Papa est en voyage d’affaires ( 1985 ) - Ou comment se débarrasser enfin de Knysna ?
Inutile de revenir sur les conséquences directes du drame du bus. On le sait, certains des joueurs autrefois cadres, sont absents. On se doute aussi que la culpabilité d’autres, ou tout du moins une certaine forme de pression insufflée par des médias rancuniers, fait peser sur cette équipe un poids bien lourds. Les Bleus jouent avec la trouille de se planter, la trouille de s’exprimer. On imagine aussi qu’une sorte de paranoia permanente a du s’installer et qu’à chaque juron qui leur échappe, ils redoutent de le voir s’afficher en une d’un certain quotidien sportif français. Tout ça sent donc fortement une inhibition handicapante. Les Bleus doivent se libérer de toute cette merde, ce qui aura aussi pour avantage d’empêcher les journalistes sans imagination d’éternellement revenir là-dessus.
Que faire donc ? La réponse est dans le déni. Comme les adultes font croire à Malik que son père envoyé en camp de travail, est en fait en voyage d’affaires, les instances fédérales et Laurent Blanc doivent protéger leurs joueurs. Les méchants suspendus, sont en fait blessés ou retenus par d’importantes missions caritatives. Knysna n’a pas existé et n’était qu’une invention de journalistes fielleux, en mal d’inspiration. Ainsi libérés, les Bleus joueront avec l’illusion de pouvoir se planter sans se retrouver cloués au pilori. Le résultat n’est pas garanti, mais on aura au moins droit à une tentative.
Undergroud ( 1995 ) - Ou comment jouer face à une équipe repliée ?
Depuis presque dix ans, depuis que la France s’est pris pour une autre, on est régulièrement confrontés au même problème. En amical ou lors de match des éliminatoires, beaucoup d’équipes jouent bas, lentement et nous obligent à faire le jeu et à les bouger. Et là plupart du temps, les Bleus ne savent pas. L’équipe de France ne sait pas gérer ses matches, contre des équipes réputées plus faibles. Bien sûr, il faut aussi réaliser que les Bleus sont sans doute moins forts qu’avant. Mais tout de même, perdre contre une équipe biélorusse qui ne montre strictement rien, c’est rageant. Clairement, ce match a répondu au scénario classique, qu’on a l’impression d’avoir vécu mille fois avec les Bleus. Face à une équipe repliée, on se crispe, on manque d’imagination, on se fatigue, on se disperse et on finit par se faire punir. En clair, on réfléchit trop et on finit par s’y perdre. Il suffirait d’un joueur un peu plus bête et direct que le moyenne pour trouver la fameuse faille qui change tout. Un peu comme le singe qui permet aux hommes de sortir de la cave dans laquelle ils vivaient enfermés depuis des années, dans le film Underground. Et, même si ça nous fait mal de le dire, Valbuena pourrait être ce joueur libérateur au profil simiesque. A lui de nous faire sortir de la cave contre la Bosnie. On compte sur ta bêtise, Mathieu
Chat Noir, Chat Blanc ( 1998 ) - Ou comment se jouer enfin de la malchance ?
Soyons justes, toutes les analyses qui ont suivi le match de vendredi auraient pu être annulées, avec un peu plus de chance. Bon d’accord, avec beaucoup plus de chance. Car n’oublions jamais, que une des choses qui a caractérisé la période dorée des Bleus entre 1998 et 2001, était bien cette incroyable veine, cet incroyable cercle vertueux de la victoire. On se souvient tous d’à quoi a tenu le succès en 98, et bien sûr de cette incroyable finale de l’Euro 2000. A l’époque, et c’est le cas de l’Espagne en ce moment, les Bleus connaissaient une période où rien ne semblait pouvoir leur arriver. Mais même quand Domenech et les vaches maigres sont arrivés, la chance était encore là. S’il y a bien une chance que personne ne pourra reprocher à Raymond, et surtout pas les Irlandais, c’est bien son manque de chance. Une veine de cocu, le Raymond. La France du foot ne mesurera sans doute jamais assez, ce qu’elle doit à Ludovic Guily. On ne connait pas Madame Blanc, mais quelque chose nous dit qu’elle est trop sérieuse. Parce que le moins qu’on puisse dire, c’est que le Président semble dans une incroyable spirale de lose en cette année de 2010. On ne peut attendre 2011 et les horoscopes de la mère Tessier. Dès aujourd’hui, on transmet le portable de Madame Blanc à Ludo Guily. Ou à n’importe quel crétin de Secret Story. Pourvu qu’il chasse le chat noir.
Le temps des Gitans ( 1989 ) - Ou comment gagner en pariant sur le joyeux bordel ?
Le constat est évident, cette équipe est triste. On a déjà vu qu’elle avait peur, mais en fait c’est encore pire, elle déprime. Entre ceux qui ont des choses à se reprocher, ceux qui savent qu’ils sont là par défaut et qui le vivent mal et ceux qui ont souri pour la dernière fois en juin 1992 ( courage Hugo, ça va passer, Yohan reviendra bientôt ), les Bleus ne se marrent pas des masses. On le sait, du moins c’est qu’ils disent dans les reportages de Stade 2, un groupe qui vit bien, c’est un groupe qui travaille bien. Les Bleus ont donc besoin d’un leader spirituel qui saura leur redonner l’allant et la joie de vivre nécessaires pour entamer leur retour vers les succès. Yannick Noah, ancien sauveur mental du PSG, étant pris pour des vrais combats et défendre de vraies valeurs humanistes du haut de son loft new-yorkais, il ne reste plus grand monde. Si ce n’est Patrick Sébastien, lui étant désormais débarrassé de ses obligations humanistes. Les Bleus chantant Comme des Sardines, ou Le P’tit bonhomme en mousse dans les vestiaires. C’est génial.
Parce qu’en vrai ami des Gitans, Patrick sait ce que le joie, la musique et un peu de magie occulte peuvent apporter. Et tant pis si pour lui, ça correspond plus aux Gipsy Kings qu’à Goran Bregovic.
La vie est un miracle ( 2004 ) - Ou comment se raccrocher à tout et n’importe quoi pour y croire quand même ?
Et puis restons sérieux, on ne va pas tout même croire sérieusement que cette équipe ne se relèvera pas. On ne peut pas perdre contre des Bosniaques, avec tout le travail de démolition élaboré par Claude Puel pour détruire leur prodige, Miralem Pjanic. On ne va quand même pas avoir peur des Luxembourgeois. A part Denis Robert, qui tremble encore devant le Grand Duché ? On ne peut pas craindre les Roumains, de toutes les façons, Brice Hortefeux les empêchera d’entrer. Restent les Albanais. Bon c’est vrai, que ça fait vraiment peur les Albanais. Surtout leurs mafieux en survêtements.
Mais, il faut y croire. On ne peut pas avoir subi successivement Roger Lemerre, Jacques Santini et Raymond Domenech, sans finir par voir le bout du tunnel. Le salut viendra, la vie est miracle. Même si ça doit tenir à un tacle de Yann M’Vila.
