Gardien
Hugo Lloris (Lyon)
Hugo Lloris est peut-être un taiseux aux faux airs de Palmade, il n'en reste pas moins un monument dans son genre. Coup sur coup dépossédé de son titre de "Meilleur gardien du monde francophone" par Thierry Omeyer et de son titre de "Meilleur gardien de la Ligue 1" par Mandanda et Ruffier, Lloris a sorti un récital dantesque lors du Derby. Une claquette aérienne sur une tête de Marchal, une frappe de Rivière détournée, une passe déc' pour Bastos et cette incroyable manchette sur une frappe à bout portant de Laurent Battles. Au terme de ces 90 minutes, le grand échalas à tête de moineau s'est tout juste permis d'offrir son maillot aux supporters lyonnais. Avant de faire comme d'habitude, baisser les yeux au moment de regagner le vestiaire.
Défenseurs
Serge Aurier (Lens)
Il y a deux façons de voir un 0-0. Se dire qu’avec un Nenê qui en arrive à se faire des petits ponts tout seul, le PSG menace de se rapprocher un peu plus de la crise qu’on n'en peut plus d'attendre - six mois à n'envoyer des vannes qu'au seul Sammy, c'est long... Se dire aussi qu’avec un type de la trempe de Serge Aurier sur le dos, il n’est jamais facile de soigner la dépression pour néo-trentenaire qui se traîne depuis qu'il a compris que la presse française capable d’envoyer un Valbuena en Equipe de France n’a pas la même force de conviction outre-Oyapock pour vous ouvrir les portes de la Seleçao.
Bayal Sall (Saint-Etienne)
Hier soir, il y avait deux types qui pouvaient se réjouir du 4-1 infligé par les Lyonnais aux Verts à même le Chaudron : Jean-Michel Aulas qui n’a pas manqué de clasher les tribunes stéphanoises en fin de match, Playstation sous le bras. Et les producteurs du DVD Bayal 100 % Sale qui, rien qu’en une soirée, ont pu enrichir la collection des pires gaffes du défenseur sénégalais de deux nouveaux morceaux d’anthologie. Mention spéciale à cet oubli sur un dégagement de Lloris qui envoie Bastos plier un Derby pourtant largement à la portée des Verts. D’un coup, on comprend mieux pourquoi les Lyonnais ont pu marquer quatre fois sur leurs six tirs de la partie…
Mauro Cetto
Le 4-6-0 a des effets pervers insoupçonnés. Habitué aux relances chandelles de l’ancien système, le capitaine toulousain peine à trouver la pleine mesure de son talent de défenseur dans la nouvelle tactique d’Alain Casanova. La preuve, ses relances aussi téméraires que suicidaires dans les pieds lillois, là où les grands coups de pieds dans les 22 mètres adverses étaient de mises il n’y a pas si longtemps. En guise de punition, l’ancien Nantais en a été réduit à courir après les contres lillois et à tenter des tacles désespérés, aggravant un peu plus l’état de la pelouse du Stadium Nord. On profite de ce passage pour souligner l'autre exploit, celui du Téfécé qui a quand même réussi l’exploit de recruter les deux seuls rouquins d’Amérique du Sud - avec Gunino.
Samuel Souprayen (Rennes)
Une défense Danzé – Boye – Théophile-Catherine – Souprayen pour jouer le titre… Si le dernier a laissé admirer sa "qualité de centre" (R.I.P Thierry Gilardi) sur le but de Montano, on en est aussi arrivé à regretter un bon vieux plat du genou ou un retourné du dos signé Fauvergue dans le money time pour saper les nouvelles prétentions du club préféré de la Miss Hayek.
Milieux
Julien Féret (Nancy)
Pour peu que le LOSC passe une mi-temps à presser haut et fort dans la moitié de terrain adverse, à étirer comme il veut une défense à la dérive, à revenir à coups de passes au millimètre, à compter sur le talent de son milieu pour éliminer un, deux adversaires sur un dribble-une remise, on lui envoie du Barça du Nord. Samedi, Marcel-Picot n’a pas dû en croire ses yeux en découvrant son 11 au Chardon réussir le même genre de prestation. Pas sûr pour autant qu’on tienne un Barça de l’Est. Disons plutôt une équipe dont la qualité des prestations reste étroitement liée à celle du grand romantique qui lui sert de maître à jouer – ou à déjouer, c'est selon. Un de ceux qui vendent le Brésil en prenant leur café, comme chantait l'autre (Ferré).
