Coupe du Monde 2010 - Les trois points de la 15ème journée

Écrit par Julien Mulao & Emmanuel Raide
Évaluer cet article
(1 Vote)

Ce fut dur, souvent interminable et s'il n'y avait eu le loft des Bleus et quelques joueurs ici ou là, on se serait sans doute endormis. Heureusement, la phase de poules est terminée et on peut souhaiter, sans doute naïvement, que les huitièmes de finale vont enfin permettre à cette Coupe du Monde de démarrer. Pour cette dernière journée comme les précédentes, peu de risques, quelques maigres éclairs ici ou là, des Sud-Américains qui montrent leur supériorité et des Européens qui déçoivent encore. Dernier trois points, au buzzer.

L’homme du jour : Otmar Hitzfeld ( Suisse )

Cette Coupe du Monde aura donc vu deux grands entraîneurs, bardés de succès, se faire sortir sans ménagement dès le premier tour. Après Marcelo Lippi, c’est donc le technicien allemand qui voit son équipe éliminée. Le point commun entre les deux hommes, hormis leur palmarès indiscutable ? Sans doute le fait de ne pas avoir pu disposer de joueurs à la hauteur de leurs ambitions. Alors, après des Italiens trop vieux, on a pu avoir droit à des Suisses terriblement limités. Certes les gars de la Nati défendent bien, sont courageux et restent bien en place. Mais dès qu’il s’agit de construire le jeu, ils deviennent inexistants. Buteurs relativement chanceux contre l’Espagne, ils n’ont pas su ensuite trouver le chemin des filets contre de faibles Honduriens.

Pour leur dernier match, alors qu’ils devaient emballer le match et battre les Honduriens de deux buts, les Suisses ont été d’une rare indigence. Des attaquants de seconde zone européenne, des remplaçants comme Frei qui ne l’est guère plus, évidemment, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. 

Reste qu’on peut regretter qu’un immense entraîneur, toujours très respecté par ses joueurs, ne puisse briller en Coupe du Monde. A moins que dans le chaos actuel, Bixente Lizarazu se montre enfin utile et se mette à activer ses réseaux pour permettre au gars Otmar de prendre la direction de l’équipe de France. On a comme dans l’idée qu'il ne serait pas du genre à lire la correspondance de ses joueurs en public...


Le fait du jour : et à la fin, c’est le Brésil qui gagne...

Maintenant que les huitièmes sont connues, une évidence apparaît dans le haut de ce tableau : le Brésil a une porte grande ouverte devant lui jusqu'en finale. Une fois son huitième face à un Chili friable mentalement et encore novice à ce niveau, les Brésiliens taperont des Hollandais qui préfèrent toujours perdre, puis puniront des Américains déjà contents d’être là pour accéder à la finale. Bien sûr, ces quelques lignes de foot-fiction pourront sans doute être démenties. Surtout au stade des quarts où les Hollandais peuvent encore le disputer aux Brésiliens pour ce qui est de jouer contre-nature pour tordre enfin le cou à cette lose qui n'en finit plus de coller au maillot orange.

Reste malgré tout cette impression que dégage le Brésil de Dunga, aussi solide, sûr de sa force et expérimenté que les chemises de son sélectionneur sont légères, florales et brûlantes pour n'importe quelle rétine. Du coup, on est comme pris d'une une sorte d’angoisse rien qu'à l'idée d'imaginer une victoire d’un Brésil défensif et calculateur en diable. Il faut dire qu'à ce stade de la compétition, après une entrée menée comme une samba triste face aux Nord-Coréens, la Seleçao s'est imposée comme le favori le plus difficile à bouger et le seul à même de maîtriser le rythme des parties qu'il dispute. 

A ce niveau-là, aucune sélection n'a donné l'impression de pouvoir monter en puissance comme les Brésiliens. L'Allemagne paraît encore sous courant alternatif, l'Angleterre se prend la tête avec Capello, l'Espagne retrouve ses vieux démons d'antan. Seuls les Pays-Bas peuvent laisser croire qu'ils ont su cacher leur jeu. 

Autre atout en faveur d'une chronique d'un triomphe auriverde annoncé, le poids de l'histoire. Hors d'Europe et loin si possible de chez elle, la sélection brésilienne règne en maître. En alignant de préférence un jeu loin des prétentions esthétiques du jeu brésilien. Le Brésil de Dunga en 1990 puis celui de Scolari en 2002 n'ont pas laissé le même souvenir enchanteur que l'indépassable bande à Pelé en 1970. 

Il y a quand même un mince espoir de voir le Brésil échouer cette fois : les Brésiliens ont remporté la Coupe des Confédérations l'an passé. Or, jamais un vainqueur de cette compétition fantoche n'a confirmé l'année suivante en Coupe du Monde. De quoi se mettre à croire au retour du bon vieux "Et c'est l'Allemagne qui gagne à la fin..." qu'on appelle cette fois de nos voeux tant la Mannschaft a su séduire, jusqu'aux fans les plus hardcore de José Touré.

Au fait, l'Afrique en monde à l'envers, ça serait pas le monde à l'envers ?

Bonus du jour : Les trois équipes qu'on souhaite voir faire un coup lors de ces huitièmes...sans trop y croire non plus.

S'il y a des tonnes d'équipes qu'on ne regrette pas d'avoir vu se faire sortir, tant elles nous ont plombé nos après midis et nos soirées par leur refus systématique de produire du jeu, il est en quelques unes qui nous ont au conreaire donner envie de les supporter. On le sait, la Coupe du Monde est assez impitoyables avec les petites équipes. Plus la compétition avance, plus l'exploit devient difficile pour les suprises potentielles. Pour une Corée demi-finaliste en 2002, on ne compte plus les fois où les cadors se sont partagé les derniers strapontins. Aussi, et puisque le Tout sauf le Brésil semble entendu, il nous parait souhaitable de voir quelques équipes faire un coup lors de ces matches à élimination directe. Trois équipes pleines d'allant, d'envie collective, de talent aussi et ayant planté parmi les plus beaux buts de la compétition. A savoir, le Chili, le Japon et les Etats Unis. Trois pays n'ayant rien en commun ou presque, trois footballs différents culturellement et historiquement, mais trois équipes qui auraient une sacrée allure dans le costume de nouveau vainqueur.

Bien sûr, ça n'a que peu de chances d'arriver. Dès les huitièmes, le Chili, déjà limité face à l'Espagne, devra affronter le Brésil. Si la porte semble plus ouverte pour le Japon, face au Paraguay, et les Etats Unis face au Ghana, la suite sera de toutes les manières périlleuse. Mais bon, leurs parcours et leur état d'esprit laissera sans doute une vraie trace dans ce mondial, c'est déjà ça.

 

 

 

Dernière modification le Samedi, 26 Juin 2010 08:17

Ajouter un commentaire


  • logo_les3points
  • logo_studio134