LDC - In the Mou' of love

Écrit par Julien Mulao
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Une fois n’est pas coutume, la finale de la Ligue des Champions abandonne le sacro-saint mercredi pour le samedi soir. On ne dira jamais assez à quel point Patrick Sébastien et ses saltimbanques font peur aux politiques, contraints de lui opposer la grand messe footballistique pour le faire taire. Résultat, le DARD 1, l’UEFA 0. A part ça, le match a quand même eu lieu. Il y a eu des buts - deux, pour l'Inter - et un peu de spectacle. Milito en a profité pour gagner sa statue et Mourinho a réussi à faire taire les critiques des journalistes italiens une dernière fois avant de signer pour le Real de Madrid.

Aux clubs des mal-aimés

Rarement on aura senti aussi peu de frémissement avant cette finale de Ligue des Champions.  Certes, le calendrier peut apporter un début d'explication, la faute à cette Coupe du Monde vers laquelle tous les médias sont déjà tournés.

Il serait pourtant dommage de se détourner d'un match de ce calibre. Ne serait-ce que pour l’opposition proposée, l'une des plus intéressantes et équilibrées sur le papier de ces dernières années. D'un côté, l'Inter maître en son Calcio et sa rock star portugaise qui n'en finit plus de transformer la moindre conférence de presse en happening provo, rejouant non sans talent le sketch cannois de Pialat. De l'autre, le Bayern, chaotique pendant une bonne moitié de saison, mais irrésistible depuis deux mois, au point d'apparaître, contre toute attente, comme l'autre plus belle machine à jouer d'Europe avec le plus-qu'un club que l'on sait. 

 

Deux clubs à la réputation de mal aimés donc, dirigés par deux entraîneurs aux personnalités controversées, mais au palmarès incontestables. Deux équipes classées hâtivement dans la catégorie des équipes défensives et avares de spectacle, comptant pourtant de sacrés phénomènes. N’en déplaise aux supporters du Barca ou de Manchester, cette finale promet quand même beaucoup. 

A première vue, les compos d'avant-match comptent peu de surprises. Les deux entraîneurs se sont côtoyés de prêt pendant leur période catalane savent qu'il ne servirait à rien de se cacher derrière un bluff inutile. Reste que dans le camp baviériste, Van Gaal a dû faire avec l'absence de Ribéry, lequel a sorti son plus beau tee-shirt comme Valbuena son calebute avant d'aller s’asseoir en tribunes. Comme ce fut le cas déjà à Lyon, c'est à Hamit Altintop qu'il revient de jouer les doublures de service. Autrement dit, le genre de remplacement tout sauf dégueulasse. Du côté de l'Inter, Mourinho ressort une ligne offensive pas loin de rappeler celle présentée à Stamford Bridge, face à Chelsea, l'effet de surprise en moins.

Un concert d'ailleurs straight

Dès les premières minutes du match, chacune des deux équipes reste bien en bloc, alternant à tour de rôle des coups d'accélérateur assurés par leurs cracks respectifs. Sur "une pelouse impeccable"(© David Astorga), les vingt premières minutes se révèlent agréables, laissant deviner de part et d'autre des intentions moins défensives que ce que l’on pouvait redouter.

Côté défense justement, c'est l’Inter qui fait la meilleure impression, avec une mention toute spéciale pour le pressing que Eto'o mène avec la générosité d'un junior. En plus d'apporter le danger sur coup-franc (18ème et 25ème minutes), Sneijder se charge d'envoyer le jeu inériste, le temps de quelques incursions en dribbles ou d'ouvertures inspirées. Ce qui ne l'empêche pas d'aller chatouiller les chevilles de son pote Robben à l'occasion. 

L’autre Batave à réaction fait, lui, comme d’habitude : il court, il pétarade, il élimine. Après un quart d'heure, Chivu en a déjà plein le casque. D'où l'impression d'une légère domination bavaroise dans ce jeu qui s'ouvre à mesure. Un cafouillage entre Muller et la défense centrale intériste offre ainsi à Robben ce qui ne restera qu'une belle occasion d'ouvrir le score sur une frappe en cloche (23ème minute).

Il suffit qu'on renifle le match capable d'atteindre des sommets pour que le rythme se mette à tomber soudainement une fois passé les vingt premières minutes. Même Kiki Jeanpierre semble éteint. Il faut dire que pour lui, une finale sans Messi, Ronaldo, ni Henry, c’est un peu comme un solo de Mark Knopfler sans son bandeau.  La partie s'enfonce alors progressivement dans l'opposition tactique que l'on pouvait redouter.

