Le coup de Mou’
Inter – FC Barcelone : 3-1 (20 avril 2010)
A priori, c’est LA solution pour contrarier les plans de jeu du Barça. Un an qu’on parle du dispositif ultra-défensif monté par le Mou’ en demi-finale, un chef-d’œuvre tactique capable de ramener le Barça au rang de « rien qu’un club » (sofoot.com). On en oublierait presque que l'Inter a perdu le match retour. Certes, le score final (1-0) lui a permis d’échapper à la Remontada promise, mais en profitant d’une mauvaise appréciation de l’arbitre à la toute dernière minute. Premier miracle.
Le second miracle est à mettre au crédit d’un volcan. La victoire 3-1 du match aller, première défaite du Barça par plus d’un but d’écart dans la compétition, s’est décidée autour de cette question physique qu’exige le jeu blaugrana. Venir presser l’adversaire dans son camp, confisquer la balle, mettre sans cesse le jeu en mouvement, autant de caractéristiques qui ne laissent pas de place au coup de pompe. Les Catalans ont pu mener leur plan de jeu une mi-temps, avant de céder, notamment du côté des deux rampes de lancement de l’équipe. En jouant plus haut que la moyenne, Piqué et (un peu moins) Puyol finissent par se faire prendre en contre par les intéristes en seconde période à San Siro.
Façon de rappeler que ce qu'on a coutume d'appeler le chef-d’œuvre mourinhesque a tenu en partie à une histoire de déplacement entre Catalogne et Lombardie interminable. En bref, le coup de Mou’ a quelque chose du coup de chatte.
Le coup de boule
FC Barcelone – Real Madrid 5-0 (29 novembre 2010)
Et jouer comme on sait le faire, vu que ça marche super bien le reste du temps ? Demandez aux gars de la Maison Blanche ce qu’ils en pensent. Depuis le début de la saison, ils pratiquent comme le Barça un jeu haut, sans doute moins abouti dans la transmission et dans le mouvement permanent, mais avec les mêmes scores fleuves au final. Pas de raison de faire autrement.
Le choix du Mou’ à la veille du choc tant attendu ne dit pas autre chose. Alors que tout le monde s’attend à le voir remplacer Gonzalo Higuaín trop incertain pour tenir sa place par un milieu défensif de plus - rapport au dernier coup en date avec l'Inter -, la rock star portugaise reconduit son schéma de jeu à l’identique, remplaçant son attaquant par Benzema et ne cédant pas à la tenation du jeu en profondeur.
Comme prévu, les Merengue jouent haut, mais sans jamais mettre sous pression les Barcelonais qui ne se gênent pas pour confisquer le ballon. Le patient travail d’approche peut alors se transformer en domination étouffante, jusqu’au moment où Xavi et Iniesta parviennent à trouver les espaces qui vont lancer David Villa.
Cinq buts plus tard, le Real ne s’est pas approché une fois des buts barcelonais - aucun tir en 90 minutes. Ni même du ballon, pour tout dire.
Les coups durs
Olympique Lyonnais – FC Barcelone : 1-1 (24 février 2009)
De ce huitième de finale perdue par les Lyonnais, on a surtout retenu deux choses : le 4-0 infligé en une mi-temps par le Barça aux Lyonnais au retour et ces maillots fluos qui n’en finissaient plus de nous brûler la rétine. De quoi perdre de vue le drôle de coup tactique monté par Claude Puel et ses joueurs sur la première mi-temps du match aller.
Alors que le Bayern allait se faire défoncer par la machine au Pep au tour suivant, les Lyonnais ont su bouger les Blaugranas comme jamais sur cette saison pendant les 45 premières minutes de cette double confrontation. Revisitant le 4-3-3 historique maison pour en faire une formidable machine à presser, Puel se sert de ce match bigger than life pour obtenir enfin l’adhésion de ses joueurs à son projet de jeu.
Autour de Makoun et de Toulalan au milieu, c’est tout le collectif lyonnais qui bastonne les Catalans, avec juste ce qu’il faut d’expérience et de vice pour éviter de laisser trop de traces à l’arrivée. Un pressing suffisamment agressif pour faire sauter les transmissions catalanes et laisser de la place à de jolis récupérations qui finissent en contres. Sur deux d’entre eux, l’OL peut plier l’affaire et sortir de la première période sur le score de 3-0. Au lieu de quoi, Benzema oublie Makoun, obligeant son équipe à s’en remettre une fois de plus à un coup-franc de Juninho pour donner aux Gônes l’avantage qu’ils méritent.
Pas suffisant pour compenser le jeu à trop haute intensité de cette première mi-temps sur laquelle les Lyonnais avaient tout misé. Les trois mi-temps suivantes ouvrent la voie au Barça vers la troisième Ligue des Champions de son histoire.
Le coup du 4-6-0 toulousain
Sporting Gijón – FC Barcelone 1-1 (12 février 2011)
Pas la peine de regarder la Liga pour savoir comment arrêter la marche triomphale des Barcelonais. En revanche, si vous avez Foot + et qu'en plus vous avez l'idée lumineuse de de mater les matchs du Toulouse Football Club, vous tenez de toute évidence une piste qui mérite d'être approfondie.
C'est ce qu'a fait Manolo Preciado, l’entraîneur du Sporting Gijón. En reprenant l’armature du 4-6-0 d’Alain Casanova, il a disposé deux lignes hyper denses à 35 mètres de ses buts, très proches l’une de l’autre. A défaut de pouvoir contrarier la possession barcelonaise, son idée est de canaliser la circulation de balle blaugrana en définissant un espace de jeu restreint.
Le Barça aurait-il trouvé son maître avec ce schéma casanoviste ? Les premiers concernés semblent assez unanimes pour admettre cette réalité implacable. David Villa : « Le Sporting a réussi à nous faire déjouer, ce qu’aucune autre équipe n’avait réussi à faire jusqu’à présent. » Pep Guardiola : « C’est forcément difficile quand une équipe place neuf ou dix joueurs derrière le ballon et vous prive en plus d’espaces. »
En même temps, depuis le temps qu’on vous dit que l’une des révolutions majeures du football est en train de se jouer sous nos yeux, chaque week-end, avec des bouts de Pantxi Sirieix dedans… D’ailleurs, pourquoi croyez-vous que le Barça s’intéresse autant à Etienne Capoue ?
Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes : Alain Casanova is THE solution !
