Gardien
Mickaël Landreau
Pendant longtemps, on a pris Mickael Landreau pour un grand espoir du foot français. Notamment après de ses débuts fracassants au FC Nantes à une époque où les Canaris formaient encore des joueurs de foot. Landreau entre dans l’équipe à tout juste 17 ans et n’en sortira plus jamais. Champion de France en 2001, excellent l’année suivante en Ligue des Champions, il devient très vite le numéro 3 des Bleus derrière les monstres que sont Barthez et Coupet. Vice-champion du monde en 2006, Landreau était destiné à prendre la relève après la retraite de Coupet en 2008. C’était sans compter sur une saison 2007-2008 immonde. Coupet blessé, Landreau garde les cages des Bleus face à l’Ecosse, en match qualificatif pour l’Euro. Une toile plus tard, Landreau entre dans la légende. Mieux, il réussit à y faire entrer dans le même temps son homologue lyonnais : « A sa place, je l’aurais arrêté ! » Landreau ne s’en relèvera pas. S'en suivront un bon lot de boulettes parisiennes, l'émergence d'une nouvelle génération de gardiens trop forte et un baptême de l'air en hélico.
Défenseurs
Bernard Mendy
Un grand pont sur Roberto Carlos. Voilà ce à quoi se résume la carrière de Bernard Mendy en équipe de France. Elu meilleur latéral droit du championnat de France en 2004 suite à une superbe saison du PSG, Mendy est alors considéré comme le numéro 3 des arrières droit en France - derrière les intouchables Thuram et Sagnol. Jacques Santini fait appel à lui lors de la préparation à l’Euro 2004. Comme ça qu'il participera pour sa première sélection au match France-Brésil. Un match bidon duquel on ne retiendra que le coup de génie de Nanard et les questions de Luyindula à Ronaldinho en fin de match sur les boîtes barcelonaises. Suffisant pour que tout le monde compare le natif d’Evreux à l’homme qu’il vient de ridiculiser. La saison suivante, il nous prouve qu’il évoluait bien en sur-régime en 2004 et retrouve son niveau normal. Niveau qui n’a cessé de chuter depuis. Jusqu'à jouer aujourd'hui avec des moufles avec Djemba Djemba au Danemark. En même temps des moufles aux pieds, il connaît ça le Nanard.
Philippe Christanval
Lui, on y a tous cru. Une énorme saison 2000 ponctuée d’un titre de champion de France avec l’AS Monaco. Et voilà l’ami Christanval bombardé Laurent Blanc du futur. Du coup, en 2001, Christanval part au Barça. Après une première saison prometteuse en Catalogne, il prend part au désastre coréen de 2002. Rien de grave pour lui, il est remplaçant. Mais l’arrivée de Louis Van Gaal sur le banc du Barça dans la foulée va tout changer. Christanval ne joue plus. Il part à Marseille en 2003, puis à Fulham en 2005. Il ne s’imposera dans aucun de ces deux clubs. La faute à des pépins physiques, mais aussi à une confiance en lui perdue du côté des Remblas catalanes. Christanval a arrêté sa carrière en 2008. Il compte 6 sélections dont la dernière en 2003. Depuis, la France du football a eu à supporter Gaël Givet ou encore Eric Abidal en défense centrale. Chienne de vie.
Julien Escudé
Lui, seul Raymond Domenech y a cru. Sans qu'on comprenne trop pourquoi d’ailleurs. Entre 2006 et 2010, le frère de Nicolas a évolué à douze reprises sous le maillot bleu. Pour douze apparitions dégueulasses. Des interventions en retard, des relances qui n'en sont jamais - son point fort paraît-il -, mais des CSC de toute beauté. Toute la carrière d’Escudé en Equipe de France pourrait se résumer en une action, face à la Roumanie, où, après un CSC incompréhensible, Escudé entre définitivement dans la légende en trouvant le moyen d’incendier Lloris. Chapeau l’artiste.
Patrice Evra
Enorme à Manchester United, Evra n’a jamais été bon en Equipe de France. 32 sélections, 32 prestations indigentes. Passe encore, un joueur peut se rater. Surtout dans ces années où le reste de l'équipe n’a jamais bien joué. Mais Evra a eu le malheur d’être le capitaine ridicule de la Coupe du Monde 2010. Prenant son rôle un peu trop au sérieux, Evra a même été quelque chose comme le meilleur VRP de la stupidité des footballeurs. Avec comme point d’orgue la chasse à la taupe et l’attitude magnifique, mains dans les poches et regard de défi, face à Bob Duverne au moment de l’annonce de la grève. Un capitaine des Bleus pour l'éternité.
Milieux
Rio Mavuba
Rio ne répond plus. Du moins, en bleu. Faut dire aussi à sa décharge qu'il s'y est retrouvé bien trop tôt. Appelé pour la première fois en août 2004 par Raymond Domenech, Mavuba sombre. Oui, en août 2004, pile le moment où Zidane, Makélélé et Thuram désertent les rangs, où Ray' est obligé de « racler les fonds de tiroir » pour composer sa team du renouveau. Rio, capitaine en Espoirs, est donc parachuté avec les grands alors qu’il n’a que 20 ans et qu'il ne compte qu'une vingtaine d’apparitions en championnat. Après 90 minutes en bleu, reste une image, celle d'un pauvre gamin perdu au milieu d’un Stade de France entièrement acquis à la cause irlandaise. Celle surtout de Mavuba, 1 mètre 60 et 55 kilos tout mouillé, face à Roy Keane au sommet de son vice. Un massacre. A tel point qu’aujourd’hui, Rio, même en patron du meilleur milieu de Ligue 1, sait qu'il ne reviendra plus jamais chez les Bleus. Du moins, on l'espère...