Fatalement, à ce petit jeu-là, l’Inter peut enfin prendre le dessus. La punition ne tarde pas à tomber pour les Allemands. Lancé dans la profondeur par Sneijder, Milito, pourtant en mode action discrète jusque-là, trompe Butt avec une merveille de tir tendu. On joue alors la 35ème minute et tout ce que le bavirérisme peut compter de fans hardcore réalise subitement que la soirée risque d'être plus longue que prévu, vu l’excellence des contres de l’Inter. Impression confirmée quelques minutes plus tard lorsque le Milito de gauche cette fois rend la politesse à Sneijder, le temps d'un centre en retrait parfait. Le Néerlandais à tête d'Hellebuyck joue les ingrats de service et gâche une belle occasion de tuer le match. A la mi-temps, malgré le caractère bien trempé du Bayern et de son Van Bommel de capitaine, Eto’o est de toute évidence bien parti pour réaliser le premier double-triple de l’histoire de la Ligue des Champions. 

Derniers coups de Mou'

A moins que la défense milanaise ne laisse la possibilité au Bayern de recoller au score dès l'entame de la seconde période, en refilant, tiens pourquoi pas, un ballon de but à Muller. Manque de bol, tous les Muller ne s'appellent pas Gerd. C'est donc logiquement que Thomas loupe le coche. Les Bavarois savent alors que, cette fois, c’est vraiment foutu. Du coup l’Inter peut accuser un coup de mou sans grande crainte et laisser, par exemple, Maicon et Mourinho évoquer à même la pelouse les termes de leurs futurs contrats madrilènes.

Suffit pour ça de ralentir le jeu pile ce qu'il faut en pratiquant le genre de repli avec prise à deux systématique sur le crack d'en face - en l'occurrence Robben - qui avait déjà fait merveille au Nou Camp en demi-finale. Malgré une réelle envie et une belle application, le Bayern paraît à son tour sans grande imagination devant pareil bloc. Ne reste alors plus qu'à s'en remettre à un miracle express comme Robben a su les provoquer lors des tours précédents. On croit le tenir à la 65ème avec la spéciale dribble crochet-accélération-frappe enroulée, mais Julio César parvient à sortir le ballon sans trop de difficultés.

Finalement, arrive ce qui semblait inéluctable depuis la 35ème : bien servi par Eto’o, Milito fait le break à la 70ème. Superbe but d’ailleurs qui voit l’Argentin accélèrer, temporiser, éliminer Van Buyten et marquer d'un tir croisé côté opposé. Mourinho peut bien feindre la prudence, tout le monde sait à ce moment là du match que l’Inter vient de mettre fin à quarante-cinq années passées sans titre en Ligue des Champions. Même Kiki Jeanpierre l'a compris, profitant des dernières minutes pour annoncer un hors-série de Téléfoot consacré à Lass' Diarra, sa carrière, ses coliques.

Après celle de 1999, le Bayern perd donc une nouvelle finale en Espagne, avec sans doute nettement moins de regrets que la précédente tant l’Inter a dominé tactiquement et techniquement la partie. L'occasion de consacrer Mourinho au petit jeu du grand Mister, qui s'en vient battre son ancien maître, Van Gaal. Nul doute que l’Europe risque d'entendre parler pour quelques temps encore du Special One. Reste Ribéry dans le rôle du type qui a tout perdu - une finale, un transfert pour le Real, Wahiba et les reportages si-si la famille dans Téléfoot que Valbuena a déjà récupérés. Autant dire que ce soir, ça valait le coup de prendre l’hélico et l’avion pour finir la saison de cette manière-là. Avec le bol qu’il a en ce moment, on ne saurait trop conseiller à Ti Franck d'éviter le fromage du plateau-repas dans l’avion du retour... A moins de vouloir jouer un remake de Lass' Days. 

Dernière modification le Dimanche, 13 Juin 2010 18:03
Julien Mulao

Julien Mulao

Rédacteur dilettante, Bavièriste convaincu. Et inversement.

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Jean-Seb Peru Dimanche, 23 Mai 2010 02:39 Posté par Jean-Seb Peru

    "l'autre plus belle machine à jouer d'Europe avec le plus-qu'un club que l'on sait. "
    Tu parle de qui, du LOSC ?

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