Pays Bas – Brésil - Le quart qu'a sonné l’heure du beau jeu ?
Le duel par excellence pour les amoureux du beau jeu. L’affiche qui fait rêver et frémir tous les Kiki Jeanpierre de la Terre... Sauf qu'à y regarder d’un peu plus près, on constate que les deux sélections sont encore loin de la plénitude et des certitudes affichées ces derniers jours par l'Argentine ou par l'Espagne.
Les Néerlandais d'abord qui montent piano piano en puissance. Un premier tour maîtrisé en mode grand chelem et un huitième au petit trot, avec retour de Robben à la clé histoire de dégripper la machine, les Pays-Bas version 2010 donnent l'impression d'avoir choisi la veine PSV Eindhoven plutôt que celle de l'Ajax. En gros, la voie plouc et bourrine plutôt que le raffinement et la distinction habituels. Le meilleur moyen d'échapper à la lose éternelle ? A voir...
En face, le Brésil tourne à pleins tubes, même sans glamour, paillettes et plumes dans le short. La Dungamania qui consiste à transformer l’éternelle Seleçao en bande de soudards à l’européenne a permis aux coéquipiers de Kaka de triompher sans frémir. Mais les interrogations sont nombreuses, notamment au sujet du niveau de forme du meneur de jeu évangéliste. Jusqu'à présent, les Auriverde ont pu compter sur le talent de Maicon, Elano ou Luis Fabiano pour trouver un début de bonne carburation. Manque donc ce coup d'éclat qui doit permettre au Brésil de tracer sa voie jusqu'au titre final. Pour rappel, c'était contre la même mécanique Oranje que le Brésil 1.0 de Dunga avait le plus impressionné en quart de finale lors du tournoi nord-américain de 1994.
Uruguay – Ghana - Le cartomancien, car bien malin qui prédira le vainqueur
Même sur Betclic, ils n’auraient pas osé. Uruguay-Ghana en quart de finale ou l’affiche tellement improbable à ce niveau de compétition qu'elle ressemble surtout à un dernier match de poule pour la route.
Une chose est d’ores et déjà acquise, un demi-finaliste surprise s’invitera dans le dernier carré de ce Mondial. De quoi ressortir le cliché de l'Afrique qui se prend à espérer que l’heureux élu soit le Ghana. Sorties ric-rac des griffes américaines, les Black Stars de Rajevac semblent encore évoluer largement en dessous de leur potentiel. Solides, créatifs, mais manquant encore d’emprise dans le jeu, les Ghanéens réussissent à merveille à occulter tout ce qui fait traditionnellement les défauts du foot africains : erreurs tactiques, mauvaise gestion des temps faibles et sale tendance à se désunir.
De quoi en arriver à se demander si l’Uruguay ne possède pas ce petit détail qui fait la différence et permet de se qualifier... A savoir, un jeu chiant, mais efficace - solidité défensive et contres meurtriers. De toute évidence, les adeptes de la Garra Chuarra ont d'autant plus leur carte à jouer qu'avec Suarez dans les parages, nul doute que la paire de Mensah de la défense centrale ghanéenne peut redevenir un rien borderline. Bref, si le spectacle risque de ne pas être aussi flamboyant que dans l’après-midi, il permettra au moins d'en savoir un peu plus sur les limites de ces deux équipes.
Allemagne – Argentine - Le quart est d’as
Il arrive trop tôt ce sommet. On regrette déjà de ne pas pouvoir assister à cette affiche lors de la finale, au vu de ce qu'ont proposé Allemands et Argentins depuis le début du Mondial.
Même si les deux sélections ont profité d'erreurs d'arbitrage pour réussir deux performances éclatantes en huitième de finale, la feuille d'avant-match laisse déjà deviner une rencontre de haut vol. D’un côté les Allemands, avec Klose, Özil, Podoski et Lahm plus Löw Fidelity All Stars que jamais. De l’autre, Higuain, Messi, Di Maria et Tevez comme survoltés par cette Main d'El Diez qui plane au-dessus de leurs têtes.
Sur ce qu'elles ont montré jusque-là, ces deux équipes ont le potentiel pour décrocher le Graal. Alors si donner un pronostic se révèle périlleux, on pourra toujours s’en référer à l’histoire, qu’elle soit proche ou récente, pour se forger une opinion. Celle qui voit Maradona brandir la Coupe du Monde en 1986 au Mexique après une finale gagnée dans les prolongations. Celle qui fait pleurer le même homme, au stade Olympique de Rome, vaincu par les joueurs de Beckenbauer. Celle enfin qui se termine au bout de la tension par une séance de tirs au but en 2006. Must be continued...
Espagne – Paraguay - Le quart à vannes
Ambiance latino, Gipsy Kings quoi, avec la Roja et les Guaranis pour cette dernière affiche des quarts de finale. Entre le feu espagnol et la glace paraguayenne, le favori est déjà tout trouvé.
Vainqueurs sans grande difficulté des Portugais après un début de tournoi foireux face à la sélection préférée de Sepp Blatter, le crêtogel crew espagnol a retrouvé tout son pep's-guardiola à mesure que se rapproche la finale. Pour tout dire, on sent même la Furia Roja capable d'évoluer un cran au-dessus, ne serait-ce qu'avec un David Villa aussi tonitruant à la finition.
Après, reste à savoir si les Guaranis sont à leur place ou non à ce niveau de la compétition, comme se sont interrogés les piliers-prophètes anisés de RMC. Sortis premiers d’un groupe sans relief, puis bourreaux des Japonais dans le match le plus insipide de la compétition, tout laisse entendre que Barrios, Santa Cruz et Cardozo peineront à exploser l’arrière-garde de San Iker Casillas. Reste la solution ultime, déjà expérimentée par d'autres experts, le bétonnage. Un-savoir faire que les Paraguayens semblent encore mieux maîtriser que les Portugais qu'on trouvait pourtant super convaincants en as du coffrage XXL. Suffisant pour user les nerfs du toro espagnol en vue du choc face au vainqueur d’Argentine-Allemagne ? Ceux qui ont rejoint le groupe Facebook "Pour la sortie du Mondial de l'Espagne et pour un retour à une certaine dignité capillaire sur les terrains de foot" (Jacques Dessange et Jean-Louis David aiment ça) aimeraient bien y croire...
