Si un mot devait résumer la situation actuelle du Brésil dans l’avancée du projet Coupe du Monde 2014, ce serait : compliqué. Car les chantiers progressent à petits pas aux quatre coins du pays. La conjonction de plusieurs facteurs négatifs commence à se faire sentir : problèmes de sécurité, problèmes financiers et structurels… Bref, les interrogations sont nombreuses.
Hystérie of violence ?
Il faut dire que le Brésil s’est retrouvé sur le devant de la scène ces jours-ci dans la rubrique faits divers. Une véritable guerre urbaine, avec en toile de fond l'opposition entre les gangs d'un côté et les forces de l’ordre de l'autre, qui se terminer avec sa quarantaine de morts. Difficile évidemment de préparer un évènement interplanétaire et festif dans de telles conditions. La situation est inquiétante. A titre d'exemple, le Quai d’Orsay invite ses ressortissants et les touristes à la plus grande prudence. On est alors en droit de se demander à quel niveau de sécurité se déroulera le Mondial, avec un afflux important de spectateurs, évidemment cibles potentielles. Toutefois, l’exemple sud-africain l’été dernier, annoncé là aussi comme explosif, est à retenir pour le Brésil.
Faire du ciel le pire endroit de la terre ?
Du côté du ciel, les raisons d’espérer font également défaut. Selon le Financial Times, les aéroports brésiliens pourraient être la « honte du pays » en 2014. En effet, treize des vingt aéroports les plus utilisés seraient en situation de saturation, provoquant des retards récurrents. Selon les experts en aéronautique, la construction de neuf aéroports supplémentaires serait nécessaires pour répondre à la demande. Des constatations que se sont empressés de tempérer les membres du gouvernement de Dilma Rousseff. Au vu de la superficie du pays et de l’importance du transport aérien pour une nation de cette envergure, les fausses notes pourraient faire cruellement désordre si les choses ne s’améliorent pas.
D’autant que le réseau routier connaît de nombreuses défaillances, et se révèle à l’heure incapable de parer aux problèmes aériens. Un beau bazar en perspective. Toutefois, la venue des Jeux Olympiques deux ans après la Coupe du Monde favorise au moins une cité : Rio. L’embellissement programmé de la ville, autour du projet Porto Maravilha (Port Merveilleux) devrait donner un sérieux coup de lifting à la cité carioca. Musées, trams, logements de standing orneront le décor, le tout dans un style flamboyant, proche de l’esprit portuaire barcelonais ou du Guggenheim de Bilbao. De quoi en prendre plein les yeux en dehors du stade...
Enceintes de 18 mois...
Les stades justement. Voilà l’un des principaux points noirs du dossier brésilien. L’emblème national, le Maracana, subit en ce moment même son lifting. Objectif : répondre aux normes de sécurité qui jadis lui faisaient défaut. La rénovation de l’arène de légende, qui offrira une capacité de 86 000 places, va néanmoins coûter la bagatelle de 400 millions d’euros… Dans le reste du pays, huit stades à sont à rénover et trois autres à construire. Splendeurs architecturales et défis écologiques mêlés, les nouvelles enceintes devront répondre à des critères environnementaux stricts. Les stades de Manaus, Recife, Cuiba ou encore Natal seront conçus sous la houlette du groupe allemand Schaich, Bergermann and partners, auteur entre autres des arènes de Berlin, Cologne, Durban, le Cap ou encore Port Elisabeth. Mais derrière ces belles paroles et promesses, se cachent une tout réalité.
Jérome Valcke, secrétaire général de la FIFA, a adressé une mise en garde au Brésil il y a de cela quelques semaines. Car les travaux se révèlent extrêmement lents à se mettre en route. Le temps est compté. Tout doit être achevé pour fin 2012, soit six mois avant la tenue de la Coupe des Confédérations, qui aura lieu le mois de juin suivant. Or, seulement dans seulement six villes, les travaux de construction sont à l’ouvrage. Le temps presse donc pour les Brésiliens. Car le plus gros reste à faire. Pour la dernière Coupe du Monde disputée en pays de football avant quelques années de transitions, autant que toutes les conditions soient réunies pour une belle fête. Car le Brésil côté rectangle est devenu sérieux et rigoureux au fil du temps. Au tour de ses ambitieux bâtisseurs et créateurs de rêves de l’être.
