L1 - les 11 types de la 24ème journée

Écrit par Emmanuel Raide, Arnaud Châtelain & Bruce Singray
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A 14 journées de la fin, la L1 continue d'entretenir ce qui fait saliver tous les autres grands championnats : le suspense. Un Gros Cinq à la lutte pour le titre, c’est pas dans l’Equipe du Dimanche que vous verrez ça. Aussi prenant que l’incertitude autour de la candidature de DSK. Pour le reste, on croit de plus en plus à la tenue d'un derby azuréen pour pimenter une Ligue 2 un brin mollassonne. A Auxerre, la gueule de bois continue : il y a six mois le Real Madrid peinait à l’Abbé Deschamps, maintenant même Arles-Avignon y prend un point. Après le Drogbathon de Marseille, les supporters bordelais vont bientôt lancer le Chamakhthon. Pour finir en beauté, on s'en remettra à la phrase de l'année, signée Yann M’Vila : « C’est un hold-up, mais la victoire est logique.» Une certaine idée de la L1 en somme.

 

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Gardien

Cédric Carrasso (Bordeaux)

carrassoTrois semaines que les handballeurs ont pris le relais des rugbymens pour tenir le rôle des sportifs sympas, super accessibles et bien moins payés que ces gamins immatures de footeux. Trois semaines que Claude Onesta peut y aller de sa leçon d’expert en chef, y compris sur un sport qui n’est pas le sien : « Quand on joue une bonne partie du match à un de plus, c'est facilitant. (…) Dans les vingt dernières minutes, je ne comprends pas pourquoi on jouait dans notre camp. » (après France-Brésil). Deux semaines que Thierry Omeyer est devenu le mètre étalon pour tous les gardiens de L1, même si rien à voir. Le n’imp’ est monté d’un cran ce week-end avec cette double défense façon Bertrand Gilles de Carrasso, avec interception de la balle et sauvetage bourrin. Pour dire à quel point c'était bien, il à même réussi à éviter la défense en zone. 

Défenseurs

Mapou Yanga-Mbiwa (Montpellier)

yangaQu'on se le dise, les plus grands latéraux français de ces quinze dernières années sont tous des centraux qu’on a envoyés prendre l’air dans les couloirs histoire d’y potasser leur technique un brin rudimentaire, d'y faire valoir leur vitesse et leurs qualités athlétiques au-dessus de la moyenne et y dégoûter si possible les dribbleurs trop faciles qui n’aiment rien tant que prendre les côtés. Quand on parle des plus grands latéraux français de ces quinze dernières années, on veut bien sûr parler de Lilian Thuram et d’Eric Abidal. Dimanche, face à Hazard et Gervinho, Yanga-Mbiwa a passé le premier test des très grands haut la main. Maintenant que toutes les places en centrale en équipe de France sont prises pour les dix prochaines années (Mexès, Rami, Sakho, Koscielny), faudrait penser à lui refiler en douce la place que Bacary Sagnol refuse manifestement toujours d’occuper. Et lui retirer au passage l'étiquette Parental Advisory Explicital Lyrics qu'on lui a collée pour une mauvaise punchline de Nicollin : "J'ai peur qu'on me le pique, le noir là.

Sylvain Armand (Paris Saint-Germain)

armandOn a tous eu un peu peur pour la vie de Sylvain Armand la semaine dernière devant l’ahurissant assaut d’Apoula Edel sur la caboche et le genou (?!!!) du défenseur central parisien. Au final peu de séquelles, si ce n’est un traumatisme et des pertes d’équilibre qui ont surtout permis à l’ancien Nantais d’être excusé pour l’affreux déplacement en Biélorussie. Son retour ce week-end a rassuré tout le monde, confirmant au passage qu'Armand est peut-être en train de réaliser la meilleure saison de sa vie. Et pourtant, on a beau le répéter chaque semaine, on se pince quand même pas mal pour y croire tant il semblait encore l'été dernier bien parti pour finir à Nice avec François Clerc. Certes épaulé par Black God Sakho dont le talent semble aussi contagieux qu'évident, Armand a même trouvé le temps de se faire plaisir avec ce but d’attaquant, puissante volée envoyée ras-le-poteau, qu’Erding rêve chaque nuit de planter.

Kévin Théophile-Catherine (Rennes)

theophile-catherineLe 4-6-0 a encore frappé. Sans attaquant face à lui*, Kévin Théophile-Catherine a dû disputer tout son match sur l’air de « Je ne suis un no man’s land ». Avant d’être suffisamment perdu pour devenir l’attaquant du 4-6-0 toulousain et tromper Nicolas Douchez.

*Santander est en réalité un canular monté par les Yes Men qui, après Georges Bush et Patrick Balkany, ont décidé de piéger le troisième homme le plus puissant de la terre, Olivier Sadran.

Grégory Taforeau (Caen)

tafforeauUne rencontre a priori bien partie pour être pliée par les Malherbistes. Jusqu’à ce qu’un duel ne finisse par en changer complètement l’issue. Les images exclusives et le résultat de ce match dans le match ici.

Milieux

Kévin Anin (Sochaux)

aninLa 125ème édition de l’UFC (Ultimate Fighting Championship) a livré samedi à Lens une série de combats à la hauteur des attentes de tous les fans de free fight nordistes. Top 5 des plus beaux combats de la soirée.

1. Kévin Anin vs Toifilou Maoulida : le « coup de la bandelette mahoraise » n’a pas pesé bien lourd face à la solide technique de l’ancien double champion de Normandie de savate.

2. Vedran Runje vs Kanga Akalé : ce combat arrêté avant son terme plus tôt dans la matinée lors d’un toro à la Gaillette restera comme la bonne surprise du tournoi.

