L1 - Les 11 types de la 8ème journée

Écrit par Emmanuel Raide, Julien Mulao, Stéphane Deneits
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L’OM l’a rappelé la semaine passée, la Ligue 1 n’est pas taillée pour la Premier League. Parce que la Ligue 1 vaut bien plus que n'importe quel championnat avec des effectifs pleins de stars, avec des pelouse impeccables et ses supporters privés de stade à la moindre crise de nerfs. La preuve avec les 11 types de la huitième journée qui consacrent, à l’image du classement en championnat, des losers, des crétins et des inconstants de première classe.

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Gardien

Steeve Elana (Brest)

elanaForcément, une équipe qui prépare chaque match de Ligue 1 en décernant à l’un de ses membres une Coupe du Couillon ne pouvait que gagner la reconnaissance d’un webzine comme le nôtre qui prend la crétinerie très au sérieux. Surtout quand celui qui s’autoproclame « Roi des Couillons » réussit à mettre sous l’éteignoir ses adversaires du soir, au premier rang desquels il faut trouver un vis-à-vis à qui on a pu envoyer le titre de « meilleur gardien du monde qui s’en fout ». Du coup, on a tout fait cette fois pour trouver au plus vite à Steeve Elana une place parmi les 11 types. Quand bien même David Ospina est en train d’aligner les plus belles performances du moment avec Nice. Quand bien même Hugo Lloris sauve l’OL d’une crise plus profonde sur le synthé nancéen. Quand bien même Vincent Planté mériterait qu’on publie ses carnets secrets de gardien en détresse. Entre ici Steeve Elana et ton couillon cortège…

Défenseurs

Rudi Mater (Valenciennes)

materParfois, l’exercice des 11 types vire au jeu de massacre. D’autres fois, il peut se révéler tout aussi cruel lorsqu’il faut choisir un type quand deux mériteraient largement d’y apparaître. Il en va ainsi du côté droit valenciennois qu’anime le duo Mater-Ducourtioux. L’un comme l’autre y est allé samedi à Nungesser de sa (longue) passe décisive qui pourrait servir à tous les Sagna du monde de petite leçon au chapitre « La qualité de centre ». Surtout lorsque devant Pujol et Samassa peuvent en profiter pour confirmer contre toute attente leur qualité d’attaquants ultra-décisifs au milieu d’une défense normande un rien spectatrice. Soit autant de preuves qui suffisent à leur décerner le titre du meilleur côté droit de Ligue 1. Pour cette huitième journée, hein...

Alvaro Mejia ( Arles-Avignon )

meijaOn aurait pu citer Sébastien Piocelle, son coup de sang et sa charge prolétaire sur le ton de "On est pas des mercenaires..." comme pour rappeler que dans ce club à nul autre pareil, les vrais privilégiés seraient presque plus nombreux dans les tribunes. Mais le défenseur central espagnol, résume à lui seul la lose intégrale du club sudiste. Ce mec a quand même connu le Real Madrid, même briévement. Il est passé ensuite par des années de galère, de blessures et de baisse de niveau. Mais il sait qu'un autre monde existe, un monde où les passes sont assurées, où le pressing est autre chose qu'une promenade de santé. Un monde où on a le droit d'empêcher l'adversaire de marquer. Alors, le voir se fracasser les côtes ainsi sur son propre poteau, être emmené sur une civière, pour finir sa soirée aux urgences d'Avignon, entre un accidenté de scooter et un coma éthylique, a quelque chose de pathétique. On imagine en plus sa tête, quand il a dû ensuite apprendre le score et réaliser que Roy Contout avait inscrit un but. A la place de son agent, on changerait de numéro de portable.

Mickaël Ciani (Bordeaux)

cianiPuisqu'il était écrit que pour Mickael Ciani, tout foutrait le camp en 2010, autant essayer de conjurer le mauvais sort. Pas de Coupe d'Europe à disputer, une place de titulaire en équipe de France d'ores et déjà squattée par la paire Mexès-Rami. Bref, le solide gaillard de l'arrière-garde girondine n'a désormais d'autre choix que de se mettre en évidence. Quitte à donner dans le spectaculaire en sortant un match énorme qui en fait quelque chose comme le meilleur défenseur de L1 - ou pas loin quand Diawara s'y met lui aussi. Ou en allant planter un but qui assure les trois points à son équipe. Pour une fois, Ciani a choisi la seconde solution, au prix d'une frappe lobée des 35 mètres, sur une récup' et relance plein axe qu'il s'est chargé de mener tout seul. Quinze jours après les prouesses sochaliennes, voilà un nouveau petit bijou qui appelle le grand retour de Frédéric Jaillant et feu son "Top buts". 

