De nombreux lecteurs nous ont demandé sur quels critères reposait notre sélection. Aucun. Et certainement pas la seule performance des joueurs. Il suffit simplement d'avoir marqué la journée à sa manière pour trouver une place parmi les 11 types.
Gardien
Grégory Coupet (Paris Saint-Germain)
« Disons qu’avec Edel nous sommes deux gardiens décidés à nous battre à la régulière. Il va tout faire pour être titulaire mais cette place de numéro un, il faudra qu’il vienne la chercher. » Après deux matchs, un seul but encaissé et aucun arrêt face à l’attaque lilloise aux trois buts de moyenne à domicile, on peut déjà annoncer que Coupet tient sa place de titulaire pour la saison. De toute évidence, celui qui serait descendu du bus semble rassurer psychologiquement sa défense quand, dès sa première relance, Edel pouvait tuer un match à lui seul. Reste quand même à savoir s’il s’agit d’un vrai duel à la régulière. Autant qu’on sache, Coupet n’a pas encore eu à œuvrer avec Traoré et Armand dans les parages…
Défenseurs
César Azpilicueta (Olympique de Marseille)
48ème minute, Bong et Danic s’embarquent dans une combinaison brouillonne côté gauche. Azpi préfère regarder les nuages : 1-0. 53ème minute, sur une remise en jeu valenciennoise un peu annodine, toujours côté gauche, Azpi reste scotché à sa ligne de touche. Cohade et Pujol s'envoient des têtes dans son dos : 2-0. 62ème minute, montée, accélération, crochet de Bong côté gauche. Azpi glisse, trébuche et laisse filer : 3-0. Quelqu'un sait quand il revient de la Route du Rock, Laurent Bonnart ?
Nemanja Pejcinovic (Nice)
La victoire niçoise n’a pas à voir qu’avec la dernière de Loïc Rémy, la suractivité d’Anthony Mounier ou le synthé lorientais. Elle repose aussi en grande partie sur la partie en défense centrale de Nemanja Pejcinovic qui a déjà tout de la sacrée trouvaille du recrutement niçois. Engagement limite, pointe de vice, complicité virile avec Civelli et du raffinement à revendre… Autant dire le genre de pedigree qui fait les grands défenseurs de Ligue 1, ces types qui remettent ce qu’il faut de contact et de mauvais esprit pour troubler les esthètes d’en face et gagner à la fin. Un artiste, on vous dit.
Jérémy Toulalan (Olympique Lyonnais)
A force d’écouter en boucle le Bercy 93 de Sardou sur son iPod shuffle, d’avouer pour toute concession au rock’n’roll une course nocturne torse nu sur la plage de La Baule avec Nicolas Savinaud et Mickaël Landreau et d’avoir toujours rêvé passer un CAP de pâtisserie, il faut se rendre à l’évidence : Jérémy Toulalan ne s’est pas seulement trompé de poste sur un terrain de football toutes ces années. Il s’est aussi trompé de sport. Toulalan aurait dû devenir coureur cycliste.
Gaëtan Bong (Valenciennes)
Un savatage en règle sur Valbuena et une implication sur les trois buts valenciennois (cf. César Azpilicueta). S’il poursuit sur sa lancée, on a déjà une petite idée des titres auxquels il sera difficile d’échapper : « Big Bong » (L’Equipe), « VA, le gang Bong » (So Foot), « Le grand Bong en avant » (Libération), « Bong à part » (Les Inrockuptibles), « Bong joue vite » (Guitar Magazine), « Chaud comme Bong » (Cheminée Magazine), « Le Bong plan de la saison » (Que choisir ?), « Je crois que Bong… » (les3points.com)
Milieux
Alfred N’Diaye (Nancy)
Retour du beau jeu à Nancy, acte II. Pour réconcilier Marcel-Picot avec son onze au chardon, Pablo Correa a promis qu’on verrait du mouvement et de la technique cette saison. Une semaine après le récital Féret et en attendant de voir Vahirua ranimer l’attaque lorraine, N’Diaye a préféré faire de la résistance. A la onzième minute, sur un mauvais contrôle transformé en offrande pour Montano, il ceinture Victor Hugo et le retourne au sol. Carton rouge. Défaite sèche 3-0. Encore un sabotage comme ça et Nancy pourra redevenir une équipe chiante à voir jouer dans laquelle tonton Alfred pourra à coup sûr être titulaire toute la saison.
