1er point - Enfin un dispositif fiable et une équipe type ?
Une chose est certaine, la France n’aura plus besoin d’envisager de jouer à douze ou avec deux gardiens depuis l'à peu près bonne copie de mardi soir. Suffit d'un 4-3-3 pour se dire que Lolo tient un début de pépin de solution tout terrain. La vraie satsifaction se situe du côté du trio médian (M'Vila, Diarra, Diaby) qui a marché sur le milieu adverse d'un genre plutôt inexistant en Bosnie. Ce trio complémentaire et intelligent a-t-il pour autant gagné ses galons de titulaires ? A première vue, oui. Mais à y regarder de plus près, les deux premiers vont devoir sacrément cravacher pour conserver ce niveau tout au long de leur saison, sans Coupe d’Europe pour conserver l'épaisseur nécessaire au haut niveau. Depuis Deschamps, Makélélé et autres Vieira, milieux de la grande époque, rompus aux joutes de très haut niveau tous les week-ends, l'Equipe de France s'en est toujours remis à des cadors surexpérimentés pour tenir son milieu. Reste donc Diaby, l’un des seuls à avoir surnagé en Afrique du Sud et convaincant ces derniers jours, pour lequel on imagine mal un retour sur le banc.
Côté offensif, Malouda, exemplaire de volonté et d’abnégation, semble indéboulonnable même s'il ne joue pas sans déchet. La puce du couloir droit, Valbuena, a également affiché de belles dispositions dans la lignée de sa fin de saison passée avec l’OM. Néanmoins, son jeu tout en provocation et en percussion va finir un jour par le desservir. Sévèrement taclé à plusieurs reprises par les Bosniens, la probabilité de le voir blessé cette saison se révèle déjà inéluctable. Et puis, les belles histoires qui s'affichent dans L'Equipe Mag' nous gonfle toujours autant, surtout quand il est question de nous faire craquer pour des pots de gel Vivelle Dop fraîcheur mentholée. Du coup, on souhaite ardemment que Blanc à dégote une vraie option crédible côté droit. Rémy ? Il préfère l'axe. Briand ? On attend de le voir dans le grand bain de la Ligue des Champions pour se faire une idée plus précise. En pointe, Benzema a rappelé qu'il était encore le meilleur attaquant français de l'univers. Au vu de son départ à Madrid cette saison, on doute toutefois qu'il devienne le Ronaldo français qu'il a toujours rêvé d'être, rapport à ses courses essoufflées qui finissent par un duel perdu avec Spahic.
2ème point - Que fait-on des bannis ?
Evra, Abidal, Gallas, Planus, Toulalan, Govou, Gourcuff, Ribéry, Cissé, Henry, Anelka... Autant de relégués qui ont encore un potentiel de sélectionnables. Si Govou, Planus, Abidal et Cissé devraient rester au placard pour des critères purement sportifs, les autres cas posent problème. Ribéry semble déjà promis à reprendre sa place dans le groupe tant son rôle de leader technique semble indispensable. Mais il lui faudra sûrement envisager de jouer à droite, Malouda savourant sa revanche en squattant le côté gauche de l’attaque.
Le cas Gourcuff se pose aussi. Peu en verve chez les Bleus depuis sa première sélection, on ne voit pas vraiment comment Blanc va composer son escouade avec le bon Yoann en maître de scène, au vu de la performance proposée en Bosnie. Si l’équipe de France a rendue une copie propre mardi, l’absence d’un vrai meneur de jeu s’est parfois fait sentir. L’hypothèse Gourcuff en 8 pourrait prendre du poids si elle ne posait pas le problème de doublon avec Diaby. Bref, un beau bordel en perspective pour Blanc que l’on imagine mal se priver de l’un des pions essentiels de sa carrière bordelaise. Le cas Toulalan reste aussi complexe, avec cette histoire de positionnement « milieu ou défenseur central » à Lyon dont on ne finit plus de parler... De toute évidence, un leurre qui pourrait bien annoncer la présence de Jérémy sur la blacklist à Blanc.
Quant à Evra et Gallas, prenons position et espérons de tout cœur une mise au ban définitive. Car en plus d'avoir révélé que le costard de patron était bien trop grand pour eux, avec pour apogée la Coupe du Monde, leurs performances pathétiques sous le maillot bleu depuis de nombreuses années ne font que rajouter du discrédit à leur CV. Ces gars là seraient Nord-Coréens, il y a bien longtemps qu’ils seraient sous le caniard, en train de casser des blocs de marbre avec des brosses à dents.
3ème point - Le programme à venir
Il est a priori aisé. La fin de l’année 2010 va se dérouler à la maison. D’abord la Roumanie, au Stade de France, puis le Luxembourg, à Metz. Qui va avoir l’occasion de revoir un peu de football de haut niveau au passage. Bref, la tendance actuelle voudrait que les six points à prendre tombent dans l’escarcelle des Bleus tant les Roumains semblent à côté de leur pompes et tant les Luxembourgeois…Ben le Luxembourg quoi. Au passage, on conseille aux Roumains d’oublier toute velléité de victoire, ne serait-ce que pour rentrer dans un avion convenable. Le plus intéressant reste toutefois à venir.
Non, le plus intéressant ce situe du côté des deux tests grandeur natures prévus en amical. A Wembley face à l’Angleterre le 17 novembre, puis au Stade de France face au Brésil le 9 février. De quoi vérifier de façon claire et nette si la bande à Laurent Blanc a vraiment les reins solides face aux cadors, mais aussi si elle est capable de frapper un grand coup aux yeux du Monde en montrant que le Coq bouge encore. Puis ce sera le retour aux affaires courantes, avec quatre déplacements pour le compte des éliminatoires de l’Euro ! Dans l’ordre, cela donnera : Luxembourg, Biélorussie, Albanie, Roumanie. Avec une parenthèse en Ukraine le temps d’un match amical en juin.
Un vrai road trip façon NBA. Même si les affiches n’ont pas l’air vraiment terrifiantes, cet enchaînement à l’extérieur peut se révéler piégeux, dans des contrées inconnues et des ambiances parfois curieuses - on attend avec impatience les matchs à Minsk ou à Tirana. Mais ce que personne n’a remarqué, et vous allez nous dire que le hasard fait décidément bien les choses, c’est que l’équipe de France va constamment tourner autour de la zone Pologne-Ukraine pendant l’année 2011. Comme une bête qui tourne autour de sa proie. Donc n’en jetez plus, et économisez déjà toutes vos billes pour miser sur une victoire des Bleus lors de l’Euro 2012. On l’a lu dans le marc du café de Laurent Blanc, une fois qu’il a retiré sa touillette.
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