Les 11 types de la 20ème journée de Ligue 1

Écrit par Emmanuel Raide, Arnaud Châtelain & Jean-Seb Peru
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Les agences de notation du foot européen sont formelles : en 2012, la Ligue 1 va enfin devenir sexy. D’une part, on s’en fout pas mal vu qu’on ne sera plus là en décembre prochain pour en parler. D’autre part, on n’a pas attendu Carlo, Léo et Al-Jazzera pour savoir que la L1 était de loin le plus grand championnat du monde. On a même 11 types pour le prouver.


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Gardien

David Ospina (Nice)

ospinaDans notre Top 10 des leçons apprises devant Jour de Foot, on a décidé de placer en n°6 celle-ci : « Si tu veux voir de beaux arrêts, attends le résumé du match de Nice. » Certes, comme le veut cette idée qui se partage jusque sur la page wikipédia du club, le Gym s’y entend mieux que la moyenne des clubs de Ligue 1 pour sortir de bons gardiens. Jusqu’à se rappeler que pour un Lloris ou un Letizi, on a aussi eu droit à Valencony et Grégorini… Disons plutôt que c'est là le privilège d’un club qui se traîne depuis une bonne quinzaine d’année des défenses à la ramasse, à même de faire graviter leur équipe dans le fond du classement et d’abonner ses gardiens au coup d’éclat permanent. Résultat, malgré des défaites en série, Ospina peut sortir un des plus beaux arrêts aperçus depuis le début de la saison sur cette frappe à bout portant de Ben Basat. Et continuer ainsi à squatter avec une belle régularité parmi les 11 types.

Défenseurs

Kurt Zouma (Saint-Etienne)

zoumaOn n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. En revanche, on peut avoir bien plus d’amis poètes que Rimbaud à son âge grâce à Facebook. Lesquels se sont retrouvés de manière spontanée sur le mur du joueur après sa tête bien sentie pour former un cercle de poètes d’un nouveau genre, zoumaniaque dirons-nous. Visiblement, les mecs en veulent plus à Charles Cros qu’à Pierrick. Anthologie.

« Zouma zouma à mit la tête zouma zouma il à marker zouma zouma à fait gagner les verts zouma zouma le 33 ces un danger ces un danger »

« ON A GAGNER - ON A GAGNER !! / ON A MARQUER - ON A MARQUER / ZOUUUMAAA - ZOUUMAA mdr »

« merci kurt pour se jolie but que tu leur a mie allez lzs verts »

Fousseiny Diawara (Ajaccio)

diawara

Prenez n’importe quel supporter, il vous affirmera preuve à l’appui que son club joue depuis toujours seul contre tous. Au point d’oublier qu’il y a régulièrement en L1 des équipes qui jouent seules contre l’étiquette qu’on a bien voulu leur coller. Celle du souffre-douleur officiel du championnat chez lequel il n’y a qu’à se ramasser pour prendre les points qui traînent. Le GF 38 et Arles-Avignon viennent de passer par là, avec les dommages que l’on sait. Plutôt que de se résoudre à subir le même sort, l’AC Ajaccio est en train de livrer une des plus jolies leçons aperçues cette saison en Ligue 1. Celle du club en lutte. L’image est trop belle pour ne pas entendre déjà certains donner dans le déterminisme culturel où l’insularité et l’honneur ont vite fait de faire du joueur corse un type plus disposé que ses collègues du continent à prendre le maquis. Pour peu qu’on suive pareil raisonnement, il faudrait voir dans la  descente de Lens une preuve supplémentaire de la gentillesse légendaire des ch’tis. Et si le Racing Club de Strasbourg est aujourd’hui porté disparu, c’est parce que l’Alsace, c’est pas vraiment la France ? Trêve de raccourcis fumeux : la lutte des Ajacciens reste avant tout l’une des histoires les mieux partagées d’une certaine idée du foot français, de Gueugnon à Martigues en passant par Brest ou Lorient. Ce que le coup de boule victorieux de Diawara est venu rappeler à sa manière.

Aurélien Chedjou (LOSC)

chedjouSale temps pour Aurélien Chedjou. Non seulement il regardera la CAN en streaming - comme tout le monde, en fait -, mais il doit en en plus jouer pour deux histoire de compenser la présence (?) de David Rozenhal. Ça déprime sévère à Lille en ce début d'année, dans un vestiaire qui avait déjà perdu ses plus gros déconneurs à l'intersaison (Rami et Gervinho) et qui voit aujourd'hui Obraniak aller chambrer Paganelli en Gironde. Quelque chose nous dit que Jelen, Basa, Pedretti et Payet, c'est pas forcément les rois de la vanne... Doit-on y voir un rapport avec le visage pas folichon que présente le champion en titre, comme si le plaisir du jeu l'avait déserté ? Allez les Dogues, plus que onze mois à tirer et on n'en parle plus... 

