Une formule toute simple donc, un seul groupe pour les neufs équipes, seize matches à jouer, quatre qualifiés directement et une place de barragiste. Autant dire que tout le monde y croit, la confiance en soi et le patriotisme étant répandus en Amérique du Sud, comme les défenseurs dans l’effectif du TFC. Une première journée, avec la Colombie exempte, qui n’a sans doute pas donné beaucoup d’enseignements inattendus, mais qui a déjà donné sacrément envie d’être au Brésil en 2014.
Uruguay 4 – Bolivie 2
Certains phénomènes resteront toujours inexplicables, au moment de croiser les hémisphères. Ainsi, Diego Lugano, le nouveau Talal El Karkouri du PSG, se transforme en serial buteur au pays de Lautréamont. Accompagnés des buts de Cavani et du futur parisien Suarez, ses deux têtes victorieuses permettent à l’Uruguay de se débarrasser de la Bolivie. C’est franchement le minimum, quand on sait le potentiel de cette Celeste devenue la nation leader du continent en ce moment. Du jeu, de la cohésion collective, des stars et un tout petit pays si fier de faire la nique à ses deux encombrants voisins, le Brésil et l’Argentine. Un peu comme si la Suisse se mettait à marcher sur l’Allemagne et l’Italie. Face à cette évidence, autant dire que des Boliviens déjà légers ne pèsent pas lourds. Leur nul de la dernière Copa America contre l’Argentine fêté comme l’exploit du siècle situe le niveau de leurs ambitions. Pas de joueurs capables de sublimer le jeu, un championnat faiblard, à moins de jouer tous leurs matches à domicile et à Potosi à 4000m d’altitude, les Boliviens ne rééditeront pas leur exploit de 1994, dernière et unique participation du pays à une Coupe du Monde.
Equateur 2 – Venezuela 0
C’est peu de dire que tout un pays pousse derrière cette équipe équatorienne. Un vendredi quasi férié, des gens partout dans les rues arborant le maillot de la sélection, des prises d’antenne - y compris sur les chaines n’ayant pas les droits du match - des heures avant le coup d’envoi et un slogan : "Si se puede". Oui, l’Equateur peut le faire, revenir en Coupe du Monde après 2002 et 2006. Habilement utilisé par le pouvoir en place, le destin de la sélection passe donc devant toutes les autres priorités. C’est à ce genre de journées qu’on situe à quel point la France ne sera jamais un pays de football. Pour le match, pas grand-chose à dire. Les Equatoriens ont certes une belle équipe, agréable à voir regarder et composée en plus en grande partie de joueurs locaux, mais face à un Venezuela B, difficile d’en dire plus. L’entraîneur vénézuélien a en effet choisi de protéger ses cadres d’un match en altitude (2800 mètres) pour mieux préparer le match contre l’Argentine. Dommage quand on a vu jouer cette équipe lors de la Copa America et qu'on sait qu’elle vaut mieux que son statut de seule équipe d’Amérique du Sud à n’avoir jamais joué de Coupe du Monde. Côté équatorien, les deux buts sont venus du futur parisien Valencia et de son côté droit où ses combinaisons avec le latéral Paredes ont mis au supplice l’adversaire. A part ça, l’attaquant Chucho Benitez y est allé de son but, malgré une sculpture capillaire dont même Cissé n’aurait pas voulu. Reste que l’Equateur sera dur à bouger dans son fief de Quito.
Argentine 4 – Chili 1
Fatalement, un jour ça va passer. Avec autant de talents dans toutes les lignes, ils ne pourront pas toujours décevoir. Parce que perdre contre l’Uruguay en quart de finale de la Copa America passe encore, mais afficher un tel niveau de jeu durant quatre matches dans une compétition qui devait être le grand pardon de la Coupe du Monde, a fait grincer pas mal de dents. Comme quoi, tout n’était pas la faute de Maradona, dans un pays habitué à tout attribuer et tout reprocher à Diego. A Maradona comme à Messi d’ailleurs. Avant ce match, toute la presse rappelait que le nain barcelonais n’avait plus marqué depuis une quinzaine de matches en sélection. C’est chose faite contre le Chili, certainement pas son plus beau but, mais de quoi laisser au futur parisien un peu de répit face aux critiques. Pour le reste, le Chili a été étouffé, concassé, dominé et s’est pris des buts en contre comme une équipe junior. La presse argentine va donc pouvoir se gonfler d’orgueil et déjà annoncer que la troisième étoile est déjà là. Pour le Chili, il faudra sans doute attendre le retour de quelques blessés dont Alexis Sanchez. Il faudra sans doute aussi que l’équipe entraînée par Claudio Borghi, ex-entraîneur de Boca Junior, fasse mieux que bien jouer et montre autant de rage que les étudiants chiliens pour défendre ses rêves et ses ambitions.
Pérou 2 – Paraguay 0
On le sait déjà, le Paraguay sera à la Coupe du Monde, sa cinquième de suite. En jouant moyennement, en défendant beaucoup et en s’appuyant sur des Argentins naturalisés. Mais qu’importe. Pour ce ce pays méprisé par tous ses voisins, c’est déjà ça que les Boliviens n’auront pas, comme pourrait dire Chilavert. Face à eux, un Pérou qui alignait pour la première fois depuis un bail ses quatre fantastiques - oui on sait, mais on parle du Pérou là - : Guerrero, Vargas, Pizarro et Farfan. Le Pérou qui, en toute subjectivité, mériterait sacrément de jouer une Coupe du Monde. Pour donner enfin un peu de lumière à ce grand buteur qu’est Pizarro, pour donner l’occasion à tous les stagiaires de l’Equipe et de So Foot de titrer « C’est pas le Pérou » après un 0-0 contre la France. Et enfin, parce que les Péruviens ont le maillot le plus classe de ces éliminatoires. Pour ce qui est du match…Une victoire sans trop d’imagination des gars de Lima sur un premier but tout en puissance du duo Farfan-Guerrero transperçant la défense paraguayenne, puis un second but sans plus de finesse du même Guerrero sur un centre de Pizzaro. Ca promet pour la saison prochaine au Parc. Résultat des courses, pour ce qui est des quatre fantastiques, on a encore des doutes, mais pour ce qui est de leur qualité, on a bien affaire à quatre joueurs costauds qui auraient leur place à l’aise dans le XV de France.
Pendant ce temps à Bogota...
Shakira envoie des tweets pour encourager l’Espagne de Piqué. Comme si Mireille Mathieu encourageait l’Allemagne. Aucun honneur, aucune dignité…
