Bayern Munich, die Gebrauchsanweisung (mode d'emploi)

Écrit par Stéphane Deneits
Évaluer cet article
(1 Vote)
Bayern Munich so happy Bayern Munich so happy
Une fois n’est pas coutume, l’optimisme est de mise avant la demie finale de l’Olympique Lyonnais face au Bayern de Munich. En atteignant pour la première fois ce stade de la compétition, le Gones ont certainement du se féliciter d’avoir à ferrailler face au leader de la Bundesliga plutôt que l’ogre Manchester United. Sauf que… Le Bayern Munich n’a plus grand-chose à voir avec le monstre pataud qu’il nous a été donné de voir face à Bordeaux à l’automne dernier. Et du coup, le favori n’est peut être pas celui que l’on croit.

 

Petit retour en arrière, au mois de novembre 2009. Derrière un Bordeaux alors sur une autre planète, deux géants, le Bayern et la Juventus s’étripent pour tenter de décrocher péniblement un sésame pour un printemps européen. Louis Van Gaal remporte finalement son duel face à Ciro Ferrara, mais sans faire taire les critiques. Jeu fade, résultats en deçà des attentes, bref, la transition Klinsmann se fait dans la douleur. Par ailleurs, le technicien batave, aux abords austères, cristallise toute l’aigreur des fans et de l’Allemagne entière, le Bayern étant toujours le numéro un dans le viseur des critiques. Pour ceux qui en étaient restés sur cette impression, il faudra réviser votre jugement. D’une part, les résultats sont là, avec une spectaculaire remontée en Bundesliga (12 victoires consécutives entre le 25 novembre et le 20 février, toutes compétitions confondues !), qui débouchera probablement sur un nouveau sacre national, ainsi qu’un incroyable parcours européen, la Fiorentina et surtout Manchester succombant sous les coups d’une équipe en pleine renaissance. Ce quart de finale restera comme la pierre angulaire de la saison 2009-2010 des munichois, avec une qualification au forceps à Old Trafford, et un retour 3-2 après avoir été mené 3-0 en début de match. Une performance qui n’échappera pas au lyonnais, qui ne manqueront pas de rester prudents, notamment à l’Allianz Arena. Quelles sont donc les forces de ce Bayern, les recettes de ce retour en grâce assez étonnant il est vrai ? Elles sont nombreuses. C’est là qu’est tout le problème pour la bande à Puel.

 

Samedi dernier, Munich recevait Hanovre, dans son fief, pour ce qui constituait un véritable choc des extrêmes, les visiteurs luttant pour leur survie en Bundesliga. Un écart au classement vérifié sur le terrain, avec une leçon de foot achevée sur un invraisemblable 7-0 pour les locaux. Il est vrai qu’Hanovre s’est montrer terriblement faible dans tous les secteurs de jeu. Robert Enke a dû apprécier, là haut, sur son nuage cendré. Toutefois, les enseignements sont nombreux du côté des Munichois. A commencer par l’attaque en forme éblouissante ce samedi.

 

Louis Attack

 

Robben RibéryLa rigueur tactique prônée par un Luis Van Gaal n’empêche en aucun cas le plaisir d’un football tourné vers l’offensive. Un véritable bloc équipe s’est formé au fil des matchs, au point d’offrir une palette de combinaisons très riche. C’est bien simple, le danger vient de partout. De gauche, avec un Franck Ribéry enfin revenu à un niveau intéressant, et toujours prompt à repiquer au centre pour porter le danger. De droite, avec des combinaisons Lahm-Robben fluides, débouchant souvent sur des centres appliqués, ou un jeu en retrait souvent dangereux. Au centre, Van Bommel et Schweinsteiger, tour à tour 6 et 8 (avec peut être une préférence assumée aux taches défensives pour le Hollandais), sont friands d’un jeu long et direct, efficace et sans fioritures. Devant, les cartouches sont nombreuses, avec le pitbull Ollic, très accrocheur au pressing et d’un sens collectif précieux, Mario Gomez, toujours aussi altruiste, et Thomas Muller, l’une des révélations du football allemand, pas encore au sommet, mais laborieux, travailleur, et récompensé d’un doublé face à Hanovre. On en aurait oublié Miroslav Klose, en panne de buts, ou encore Altintop, Tymoshchuk, Pranjic. Bref, l’ensemble est costaud et a de la gueule. Seul l’arrière garde semble un poil en retrait quant à l’homogénéité de l’équipe, Van Buyten, De Michelis ou encore Badstuber, étant parfois limites dans leurs interventions et leur concentration. On notera toutefois l’apparition du jeune Diego Contento, allemand d’origine italienne, à qui on promet le meilleur après de solides prestations en équipe première. La défense reste toutefois une faille à explorer pour les lyonnais, avec un Lisandro intenable, qui pourrait bien causer du souci à l’arrière garde munichoise. Tout comme cette fâcheuse manie qu’a l’équipe bavaroise à sortir de son match, de colère et de frustration, face à des situations compliquées. Aux lyonnais d’en user, avec vice et métier. Mais celui qui sera certainement le plus sollicité sera sans aucun doute Cissohko, face à un Arjen Robben à l’heure actuelle sur une autre planète.

 

Arjen Machine

 

En toute objectivité, le Bayern Munich possède dans ses rangs, à l’heure actuelle, l’un des meilleurs joueurs du monde. Eblouissant face à Hanovre, le Hollandais est dans la plénitude de son jeu depuis quelques semaines. Catalyseur de la remontée fantastique d’Old Trafford, l’ancien pensionnaire du Real doit certainement susciter de nombreux regrets au vu des performances de Kaka à Bernabeu. L’équation est simple : le ballon devient offrande une fois en possession d’Arjen. Sur son côté droit, outre l’entente avec Lahm, le jeu du Bayern prend une toute autre dimension. Là où un Ribéry reste en force avec plus ou moins de réussite, Robben oriente, distribue, pilote, guide, et fait profiter de son intelligence de jeu rare. En ne se privant pas de marquer, avec un triplé le week-end dernier. Bref, les lyonnais devront avoir les yeux braqués sur le stratège hollandais, qui ne manquera pas de les solliciter et de régaler l’Europe de sa vista. Le mieux étant d'admirer l'artiste dans ses oeuvres...

 

 

Il va sans dire que les lyonnais ne prendront pas les allemands à la légère. Leur expérience européenne, riche en désillusions, ne peut que les inciter à la prudence. Car le bus ne passe qu’une fois pour disputer la finale. Remarque, le long voyage imprévu sur les routes de Bavière leur aura certainement laissé le temps de réfléchir à cette maxime. Même Govou, entre deux articles de « Jeune et Jolie ».

Dernière modification le Lundi, 19 Avril 2010 22:14
Stéphane Deneits

Stéphane Deneits

Aka Steph Hantastic, footeux toujours sur le grand plateau. Et gersois par dessus tout.

Ajouter un commentaire


  • logo_les3points
  • logo_studio134