Mariano (Bordeaux)

marianoQue ce soit en Gironde ou ailleurs, les Brésiliens qui débarquent en Ligue 1 plein hiver ont un nom raccord avec leur niveau de jeu : des joueurs d’opérette. Après Dédé la saison dernière, on a forcément reniflé l’arnaque avec Mariano et son patronyme « qui chante-iiiii ». Surtout s’il rapplique avec le titre meilleur latéral du championnat brésilien. Tous ceux qui ont lu la biographie de Bernard Mendy (Comment j'ai déposé Roberto Carlos) ou un jour tapé « latéral + brésilien » dans Google traduction savent ce que cela signifie ramené à la réalité de la Ligue 1 : Michel Bastos. Et puis, soyons sérieux, un mec qui pense trouver le chemin de la Seleçao en venant à Bordeaux, c’est aussi crédible qu’Umut Bulut qui viserait le Barça en passant par le 8-1-1 casanoviste. Improbable. Comme le fut cette première titularisation marquée par une série de montées allumées, avec petit passage en revue de la défense valenciennoise et une première passe décisive. Résultat, à peine arrivé, voilà que luit Mariano…

Milieux

Mohamed Sissoko (Paris Saint-Germain)

sissokoC'est vrai qu'on a eu peur au début. Un mec qui n'avait pas joué depuis huit mois à cause de belssures à répétition, même avec un CV impeccable, c'était louche. Et puis vinrent les premières prestations pourraves en UEFA et championnat. Constamment dépassé dans les duels, trop brutal dans ses interventions, on s'est dit que Matuidi serait titulaire à l'aise (Blaise) ne laissant à la menace Chantome et la grande gigue du Bodmer le soin de se disputer la dernière place à prendre en relais. Jusqu'à ce que Momo se remette à faire la loi, du genre de celle qu'il pouvait dicter chez la Vieille Dame indigne. Aujourd'hui incontournable, Sissoko est partout, tenant la baraque quand Pastore est moins bon et quand Menez oublie de revenir. Précieux à la relance, intraitable dans le jeu aérien, ne manque plus qu'un but pour devenir le futur chouchou du Parc. Un conseil à modesty Blaise : file sur poupéevaudou.com et trouve quelques épingles sur phildar.fr. Non, parce que là, ça commence à sentir le sapin. Et on ne parle pas seulement de celui dessiné par Carlo.

Geoffrey Dernis (Montpellier)

dernisEn début de saison, on se demandait s’il y avait encore de la place en Ligue 1 pour le syndrome Mickaël Pagis. Soit un joueur qui attend d’avoir un début de calvitie une fois la trentaine entamée pour provoquer l’admiration à coups de gestes que n’importe quel morveux speedé ne réalisera peut-être jamais. Depuis le test cardiaque raté de Steeve Savidan et la noyade à l'eau d'Évian de Leroy, on s’était dit que c'était fini. Jusqu’à ce que Geoffrey Dernis ne se mette à occuper une place de titulaire dans le milieu montpelliérain. On a d’abord parlé du brin d’expérience pour encadrer la classe montante de Saihi et de Belhanda. Quitte à oublier qu’il avait quand même renvoyé Estrada sur le banc. Ce qu’il a tenu à rappeler en distribuant au millimètre et tête haute le jeu de son équipe, avec une passe décisive lumineuse dans le lot. Dernis peut bien avoir pris sa retraite internationale dans un grand moment de lol, sa classe du moment, elle, n’en a peut-être jamais été aussi proche…

 

Eric Tié Bi (Evian TG)

tie-bi

Thierry Henry s’est donc chargé d’inscrire lui-même la ligne qui manquait à sa statue de bronze l’espace d’un enroulé du pied droit envoyé en 32ème de FA Cup cette semaine. « Légende », « mythe », « héros » : on aura tout entendu sur ce retour, celui qu’on affectionne tout particulièrement dans les téléfilms diffusés par M6 certains après-midis pluvieux – où un vieux champions de hockey fait traverser à son rejeton tous les Etats du Midwest en pick up avant de s’en aller gagner une dernière fois la Stanley Cup. Une histoire à faire tellement pleurer dans les chaumières qu’on en a oublié le retour d’une autre légende bien trop vivante pour être statufiée : Pablo Correa. Sorti de sa retraite par les dirigeants d’Evian TG, l’ex-coach au Chardon ne s’est pas fait prier pour marquer de son empreinte cette 20ème journée de Ligue 1. Une équipe qui parce qu’elle veut jouer se retrouve à la ramasse, un jeune milieu tout juste entré qui ne met que 10 minutes pour se faire exclure pour une faute cradingue et une défaite sévère sur une pelouse qu’on appelle Gaston-Gérard. On est prêt à prendre les paris, mais le club savoyard pourrait bien avoir quelque chose de ton Nancy, Pablo…

