
Zizou, c'est un taiseux, un vrai. Dans sa carrière, ça l'a plutôt servi d'ailleurs. Dans le doute, personne ne l'a jamais accusé de ribéryte aigüe. Quelques marmonnements en interviews à la grande époque, des sourires polis et le charisme d'un stylo quatre couleurs. Le souci, c'est qu'en tant que consultant, il ne peut plus se contenter de poser à côté d'une bouteille de Danao. Faut qu'il parle maintenant. Canal Plus a aligné 500 000 euros l'année pour décrocher le forfait qui donne droit à l'analyse tactique de haute volée "Je crois que s'ils marquent un but de plus que les autres, ben ils devraient gagnent facilement..." De la polémique bien crade, façon "Je crois que s'il y a faute dans la surface, c'est penalty." Et puis, la touche technique signée ZZ : "Une victoire, c'est 3 points en plus au classement, je crois..." Façon de dire que, plus que ses compétences, c'est un nom que Canal s'est payé. Zinedine consultant, c'est un peu comme un monochrome de Kundelich : ça ne sert à rien, mais c'est vrai que ça fait plus joli quand on invite les voisins à l'apéro. (O.M.)
Marcel Desailly (Canal + ou The Guardian ou SFR ou Betclic)
Si Marcel Desailly a bien une qualité, c'est la grande confiance qu'il accorde à ses propres analyses. Le Roc, comme dit Franck Leboeuf, est toujours sûr de lui. Tellement sûr que, quelle que soit la connerie qu'il peut sortir, il la dira avec un tel aplomb que tout le monde se verra dans l'obligation d'acquiescer. Même Reynald Denoueix. C'est dire si c'est bluffant. Cette capacité hors norme lui permet du coup toutes les folies. Le 12 juin 2006, après le premier match des Italiens face au Ghana, Marcel croit savoir que "cette équipe d'Italie n'ira jamais au bout." Histoire de faire passer la pilule, il finira par lâcher quelques jours après la finale : "Les Brésiliens auraient gardé la Coupe du monde s’ils avaient été au bout..." Marcel, si tu savais à quel point tu es dans le vrai...On ne peut pas non plus passer sous silence son petit plaisir à lui, cette façon si unique de commencer une phrase sur cinq par "Moi, j'aurais..." Où Marcel ne peut s'empêcher de faire référence à son passé de plus grand défenseur de l'histoire de l'humanité. Surtout s'il s'agit de Bourillon qui boit la tasse face à Grégory Pujol. Merci donc à toi, Marcel, de nous éclairer, pauvres quidam, de ta splendeur et de ton savoir, condamnés à nous en remettre à tes analyses fulgurantes. Dis-nous juste où tu comptes les livrer la saison prochaine, parce qu'on est tellement en dessous de tout qu'on n'a pas bien compris chez qui on allait pouvoir te retrouver... (O.M.)
