Les Bleus - Que reste t-il après l'euphorie ?

Écrit par Jean Grondin
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L'Equipe de France a rassuré une grande majorité de ses supporters hier soir. On en viendrait presque à croire Raymond lorsqu'il évoque ce fumeux 11 juillet. Ne boudons pas notre plaisir d'avoir vu du jeu, mais freinons un petit peu la machine médiatique. Entre ce que l'Equipe de France nous a proposé pendant les éliminatoires et maintenant, il y a un monde, c'est vrai et c'est tant mieux. Tous les spectateurs auront remarqué l'envie retrouvée des Bleus dans un stade Bollaert surchauffé. Cependant, la marche séparant les Bleus des prétendants au titre suprême est encore haute... Ce qui veut dire insurmontable ?

Le côté gauche pluriel

FRANCE_COSTARICA_260510L'impression générale, hormis le fait qu'il n'existe toujours pas de plan de jeu cohérent, restera la motivation des joueurs et l'envie de bien faire. Ce n'est pas parce que l'on décide de modifier la formation et de passer en 4-3-3 qu'un véritable plan de jeune se dessine de lui même. Dommage. On retiendra surtout de ces 90 minutes et quelques une belle capacité à partir à l'abordage dès la récupération du ballon. Lorsqu'on récupère à 40 mètres des buts adverses, c'est un avantage que de se projeter vite vers l'avant. Lorsqu'on le fait à 60 mètres en revanche, il devient souvent plus difficile de faire les bons choix.

L'Equipe de France pendant la première mi-temps n'a pratiquement opéré que par contres. A l'image de Ribery, intenable sur son côté gauche, mais incapable de faire la bonne passe - la faute en partie aux placements désinvoltes d'Anelka. La France n'a pour le moment pas la capacité de poser véritablement le jeu alors qu'elle possède les techniciens pour y parvenir. Frustrant. Tout n'est pour le moment que précipitation. Difficile donc dans ces conditions de jouer l'attaque placée.

Le côté gauche s'est révélé prometteur. Une configuration sexy en diable avec Malouda et Ribéry pour squatter le côté fort de l'Equipe de France, mais un problème pour Patrice Evra qui voit ses derniers espoirs d'apporter ce qu'il sait faire avec Manchester s'envoler. Reste à savoir si la fâcheuse tendance de Malouda à ne pas perforer l'axe n'est que question de réglages ou bien si les trois compères sont condamnés à se marcher furieusement dessus lors des rencontres suivantes. Pour l'instant, une certitude, ça combine autant que ça tricote. Difficile du coup de faire la liaison avec l'attaque lorsque, de l'autre côté, Gourcuff redescend beaucoup trop loin pour chercher les ballons. Le Bordelais a essayé de le faire par moments, mais il doit être plus présent dans la surface.

Equipe de France, Brésil A'

La grande inquiétude se situe toujours du côté de la défense, friable au possible. Domenech a fait son choix : Gallas sera associé à Abidal. Problème, aucun des deux n'est capable de relancer proprement et d'amener le bon décalage qui doit permettre de trouver Gourcuff ou Malouda dans l'intervalle. Cette charnière n'a jamais véritablement fonctionné et on se demande comment elle pourrait le faire en trois matchs. C'est physique, c'est solide, mais niveau placement et automatismes...

Entre autres incertitudes, il y a ce manque d'agressivité et ces marquages élastiques sur les coups de pied arrêtés  adverses. A croire que la France est devenue l'équipe du Brésil A'. Il ne manque plus qu'Abidal refasse ses lacets sur corner, et il en est capable, pour que les Bleus sortent contre L'Uruguay. Sur le jeu de tête offensif, ni l'un, ni l'autre ne semble en mesure d'apporter ce poids dans la défense adverse qui peut faire la différence. Gallas ne saute plus, la faute à ce mollet encore en souffrance. Les deux plus crédibles dans ce secteur de jeu restent, pour l'instant, Squillaci et Diarra. Pas sûr pour autant que cela suffise à les faire évoluer en tant que titulaires. 

S'il fallait de toute évidence sécuriser ce groupe et son sélectionneur sujet à toutes les railleries depuis des mois, quitte à en faire des tonnes sur les quelques réussites entrevues hier, on ne veut pas passer sur les défauts encore bien présents, une fois l'euphorie d'un soir envolée. Il faudra sans doute quelques rencontres pour jauger cette équipe et corriger toutes ces imperfections qui peuvent faire mal le temps d'un tournoi du niveau de la Coupe du Monde. Sans quoi, on sera très vite amenés à entendre résonner certaines questions : et Nasri à la place de Malouda ? Pourquoi s'être privé de Benzema dans l'axe... Surtout s'il faut se taper du Thierry Henry de ce calibre-là dans l'axe pendant toute la compétition...

Dernière modification le Jeudi, 27 Mai 2010 16:50
Jean Grondin

Jean Grondin

Twitter fou et analphabète convaincu... Et inversement.

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