 

Attaquants 

Nenê (Paris Saint-Germain)

neneAprès ce match contre Toulouse, tous nos confrères ont pointé cette évidence toute bête. Celle qui veut qu'après des mois de compétition, la plus grande star parisienne ne soit pas le jeune prodige argentin aussi génial qu'inconstant, ni l’Apollon urugayen incapable de jouer un ballon sans avoir recours aux shoulder blocks des meilleurs catcheurs US, et encore moins la crête au gel en mode renard du côté droit. Non, la star du club, c’est Nenê, et ce depuis 2 ans déjà. Des mollets taillés comme des allumettes, des dents trop longues, mais trois classes au-dessus des autres. Samedi soir, l'autre Nenê chéri a planté deux fois, avec de la réussite certes sur le premier, mais ce crochet ultra tranchant sur le second. Plutôt que les deux buts, on aimera pour longtemps encore ce centre de l'exterieur et les quelques passes magiques vendangées par Gameiro et Pastore. Visiblement, il y en a un que le passage de Ronaldo au Camp des Loges semble avoir inspiré...

Brice Jovial (Dijon)

jovialCannes, Charleroi, Namur, Moissy-Cramayel, Le Havre, Dijon… Non, ce n’est pas la liste des villes-étapes du prochain Tour de France promises à Cavendish, encore moins celle des quelques municipalités ciblées par la Cour des Comptes pour leurs emprunts toxiques. C’est le parcours de Brice Jovial qui mériterait presque à lui seul son édition spéciale du Routard. De ce tracé qui ne file pas droit sur une carte de France, celui qu’on a fini par surnommer Darchelight pour une vague histoire de ressemblance en a gardé deux choses : une intensité de tous les instants qui, certains soirs, lui permet de sortir un doublé et de graviter parmi les meilleurs buteurs du championnat ; cette drôle de certitude qu’il pourrait bien gratter une place en équipe de France d’ici le printemps prochain. Jovial dans les 23 ? Et pourquoi pas Cédric Barbosa tant qu’on y est ? Ben justement, parce qu’au cas où tu ne l’aurais pas vu, Gameiro est peut-être bien parti pour roupiller ces prochains mois sur la banquette que vient de lui aménager Ancelotti…

Olivier Giroud (Montpellier)

giroudOn a appris à reconnaître les « footballeurs pour footballeurs » (Grégory Schneider) pour ces quelques types pleins d’abnégation et avec ce qu’il faut de talent pour n’être appréciés à leur juste valeur que par leurs pairs. Olivier Giroud occupe une classe tout à fait à part de joueur en L1 dont il serait le seul et unique représentant, celle du joueur pour Laurent Blanc. Une sorte de grande tige qui aimante le moindre ballon balancé par dessus le milieu de terrain et joue de la déviation à merveille pour ses coéquipiers. Sa prestation de samedi fut un modèle du genre, ponctuée par un déboulé tout en puissance côté droit dans le dos des rookies de la défense lyonnaise et qui finit entre les jambes de Lloris. Bien plus que la soirée d'Aulas et ses sbires, c'est sans doute celle de Hoarau que la montagne grenobloise a définitivement torpillée, renvoyé désormais au rang de lofteur par Carlo Ancelotti qui a décrété que le PSG pourrait se passer d’un n°9. Un message d’espoir en revanche pour Gourcuff qui, depuis la tribune de la Mosson, calé à côté du sosie officiel de Marielle de Sarnez, a eu la confirmation qu’il pourrait y avoir une vie après Marouane Chamakh. 

Dernière modification le Mardi, 17 Janvier 2012 09:33

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Salles de Gym Toulouse Jeudi, 26 Janvier 2012 22:02 Posté par Salles de Gym Toulouse

    Nous avons toujours eu de grand joueur en Ligue 1, le problème qu'on a par contre, c'est qu'on ne parvient pas à les garder... mais beaucoup vienne de nos centres de formations et de notre championnat si critiqué.

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