Coupe du monde 2010 (1/2 finale) – Espagne, la victoire est un plat qui se mange froid

Écrit par Bruce Singray
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Dernier des grands favoris du tournoi à être encore au rendez-vous, les Espagnols ne le sont plus qu'à moitié en demi-finale. La faute sans doute à l'adversaire du jour, l'Allemagne, qui prend un malin plaisir à en coller quatre au moindre cador qui se présente sur son chemin. La faute surtout à ce drôle de jeu que pratiquent les Espagnols, vague souvenir de la Furia Roja qui a tout emporté sur son passage au cours de ces deux dernières années. Et si l'Espagne n'en était que plus menaçante ? La réponse en trois points.

Comment ils en sont arrivés là - La froide Roja

L’Espagne vient de décrocher sa première participation pour les demi-finales en Coupe du Monde. Tout sauf une surprise tant les champions d’Europe 2008 étaient attendus comme les grands favoris. Du moins, avant la compétition, car on a bien cru que la Roja allait retomber dans ses travers et se saborder seule. Une défaite inaugurale contre la Suisse et ce sont toutes les campagnes mondiales piteusement achevées depuis  plus de cinquante ans qui sont revenues à la surface.

Pour en arriver là et venir à bout d'un manque cruel de réalisme, les Espagnols ont pu compter sur leur maîtrise de la balle, empêchant du même coup leurs adversaires d'être dangereux. Largement suffisant pour passer les tours, à chaque fois par un seul but d’écart et donner à la Furia Roja une autre allure, celle du monstre froid qui passe les tours sans convaincre, mais sans perdre un seul de ses onze titulaires (aucune suspension, aucune blessure). La marque des derniers champions du monde. 

Pourquoi ils vont être champions du monde - Parce que c'est logique

De toute évidence, l’Espagne ne peut plus perdre. Comme Aragones, Del Bosque a compris que ce qui rassemblait cette génération de jeunes joueurs - les discussions à bâtons rompus sur leurs Hummers, leurs crêtogels et le petit look à Guti - était bien plus fort que les conflits de la veille entre Castillans et Catalans. La hype du Brésil dungesque et de l’Argentine de Maradona retombées, il ne reste qu'un seul favori, l'Espagne.

Rien de plus normal, puisque depuis deux ans, c'est bien cette équipe qui joue un cran au-dessus de toutes les autres. Pour preuve, la défaite humiliante subie par l'Equipe de France en mars dernier pourrait bien tenir lieu d'explication au fiasco bleu en Afrique du Sud : dépassés en première mi-temps et ne devant leur salut qu'à la condescendance d'Espagnols qui pouvaient en mettre trois ou quatre de plus facile, les Français ont perdu à cette occasion leurs dernières illusions.

Restait pour la Roja à gérer l'excès de confiance qui en faisait le grandissime favori d'avant-Mondial. La défaite contre la Suisse a eu vite fait de jouer les piqûres de rappel et de mettre San Iker et les siens sur la seule voie qui compte, celle de la win.

Pourquoi ils vont perdre - La tradición

L’Espagne est la seule grande nation de football à n'avoir jamais atteint touché le Graal et on ne voit pas pourquoi ça changerait. Donner une exposition mondiale à un pays qui affiche fièrement son mauvais goût risque de plonger l’humanité toute entière dans un cycle douloureux de quatre années. Autant le dire tout de suite, c'est trop long et on mesure encore mal les effets désastreux d'une telle victoire sur l'échiquier géopolitique - un événement de plus qui ne manquera pas de provoquer les plus folles inquiétudes chez Bernard Guetta. Nul doute que les frères ennemis hollandais et allemands vont renvoyer les Esopagnols et les derniers restes de toque à leur place, histoire de conserver une de ces traditions qui ont manqué de foutre le camp pendant cette Coupe du Monde : le football est un sport qui se joue à onze contre onze et ce sont toujours les Espagnols qui repartent sans rien.

Dernière modification le Mercredi, 07 Juillet 2010 14:18

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