Reynald Lemaître (Nancy)

lemaitre(par Kévin, notre stagiaire de l’été indien) Coup d’arrêt brutal pour la nouvelle star française des pistes d’athlétisme ! Le nouveau recordman de France du 100 mètres a complètement manqué sa rentrée en s’alignant au départ du 20 mètres sur le synthé de Marcel-Picot samedi soir. A deux reprises, c’est Jimmy Briand qui lui a mis trois mètres sur départ lancé, avec sur la seconde course une passe décisive qui envoie Lisandro marquer son premier but de la saison. Plus inquiétant, en seconde période, il se fait surprendre par Jérémy Pied qui donne l’occasion toujours au même Briand de tromper une première fois Bracigliano de la tête. Une surprise ? Pas vraiment pour Marc Raquil que j’ai joint dans l’après-midi au téléphone pour en savoir un peu plus : « C’est vrai qu’un peu comme moi, le vrai point faible de Lemaître, c’est son départ. » Un temps de réaction dans les starting blocks que Pierre Carraz et Pablo Correa ne manqueront pas de faire travailler à leur protégé surdoué pendant la semaine de trêve internationale qui arrive.

Milieux

Kevin Anin (Sochaux)

aninLe temps de coller une rouste à une RC Lens à la dérive, et voilà le FC Sochaux qui vient se caler à la sixième place. Pour une équipe promise à jouer la rélégation, le classement est flatteur. Dans ce qui constitue l'une des plus jeunes escouades de Ligue 1, une tête s'est mise à dépasser samedi, celle de Kevin Anin. A 24 ans, le Normand de naissance fait parler sa vista depuis le début du championnat, s'imposant comme l'un des fers de lance de la jeune bande doubiste-mein-Freund. Pour un joueur issu du ventre mou de la Ligue 2, au sein de son club formateur du Havre, la performance est belle. Le public sochalien ne s'y est pas trompé en le désignant meilleur joueur du mois de septembre avec 25,1% des suffrages. S'il continue sur sa lancée, Anin risque d'en surprendre plus d'un, notamment sur le plan physique. Car Kévin n'est pas du genre à se débiner : en atteste ses deux titres de champion de Normandie de boxe française. On est loin de l'image d'un Pedretti taillé comme une brindelle sous son maillot au lion.

Bruno Grougi (Brest)

grougiPour peu qu’à la façon de Pierre-Louis Basse, on aime renifler l’air du Stade Bauer en pensant pouvoir encore tomber sur les derniers restes d’une certaine classe (ouvirère) et s’émouvoir de ces visages joyeux d’enfants du métissage, on jurerait avoir déjà croisé des meneurs du calibre de Bruno Grougi sous les couleurs de l’US Pontivy ou du FC Mulhouse. Autrement dit, un milieu largement au-dessus de la moyenne de la CFA, mais que la carrure poids-mouche léger léger condamne sitôt la sortie d’un centre de formation à s'en aller grenouiller sous des maillots barrés « Géant Leclerc » ou « Le Joint Français ». Heureusement, à la faveur d’un tour de Coupe de France ou d’une sortie du purgatoire de la L2, des types comme Bruno Grougi tiennent l’occasion de venger cette armée de l’ombre, renvoyée dans le semi-anonymat des terrains bosselés de la Porte de Saint-Ouen, lorsqu'ils parviennent à se hisser jusqu'en L1. Avec son but décisif hier sur la pelouse de Louis-II – qui a d'ailleurs quelque chose à voir avec la CFA question affluence – et ses prestations de très belle tenue depuis le début de saison, Grougi est en train de creuser à son tour un genre de sillon qui devrait l’amener à squatter la Ligue 1 pour quelques saisons encore. Quelque part entre Eric Carrière et Laurent Courtois.

Nenad Kovacevic (Lens)

kovacevicDans le championnat de la médiocrité que se disputent à distance Arles-Avignon et Lens, les Sang et Or ont prouvé hier soir qu'il faudrait compter sur eux toute la saison. Comme l'a démontré l'agacement et la colère froide de Jean-Guy Wallemme en fin de match, les Lensois auront sans doute du mal à trouver des ressources pour repartir du bon pied, tant ils semblent plongés dans l'apathie profonde. Heureusement, ils pourront bénéficier de la fougue de leur milieu serbe, Nenad Kovacevic. Celui-ci, soucieux d'apporter aux observateurs du football français leur lot de stéréotypes, a donc joué le rôle du Yougoslave ingérable en tentant de provoquer une bagarre avec son coéquipier Yohan Démont, ne récoltant pour son geste méritoire qu'un triste carton jaune. C'est bien une médaille qu'il aurait pourtant fallu lui décerner pour avoir secoué les puces à celui qui symbolise, peut-être malgré lui, tout ce qui rend le RC Lens insupportable. La coupe de cheveux improbable, la fidélité à un club de coeur qui cache en fait l'incapacité à trouver un autre employeur, les insuffisances techniques et l'impression irrémédiable que ce club ne se sortira jamais de son folklore, ses corons et son titre de champion qui date déjà de onze années. Parce que derrière chaque cheveu de Yohan Démont se cache autant Gervais Martel que les trompettes de Bollaert, on remercie Kovacevic.