Alain Boghossian
Ou le type qui a réussi à faire carrière sur une réputation d’ambianceur. Appelé en 1998 par Aimé Jacquet, Boghossian est devenu champion du monde un peu par hasard. Heureusement pour nous, il se blesse juste avant l’Euro 2000, avant de faire un grand retour, sans doute pour faire tourner les serviettes dans le vestiaire Bleu en 2002. Toujours bien placé, Bogho a même réussi à revenir chez les Bleus en 2008 après le désastre en Suissautriche. La Fédération décide de lui donner une place d'adjoint de Raymond pour surveiller l’homme aux sourcils et redonner du cœur à l’équipe de France. Bogho, l’emploi fictif le plus médiatique depuis ceux de la mairie de Paris.
Bruno Cheyrou
Après avoir été LA star du LOSC période Vahid et avoir porté le club de la Ligue 2 à la Ligue des Champions, Bruno Cheyrou prend son envol pour Liverpool. Gérard Houiller affirme alors aux fans de la Mersey un rien crédules qu'il a recruté le nouveau Zidane. Ni une, ni deux, Jacques Santini mord dans la feinte et sélectionne le Nordiste. Erreur, Cheyrou n’a rien en commun avec Zizou. Résultat, il ne comptera jamais que trois sélections chez les Bleus. Soit trois de plus que son frère, Benoît.
Attaquants
Steve Marlet
Le chouchou de Jacques Santini. Après avoir été au top de la gloire sur l’aile droite de l’AJ Auxerre, Marlet fait le grand saut en 2000 vers un Olympique Lyonnais de plus en plus conquérant. Ça ne manque pas, Marlet s’impose avec le futur grand club français. Il faut dire que lorsqu'on est associé à Sonny Anderson, tout paraît plus facile. Dans le même temps, le joueur formé au Red Star se fait une place en Bleu, tout d’abord sous les ordres de Roger Lemerre - même s'il ne participe pas à la Coupe du Monde 2002. Parti en 2001 vers Fulham, Marlet enchaîne les prestations insipides. Il remet ça à Marseille à partir de 2003. Mais Santini l’adore toujours et l'emmène quand même avec lui pour l’Euro. Se dire que Marlet était le remplaçant officiel de Trezeguet et Henry, ça pousse à se poser quelques questions existentielles, l'air de rien.
Julien Faubert
Julien Faubert ne pèse qu’une sélection en équipe de France. Julien Faubert n’a même pas disputé une mi-temps complète avec les Bleus. Mais Julien Faubert a marqué un but. C’était en Bosnie, en match amical juste en août 2006. Un joli but d’ailleurs. Cadrage-débordement sur le côté droit et frappe croisée dans le petit filet. De quoi laisser présager d’une belle carrière en équipe de France. Sauf que dans la foulée, Faubert se fait la malle, et quitte les Girondins de Bordeaux (valeur sûre de Ligue 1) pour West Ham. Un choix incompréhensible pour tout le monde. Faubert s’enterre à Londres, se pète le tibia d’entrée, revient anonymement dans l’équipe, part faire une pige désastreuse au Real Madrid - mais pourquoi le Real l’a pris ? -, et revient tranquillement dans le couloir droit des Hammers. Toujours est-il que Raymond ne l’a jamais rappelé. Message à l'attention de Duga, Liza et tous les autres : vous voyez qu'on pouvait aussi comprendre Ray'.
Nicolas Anelka
Question talent, Nicolas Anelka est loin d’être le pire attaquant de l’histoire des Bleus. N’empêche que son attitude pendant la Coupe du Monde 2010 fait clairement de lui le leader offensif de cette équipe. Rejeté des tournois de 1998 et 2006, absent en 2002 parce que donné pour perduà cette époque, Anelka disputait sa première Coupe du Monde en 2010. Qui n’a pas rêvé de jouer un jour cette épreuve ? Qui ne vendrait pas sa mère, son père et Willy Sagnol pour avoir l’opportunité d’entrer 30 secondes en Coupe du Monde ? Nico lui préfère tirer la gueule pendant toute la préparation, pendant la compétition aussi - du moins ce qu'il en reste. Mécontent du choix tactique de Raymond, lui demandant de jouer en pointe, Nico se balade partout. Partout sauf là où le coach lui demande d’être. Résultat, contre toute attente, il réussit à obtenir cette Une de légende qui marque la transformation de L'Equipe en tabloïd. Un révolutionnaire.
Remplaçants
Grégory Coupet
"Chéri, fais monter les gamins dans le Scénic. On se casse de là !" (Tignes, 2006)
Gaël Givet
Le seul clodo qui a failli être champion du monde.
Franck Jurietti
36 ans, 20 secondes de jeu, une sélection.
Benoît Pedretti
Makélélé a bien fait de revenir.
Camel Meriem
Le Zidane de trop.
Frédéric Piquionne
Avant les grévistes, il y a eu l'esclave des Verts.
Steve Savidan
Qui confond un match en Equipe de France avec le jubilé François Calderaro.
Sélectionneur
Jacques Santini
En 1998, Aimé Jacquet a Zidane dans son équipe et gagne la Coupe du Monde. En 2000, Roger Lemerre a Zidane dans son équipe et gagne l’Euro. En 2006, Raymond Domenech a Zidane dans son équipe et termine finaliste de la Coupe du Monde. En 2002, Zidane est blessé. En 2004, Jacques Santini a Zidane dans son équipe et se fait sortir en quarts de finale de l’Euro par la Grèce. Pas difficile de trouver le pire sélectionneur des années 2000...
