Dans son jardin du Luxembourg
Le 10 septembre 2008, dans un Letzigrund encore fiévreux de l’Euro suissautrichien venant de s’achever deux mois plus tôt, le Luxembourg vient rosser la Nati, incapable de répondre aux buts de Strasser et Leweck. Seul N’Kufo posera un pansement sur ce joli coup de poignard, synonyme d’exploit pour les Lions Rouges, et de honte pour les Suisses. A ce jour, il s'agit de l’un des seuls faits d’armes notables dans l’histoire des joueurs du Grand Duché, leur permettant de ne pas décrocher la cuillère de bois de leur poule de qualification pour la Coupe du Monde sud africaine.
Toutefois, avec un bilan d’une victoire, deux nuls, sept défaites, pour 4 buts marqués et 25 encaissés, ce succès reste comme un simple drapeau planté au milieu d’un champ de bataille dévasté. Un bilan peu reluisant qui pousse Guy Hellers à plier bagages après six ans de bons et loyaux services à la tête de la sélection. Un départ vécu comme un véritable coup d’arrêt, tant Hellers aura tenté d’insuffler un nouvel élan à tout un football encroûté dans son immobilisme.
Sous l’impulsion d’Hellers, outre un comportement honorable au niveau international (victoires face à la Suisse, la Biélorussie, matchs accrochés face aux Pays Bas), un centre de formation d’excellence vit le jour à Mondercange, et les bases du professionnalisme furent posées. Mais devant le peu d’élan des pouvoirs publics et l’inertie de la fédération, le sélectionneur préféra quitter son poste. Et l’opinion publique de craindre un véritable retour en arrière. Force est de constater toutefois que les choses ont peu évolué. Aucun joueur ne joue à haut niveau en Europe, quelques expatriés sont à recenser en sélection nationale (du côté de la Belgique, de la Norvège, ou de la France avec Mario Mustch du côté de Metz) et l’essentiel des internationaux évolue au pays. Et chose étonnante, à peu près tous les clubs sont représentés. La Jeunesse d’Esch - qui compta en ses rangs un certain Cyril Pouget alors en fin de carrière - et le F91 Dudelange n’ont pas le monopole en sélection nationale. Contrairement à la Biélorussie, composée principalement de joueurs du Bate Borisov, le Luxembourg peine à mettre son puzzle en place. La tâche est immense pour le sélectionneur Luc Holtz, l’ancien sélectionneur des Espoirs. Car même au niveau des clubs, le Luxembourg ne fait pas un pli.
Une élimination au premier tour qualificatif face à Solna pour la Jeunesse d’Esch, un destin similaire pour le F91 et le CS Gravenmacher en Europa League, le football luxembourgeois est vite ramené à son anonymat, traînant son spleen et son classement UEFA comme un boulet, quelques dixièmes de points devant Andorre et San Marin. Ne reste aux Luxembourgeois que leur championnat national et des matchs de gala pour se réjouir. Comme celui face à la France mardi. Nous leur conseillons de s’armer d’un peu de patience, et d’attendre le mois de juillet prochain, car Andy Schleck pourrait leur donner une bonne occasion de sourire. Et un maillot jaune sur les Champs, c’est au moins un truc que les Français ne peuvent plus espérer avoir.
Crédits Photos : sportphotos.lu