Attaquants

Jimmy Briand (Lyon)

briandPlutôt que de donner dans l’agit’ prop’ en recouvrant Lyon de banderoles « Puel démission ! » dès potron-minet, les supporters lyonnais feraient de s’intéresser d’un peu plus près au cas Briand pour comprendre le mal qui ronge le début de saison leur club de cœur. Car l’air de rien, Jimmy, plutôt que de passer à l’étape supérieure comme il entendait le faire en débarquant entre Saône et Rhône, reste le (bon) joueur de Ligue 1 qu’il a toujours été du côté de Rennes. Soit un type capable de pourrir le rythme de son équipe qu’on imaginait pourtant taillée pour le haut du tableau en se révélant incapable de concrétiser une flopée d’occasions XXL. Avant de sortir d’un déplacement à Marcel-Picot dans la peau d’un MVP en puissance, affolant sa ligne de stats au passage – deux buts, une passe décisive. Une façon comme une autre d’annoncer que la Saison 3 de Puel sera rennaise ou ne sera pas.

Dimitri Payet (Saint-Etienne)

payetEn voilà en qui est sur un nuage. Et qui squatte notre onze idéal. Et à juste titre. Meilleur buteur du championnat, convoqué chez les Bleus, sous les feux des projecteurs, le Réunionnais est l'homme de ce début de saison. Certes, Dimitri n'a pas scoré hier soir. D'accord, il n'a pas été en grande réussite sur les coups de pieds arrêtés, sa spécialité. Mais pour le reste, ce fut du grand art. Disponibilité, justesse, vista, Payet a grandement contribué au retour des Verts dans leur course poursuite avec les Marseillais. On gardera en mémoire sa superbe passe à l'aveugle pour Matuidi, amenant l'égalisation de Battles. Une fragance zidanienne a flotté sur Geoffroy-Guichard ce week end. Le seul hic, qui risque de freiner la probable progression de Payet chez les Bleus, c'est la présence d'un Malouda indéboulonnable au même poste d'offensif gauche. Laissons pour le moment Dimitri s'éclater chez les Verts et essayer de porter son équipe vers les sommets de la Ligue 1. 

André-Pierre Gignac (Marseille)

gignacCa y est, il a enfin décroché la caravane. Auteur de son premier but sous ses nouvelles couleurs, Dédé a permis aux Marseillais de repartir de Geoffroy-Guichard avec un point précieux. Pour comprendre comment trois jours seulement après sa performance calamiteuse à Stamford Bridge le taurillon de l'Etang de Berre a réussi retrouver le chemin des filets, la cellule Enquêtes et Investigations de les3points.com a dû activer ses réseaux pour trouver réponse à l'énigme. D'après nos informations, le joueur aurait passé la journée de jeudi dans la commune de Seiches-sur-le-Loir (49), au lieu dit Le Bré. Implorant les cieux, une relique de Sainte Sarah à la main, psalmodiant jusqu'à la transe des paroles de Chico and The Gipsys, Gignac a prié. Prié pour les grands esprits du football se rappellent de lui samedi à Saint-Etienne. Apparement, l'oracle de Bré a été efficace, puisque le Jésus marseillais, Lucho Gonzalez, a su capter l'offrande divine survenue à la 27ème minute, permettant à Dédé d'infliger l'extrême onction à Jérémie Janot. Pas verni sur le coup, c'est vrai. Comme quoi, les dieux gitans sont capables de faire bien plus que n'importe quelle balivernes évangéliste à base de capoeira.

Dernière modification le Lundi, 04 Octobre 2010 21:48

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire COVP Jeudi, 07 Octobre 2010 09:34 Posté par COVP

    Ah enfin ! Vincent Planté est au moins cité dans les potentiels onzetypables. Quand je pense qu'à la 6ème journée il a fait un coup du sombrero dans sa surface et encaissé 3 (ou 4?) buts... Des comme-ça même en Bundesliga ils n'en ont pas.

    Toi aussi, rejoints les comités pour la onzetypisation de Vincent Planté.

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  • Lien vers le commentaire Brice Mercredi, 06 Octobre 2010 14:12 Posté par Brice

    C'est où Nordeaux ? :D

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