Lucho Gonzalez (Olympique de Marseille)
A la 77ème minute, Lucho balaie sa frange de jais. Il relève la tête, ajuste son col. Cette auguste indolence qui annonce l’imminence d’une passe décisive laisse place cette fois à un air taciturne, une profonde lassitude. Les épaules voûtées, le meneur argentin tourne le dos au jeu et abandonne le ballon derrière lui, à Benoît Cheyrou. Lucho Gonzalez vient de découvrir qu’Ayew, Ayew et Gnabouyou formaient la ligne d’attaque marseillaise.
Paulo Machado (Toulouse)
Même un 15 août, les Toulousains continuent de filer droit sur l'autoroute de la Ligue 1, loin des embouteillages. Si la bonne circulation estivale dans l'entrejeu violet a déjà permis de mettre en avant le semi-remorque norvégien Daniel Braaten, c'est cette fois la petite mob' de Porto, Paulo Machado, qui a joué la caution technique dans un système toulousain toujours aussi particulier. Après la blessure de Pentecôte et en l'absence d'attaquants valides, le stratège téféciste a su garder le cap, s'adaptant à merveille à la dernière révolution tactique tout droit sortie du cerveau génial d'Alain Casanova, ce 4-6-0 qui succède au 8-1-1 et dans lequel on a cru retrouver quelque chose des ambitions du jeu barcelonais et de l'engagement du Top 14.
Hatem Ben Arfa (Olympique de Marseille)
Et s'il avait vraiment lu Nietzche ? Car quel plus bel exemple de nihilisme footballistique que le dernier exploit du futur ex-Marseillais ? Se payer le luxe d'un conflit avec ses dirigeants et son entraîneur, le tout dans une France du sport en pleine crise d'auto flagellation, c'est du contre-courant fascinant. Alors que tous, athlètes, nageurs, footballeurs – en attendant les basketteurs – se sont rangés dans un discours post-traumatique Krysna, Ben Arfa fait comme si rien n'avait eu lieu. Dieu est mort ? Et alors ? Lui ne parlera pas les larmes aux yeux et la main sur le cœur de respect, d'amour du maillot, d'honneur, de la France qui souffre et des gamins aux yeux qui brillent... Non, il en veut pour sa gueule, sa pomme et sa bonne grosse paire d'écouteurs. Avoir droit à une mention « En grève ! » dans le journal, c'est la marque du vrai champion. Surtout quand on sait qu'il est question de rejoindre Newcastle. Et histoire de conclure la performance en beauté, Hatem se paie le luxe d'une phrase dont on a pas fini de chercher le sens caché : « Ce n'est pas parce que nous sommes payés que nous sommes des esclaves. »
Attaquants
Victor Hugo Montano (Rennes)
Pour sa première titularisation à la pointe de l’attaque rennaise, Victor Hugo Montano a prouvé qu’il savait tout faire. Pousser à la faute l’adversaire sur une seule anticipation, prendre la profondeur et s’en aller marquer l’air facile, glisser en pivot la balle décisive qui consacre la sensation du moment, Yacine Brahimi. Encore quelques prestations de ce calibre et Montano pourra rejoindre le Hall Of Fame des grands fauves de l’attaque rouge et noire : Shabani Nonda, John Utaka, Mickaël Pagis et Cyril Chapuis.
David Pollet (Lens)
On y croyait plus, mais ça y est, Tony Vairelles est de retour en Ligue 1. Le mulet en moins, la crêtogel et les boucles d'oreille en sus. Avec le sentiment que le RC Lens a trouvé avec le jeune attaquant belge la réplique de forte amplitude envoyée à son encombrant voisin lillois. Si Hazard est brun, petit et a connu une trajectoire supersonique, Pollet lui est grand, blond, un poil bourrin et a fait toutes ses armes en National. Un t'chio belge besogneux mais décisif (22 buts au Paris FC la saison dernière) qui est devenu en une soirée LE motif d'espoir pour tout un peuple sang et or qui n'en peut plus des maladresses d' Edouardo et de Maoulida. Au petit jeu des ressemblances, on a cru également reconnaître un petit air de Christophe Lemaitre. Du coup, on est super curieux de découvrir le skyblog du nouveau prodige belge histoire de renouveller enfin nos plans dragues calqués depuis trop longtemps sur la rencontre Tony Vairelles-Sophie Talmann.