Benjamin Moukandjo (Monaco)
Ce n'est pas forcément le nom le plus ronflant du dernier mercato monégasque, mais c'est déjà un pari réussi. Double passeur decisif pour sa première titularisation au Stade Louis-II, le Camerounais a séduit le meilleur public hors-de-France de Ligue 1 par la justesse de son jeu. Tout sauf une surprise pour les quelques accros que compte la Ligue 2. Suffit pour ça de voir les tristes résultats actuels du Nîmes Olympique, son ex' d'équipe, pour comprendre l'impact qu'avait Moukandjo dans le couloir droit des Costières. Relancé par coach Noël "Direct 8" Tosi en novembre, Moukandjo semble bien parti pour poursuivre sa progression à l'allure d'un enfant suffisamment gâté pour se permettre d'être impatient. Ceux du Rocher aimerait bien y voir un motif d'espoir dans leur lutte à mort pour le maintien...
Yann M'Vila (Rennes)
D’accord, Balmont méritait largement son apparition dans les 11 types de la journée. Mais on sait tous qu’il y aura largement la place de faire des 11 types 100 % lillois dans les play-offs de la saison. Donc, patience. Et puis, pour une fois qu’on tient l’occasion d’envoyer un petit clin d’œil à la nouvelle hype du football libre, on ne va pas se priver. Il a donc fallu attendre ce Rossonerotico pour voir M’Vila dominer vraiment son sujet au milieu. Et encore, vingt minutes en seconde période, soit après que la tornade Frédo de force 8 à 9 a tout emporté dans le vestiaire rennais. Ne restait après ça qu’à apprécier les dons du gamin dans l’art de la récup’ debout, des dribles sur un pas et passe dans la foulée qui transperce une bonne partie du rideau adverse, histoire d'envoyer Yacine, Victor Hugo et les autres secouer une arrière-garde niçoise sur la corde raide. De quoi gagner le droit à son gros poutou dans les bras d’Erminig, la peluche géante préférée des free-hugers.
Attaquants
Romain Hamouma (Caen)
Par qui sonne le glas des dernières illusions girondines. D’ailleurs, qui a cru à l’hymne des campagnes de Triaud invectivant l’arbitre du jour, pas franchement coupable sur le coup du hors-jeu trop limite pour ne pas être sifflé et de la blessure de Gouffran ? Alors qu’il a suffi à Hamouma d’envoyer sa spéciale, une accélération côté droit façon Tabanou pour déposer une première fois la défense bordelaise et trouver Traoré en retrait. Avant de jouer les monte-en-l’air sur Ludovic Sané, pourtant une tête de plus au garrot, laissant à Ciani et à Carrasso le soin de ramasser les débris d’un casse qui promet de laisser bien des traces dans la boutique marine. Façon de rappeler qu'il faut toujours miser sur Hamouma Bitch pour les D(isaster)-Day caennais...Kévin Gameiro (Lorient)
Coup de grâce pour Kévin Bérigaud et Kévin Constant. Leurs derniers espoirs de se faire une place dans la short list en vue de l'élection des 10 Kévin qui comptent dans le foot moderne vient d’être anéantie par une merveille de lob envoyé pleine course par notre Kévin d’Or 2009 et 2010. Un but qu’il paraît déjà impossible de déloger de la place de n°1 de notre Top Buts des Kévin du foot d’ici la fin de saison.
André-Pierre Gignac (Marseille)
Il était pas censé être fini Dédé la Sardine ? Les oreilles de milliers de supporters marseillais doivent encore siffler sur l'air de Chico et les Gypsies. Faut dire aussi que réaliser six premiers mois insipides n'est pas encore la meilleure façon de se mettre le Vélodrome dans la poche. Surtout quand on vient des bords de l'Etang de Berre. Pas découragé pour un sou, l'ancien prophète du 8-1-1 toulousain a réussi sa mue à la trêve, devenant en quelques semaines la nouvelle gachette infernale du Joga Cono défendu par Deschamps. Résultat, un doublé bien senti à Sochaux, traditionnel taxidermiste pour grosse poiscaille de L1. Avec en prime une merveille de volée sur le second but, sur un centre à peine plus vilain de Loïc Rémy. Comme un écho aux exploits de Rooney en Premier League. Gignac-Rooney. Rooney-Gignac. A peine entamée, l'année du lapin doit déjà laisser la place à celle des buffles...
