Euro 2012 - Les 3 points de la 5ème journée

Écrit par Bruce Singray, Emmanuel Raide & Olivier Moreau
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Ce mardi, on attaquait la deuxième journée dans les groupes et la tension est montée d’un cran. En dehors du Stade National de Varsovie surtout où Polonais et Russes rejouaient les affrontements pour la Vistule. Côté terrain, la muraille grecque n’a vraiment plus rien à voir avec celle de 2004 et les Russes, en concédant le nul face aux Polonais, commencent à manquer de souffle. L’issue du groupe n'en est que mieux préservée. Retour en trois points de suture sur le tibia de Damien Perquis.


Le fait du jour : Rock the Polska

Grèce - Rép. Tchèque 1-2

Pour ceux qui se sont pressés de sortir du boulot pour voir cette rencontre, même si on doute fortement de leur nombre, il fallait faire vite car tout ou presque s’est déroulé dans les cinq premières minutes. Le temps pour les Tchèques de remarquer que la défense grecque était aussi à l’image de son économie : tout près de sombrer. Une première fois au bout de 160 secondes quand une simple passe en profondeur désarçonne toute l’arrière-garde héllène, laissant Jiricek transpercer tranquillement Chalkias. Avant de remettre ça sur le second but pour la copie presque conforme, à la différence près que le centre en retrait tchèque est mollement repoussé par le vétéran Chalkias dont on comprend pourquoi il a passé toute sa carrière internationale à l'ombre du Georges Clooney local, Nikopolidis.Pilzar plonge aux six mètres pour le premier but de la cuisse de la compétition. Nicolas Fauvergue a dû bien aimer ça. Trop dur pour le vieux gardien grec qui quitte ses coéquipiers sur blessure. Un geste qui appelait un mouvement de solidarité entre gardiens puisque Cech y allait aussi de son quart de seconde de fébrilité en offrant un but à Gekas. Pas assez pour permettre aux Grecs de revenir. Car, comme on dit à Toulouse, un but c’est bien, deux c’est n'imp'.

Pologne - Russie 1-1

L’affiche sentait la poudre. Ca commence loin du du rectangle vert où des affrontements autour du Stade National de Varsovie font un mort et bon nombre de blessés. Pour le match en lui-même, on a cru que les Russes allaient remettre ça contre la french connection polonaise. C'était sans compter sur la résistance polonaise, bien plus ardente que celle des Tchèques quelques jours plus tôt. Le tandem Archavine-Dzagoev - le premier à la passe, le second à la conclusion - peut bien permettre aux Poutine Boys de baisser le volume de la marmite varsovienne, les tribunes retrouvent leur voix après la pause lorsque Blasczykowski égalise sur un raid gourmand au 16 mètres qui finit en frappe enroulée. Déjà bien entamés par un système Advocaat qui apparaît très exigeant, les Russes piquent du nez, à tel point que les dernières occasions sont polonaises. On en reste là. Un match nul qui laisse encore entrevoir la possibilité d'une qualification pour les hôtes du jour lors du dernier match décisif face aux Tchèques. Un résultat qui arrange surtout la police polonaise.

 

Les types du jour : les vrais mecs de L1

Pas la peine de se demander où bat le cœur de la Ligue 1 pour cet Euro. Car la réponse, vous la connaissez comme nous : chez les Polonais. Depuis que vous avez vu Perquis squatter la centrale polak, Dudka aligné en titulaire et Obraniak assurer sa sortie en mode vénère, l’insulte au bord des lèvres et bouteilles qui volent, genre de scène qui ne manque pas de relever les résumés d’Ajaccio-Brest ou de Rennes-VA au moins une fois l’an dans Jour de Foot.

Bien sûr, la délégation du championnat de France est autrement plus fournie du côté tricolore. Reste à savoir si les types qu’on y trouve sont encore, à l’heure où l’on rédige ces quelques lignes, des joueurs de L1 comme les autres. Pour les plus titulaires d’entre eux, la question ne se pose plus vraiment : il y a longtemps qu’on voit Lloris ou Mvilla comme des joueurs suffisamment exceptionnels pour être appelés à rejoindre sous peu une de ces écuries européennes habituées aux soirs de Ligue des Champions. De la même manière qu’on a considéré, avant eux, Malouda, Abidal ou Ribéry en 2006.

Et les autres ? Ils attendent leur heure qu’on dit proche (Giroud), quand ils n'évoluent pas dans l’une de ces équipées qui a pour ambition de se frotter au Gotha européen (Ménez, Matuidi). Autant dire que les gars gravitent déjà ailleurs. C’est un peu le signal que renvoie à ces joueurs leur présence parmi les 23. Tellement que certains n’en sont toujours pas redescendus, incapables de retrouver le pain quotidien de la L1. On pense bien sûr à Gourcuff, dans une moindre mesure à Gignac ou Gameiro.

A croire que la L1 n’aime pas les cracks. Ou alors, pour les envoyer fissa éclater loin des spots du Hainaut ou de Marcel-Picot – Benzema, Nasri, Ben Arfa, Hazard… Du coup, pour situer la vraie valeur du championnat d’en France, mieux vaut garder l’œil en coin. Du côté de ces sélections en manque d’ego et obligées de composer avec un collectif de soudards pour s’en sortir. Dans une compète comme l’Euro qui a consacré en 2004 la sélection qui pourrait s’apparenter au modèle du genre avec la Grèce, on peut croire plus que jamais aux chances de la L1 dans cette édition. Chez les Polonais donc où tout ce qui joue du ventre mou à la lutte pour le maintien semble s’être donné rendez-vous : Girondins (Obraniak), Ajaïstes (Dudka), gars de la Peuge (Perquis). Des joueurs qui ont déjà réussi à accrocher la Russie et à qui il ne manque déjà plus qu’une victoire contre les Tchèques pour passer un tour que Kiki Ronaldo ou Ibra pourraient bien manquer.

Autrement dit, plutôt que de lancer d'invraisemblables paris à la crête, Thiriez ferait mieux de se rendre utile en demandant à ce que les prestations des joueurs estampillés L1 soient enfin prises en compte dans le calcul de l’indice UEFA. Déjà qu’on a laissé passer une première chance avec Robert Vittek en 2010…

Bonus du jour : Top 3 des remplacements avec panache

La sortie de Ludo Obraniak hier - qu'on appelle communément "geste d'humeur", mais que nous appelerons nous "lancer d'une bouteille d'eau dans la gueule du voisin" - est l'occasion pour nous de vous proposer un Top 3 des sorties effectuées avec panache. Mieux qu'un best of de Vidéo Gag, les mecs.

N°1 - Balotelli, what else ?

N°2 - Le lancer de chaise de jardin dans le public

N°3 - I am Vahid Halilhodzic, and I approve this message

Dernière modification le Mercredi, 13 Juin 2012 15:03

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