3. Lazlo Bölöni vs Bartolomeu Varela : malgré un patronyme forcément évocateur aux oreilles des amateurs de ju-jitsu brésilien, Bartolomeu Varela a vite été emporté par l’expérience du technicien roumain.

4. Issam Jemaa vs des plantes dans le couloir des vestiaires : on pouvait craindre que le Tunisien soit impressionné par une opposition présente en nombre dans un coin du couloir lensois. Un double face kick plus tard, les trois gros ficus n’étaient déjà plus qu’un lointain souvenir.

5. Yohan Demont vs une armoire métallique : nouvelle défaite pour le local de l’étape sur abandon.

Didier Digard (Nice)

digardDigard n’est pas uniquement le saisissant sosie de Bellick, bougon maton de Prison Break. C’est également une fort belle illustration de la politique de  recyclage écolo appliquée par le PSG depuis de nombreuses années. Didier Digard, sorte de sous-Pierre Ducroc acheté au HAC, est persuadé d’avoir de l’or dans les jambes après un bon match face à Lens. Il file tout naturellement en Angleterre au bout de six mois de prestations hasardeuses et de caprices de starlette. Il passera deux saisons à Middlesbrough avec le succès que l’on sait : descente en Championship, soirées coca-pizza-PS3 sans fin avec Aliadière et Mido. Sa signature fulgurante en prêt à Nice lui permet de retrouver d'autres ex' du club parisien arrivés là pour retrouver une deuxième vie : Ljuboja, Paisley, Letizi, Hellebuyck. La tendance semble tellement lourde qu'on conseille aux fans des Aiglons d'aller faire floquer sur leurs maillots le nom des futures stars de demain : Traoré, Sessegnon et Apoula. PSG, un club citoyen assurément.

Lucho Gonzalez (Marseille)

luchoAvant-propos : nous tenons à remercier notre consœur Eve Beauvallet, critique de spectacles (théâtre et danse), pour avoir largement contribué à inspirer la chronique qui suit. Pour le reste, nous nous en remettrons à Patrick Poivre d’Arvor et Thierry Ardisson pour rappeler que « derrière tout plagiat, il y a toujours un hommage aussi sincère que secret.»

Hackeur génial du football, héritier de la vague déconstructiviste, le milieu de terrain argentin Lucho Gonzalez répand depuis deux saisons un virus puissant dans la matrice du jeu académique de Didier Deschamps : étirement des espaces jusqu’à la dislocation, démultiplication des combinaisons, désarroi articulaire. Le tout pour un mix irrévérencieux entre lexique classique et syntaxe postmoderne… Un peu comme si Derrida avait fait carrière au Stade Vélodrome.

Attaquants

Jimmy Briand (Lyon)

briandVisiblement, Stéphane Dalmat et Jimmy Briand se sont entendus au moment pour reprendre et faire vivre l’héritage de Sidney Govou en L1. Au premier, les sorties dans les coins les plus sordides de France qui se terminent au volant d'une caisse à 2 grammes. Au second, cette capacité à se montrer moins à l’aise sur un plat du pied sécuritaire face au but grand ouvert (57ème) que sur une bicyclette qui finit de repeindre les cages du panda Grégorini aux couleurs du Cirque du Soleil (89ème).

Younès Belhanda (Montpellier)

belhandaL’annonce du départ en retraite de Ronaldo a fait pleurer les fans, un peu à la manière du départ – définitif, celui-là – d’Elvis au top de sa période Burger King. Pourquoi un tel flot de larmes quand on sait que, depuis cinq saisons, le joueur était déjà officieusement en retraite ? Quand on sait que mettre des buts « à la Ronaldo » est à la portée du moindre Belhanda face au LOSC (80ème) ? Disons qu’une fois passé ce retour au principe de réalité, il reste dans sa deuxième partie de carrière trois raisons de considérer Ronaldo comme phénomène un peu plus déterminant que ces attaquants de légende que furent Pippo Inzaghi ou Nicolas Fauvergue.

1ère raison : remporter ses plus beaux titres après s’être brisé deux fois de suite les genoux.

2ème raison : une capacité à transformer radicalement son jeu et à gagner cet instinct du buteur qui sait exploiter le moindre courant d'air dans une défense ou la moindre erreur de placement d’un gardien, le tout avec cette technique toujours maîtrisée. De quoi éviter d'envoyer ses tirs à six mètres des buts à la différence de n'importe quel Gignac qui sait certainement repérer des failles chez ses adversaires.

3ème raison : du talent pour mener sa vie avec ce qu’il faut d’excès et tenir un tableau d'ensemble à la Marlon Brando.

Kévin Gameiro (Lorient)

gameiroCe que le Barça réussit avec onze types pratiquant le tiki-taka – passes courtes, occupation de l’espace, confiscation du ballon, jeu en mouvement – devant 100 000 personnes et sous un maillot qui affiche ses bons sentiments, Kévin Gameiro le fait tout seul sur un synthétique avec un flocage La Trinitaine plein plastron et le Bagad Lann Bihoué qui joue le Best Of de Tri Yann en tribune. De quoi amener Jean Tigana à étaler sa dépression en conférence de presse d’après-match.

Dernière modification le Jeudi, 24 Février 2011 13:43

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Pierce Bossman Mardi, 22 Février 2011 15:23 Posté par Pierce Bossman

    Le passage sur Lucho est magnifique. Merci Eve Beauvallet, merci Les3points.

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  • Lien vers le commentaire OH Mardi, 22 Février 2011 13:09 Posté par OH

    purée, z'êtes vraiment hilarants les mecs.

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