
Gardien
Lionel Cappone (Lorient)
Aligner un joueur au patronyme aussi évocateur contre des Corses, c’est reconnaître ce qu'on ne croyait plus possible : Christian Gourcuff aussi peut avoir de l’humour, en dépit de l'air un rien Droopy qu’il trimballe à chaque conférence de presse.
(La Rédaction: On nous fait signe qu'il joue maintenant à Brest, du coup c'est moins drôle. pour une fois qu'on arrivait à rivaliser avec L'Equipe)
Défenseurs
Benoît Trémoulinas (Bordeaux)
Un déboulé côté gauche, le but d’un Yohan, le tout un dimanche soir : le temps d’une soirée, on se serait cru revenus deux ans en arrière à Chaban-Delmas. De quoi revoir subrepticement le sourire de Jean-Louis Triaud. Enfin, juste avant que Dugarry ne vienne mettre un énième tacle au président. Les primaires girondines ont commencé. Si le CSA n'y voit pas d'inconvénient, on veut bien se proposer pour organiser un débat entre les deux hommes...
Aldo Angoula (Evian TG)
Le défenseur de la team Danone à tout d’un blockbuster américain. Un blaze qui claque suffisamment pour se faire la tournée des casinos du lac Léman cigare à la main avec Sydney Govou au bras. Et une carrière qui l’a emmené des divisions obscures de la banlieue rouennaise à cette prestation taille patron qui a su faire perdre les pédales à toute l’armada lilloise un samedi soir sur Orange.
Cris (Lyon)
Encore un symbole de la crise que notre monde traverse. Faute de moyens suffisants, l’OL est contraint de reculer l’âge de la retraite pour le défenseur brésilien qui commence sérieusement à rouler sur les jantes. En son temps, un grand homme d’Etat avait fait valoir ses droits à la retraite avant la date fatidique. Il disait : « La vieillesse est un naufrage.» Après l'affaire Neyret, c'est un sale coup de plus porté à la dignité de la police lyonnaise.
Aly Cissokho (Lyon)
Un but contre son camp, un pénalty offert, le tout à Peugeot Land. Les occasions du Lyon c’est aussi en novembre…
Milieux
Mohamed Sissoko (Paris Saint-Germain)
Après les arabesques de Javier Pastore pendant l’été indien, les Parisiens ont sorti leur arme anti-crise de novembre : du tacle rageux à hauteur des genoux, des coups d’épaules qui déménagent comme chez les Bretons et même un but. Le tout pour moins de huit millions d’euros. Pour Antoine Kombouaré, il y aura toujours des joueurs besogneux. Et pour le reste, il y a Qatar Sports Investments.
Frédéric Bulot (Caen)
Preuve qu’il y a une vie après Monaco. Avec un but et deux passes décisives ce week-end, le jeune franco-gabonais a pu exorciser son exil forcé loin de la Principauté, de ses casinos et des coiffures dégueulasses de Marco Simone. Le tout face à ces salauds de promus dijonnais qui ont pris la place des gars du Rochers cette saison en Ligue 1. Les Indignés pouvaient bien bloquer Monaco le temps du G20, Bulot a su remettre les choses en place depuis la Normandie. Ce qui pour toute la clique alter ressemble à quelque chose comme le drame du Hessel. Bulot indigne ? Et vous ?
Yann Jouffre (Lorient)
Jouffre et la pelouse synthétique, c’est un peu la grande histoire d’amour de ce début de championnat. Premier joueur à marquer sur cette surface en France, le maréchal Jouffre n'en finit plus de confirmer son idylle avec les brins de plastique le temps d'une frappe bundesliguesque et d'une passe décisive lunimeuse. Au pire, s’il devient tricard dans le Morbihan, il sait qu'il pourra toujours trouver un point de chute à Nancy.
Attaquants
Daniel Niculae (Nancy)
En Lorraine, on a inventé un concept :la Niculae-dépendance. Pour l'instant, chaque but décisif du Roumain pèse une victoire pour le club au chardon. Autant dire qu'on n’a pas fini de trembler pour la relégation en Lorraine. Du moins, du côté de celle qui n'est pas grenat.
Loïc Rémy (Marseille)
Rémy a conclu le troisième succès consécutif des Marseillais par une panenka. D’accord, à la dernière seconde du temps additionnel, la pression du loupé est moins à craindre. Mais la réussir face à ses anciens coéquipiers, avec le risque de voir Renato Civelli vous courir après dans les couloirs du Vélodrome crampons à la main, c’est couillu.
Umut Bulut (Toulouse)
Comme Robinson Crusoé sur son île, le Turc compte les jours avant qu’on vienne le libérer de l’attaque toulousaine où il est retenu captif. Quelquefois, comme un motif d’espoir, il voit passer des ballons au loin. Et puis il pleure en découvrant la joie de tout un club qui célèbre un match à zéro but comme le retour, le vrai du fond de jeu téféciste et repart d'Auxerre avec la satisfaction du devoir accompli. Celui d'avoir pris le point du bonus défensif.
Coach
Alain Casanova (Toulouse)
Dans la quête du zéro absolu, le Téfécé a franchi un nouveau cap lors de cette 13ème journée. Un rendement minimum pour un résultat optimum, l'éthique casanoviste est en train de payer. Autant dire une belle leçon qui doit désormais inspirer non seulement le monde du football à la veille du fair play financier, mais aussi et surtout les économistes du monde entier à qui il revient désormais de de retranscrire le jeu du TFC au monde des finances. Soit un fond de jeu de division district qui se hisse à la sixième place de Ligue 1... Un peu comme si l'on pouvait décrocher un triple A avec un PIB somalien. La révolution casanoviste, voilà l'avenir.
