Gardien
Steve Elana (Brest)
Y a des matchs comme ça qui mériteraient un score négatif. Le AC Ajaccio/Brest reste dans la grande tradition de la Ligue 1 et qui fait sa réputation : un bloc-équipe et une équipe limitée en face qui essaye de le contourner. Et puis si ça ne suffisait pas, il reste Steve Elana pour arrêter les penaltys. Ce dernier a visiblement compris qu’avec le départ de Nolan Roux, tous les espoirs bretons de battre le record du nombre de matchs nuls d'ici la fin de saison reposent sur lui. 14ème nul de la saison pour les partenaires d'Elana. Le record à 20 est parfaitement atteignable. Allez, on compte sur vous !
Défenseurs
Henri Bédimo (Montpellier)
Le latéral gauche est en feu en ce moment. Mais Bédimo, c'est aussi un parcours qui illustre à la perfection une certaine mutation du foot français. Celle qui voit les clubs de villes un peu étudiantes, bourgeoises, capitales de région où le foot a toujours été relégué dans un stade de périphérie, se mettre à squatter le haut du pavé en travaillant plus intelligement que leurs voisins cassos (Lille, Rennes, Lyon, Montpellier..). Alors que dans le même temps, les vieux clubs de sous-préfectures - Lens d'où est arrivé Bédimo, mais aussi Saint-Etienne, Sochaux - disparaissent avec leurs stades au taux de remplissage assuré à 80 % toute la saison grâce à leurs 90% de places à 5 euros (abonnements déduits directement sur la fiche de salaire). Un coup de savate de plus contre la France qui souffre.
Mathieu Debuchy (Lille)

Debuchy est sûrement bionique. Debuchy est fidèle à son club depuis qu'il peut traverser la rue tout seul. Debuchy peut jouer partout. Debuchy était un grand compositeur et avait sa tête sur les billets de 20 francs. Debuchy ne partira jamais au PSG même pour 40 millions d’Euros. Debuchy construit le grand stade à lui tout seul. Debuchy marque des buts importants. Debuchy est Lille.
Willy Boly (Auxerre)
C’est bien connu, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures recettes. Un dicton ancestral qui va bien avec Auxerre et Guy Roux. Pour sauver ce qui peut l’être dans la Bourgogne profonde, les auxerrois sont prêts à tous les subterfuges, même à faire jouer des joueurs homonymes qui rappellent la belle époque.
Alex (PSG)
Larqué avait tiré à boulets rouges sur la venue d’Alex. Le brésilien lui a répondu en envoyant un boulet avec un ballon rose. Après ses errements sur le cas Arsenal qui sentaient bon le logos d’Alain Soral, l’acolyte de Thierry Roland n’en finit plus ses incantations fantaisistes. L'ex-remplaçant de Chelsea a expliqué avec beaucoup de pédagogie d'où lui venait son surnom - le Tank. Une égalisation sur coup franc par une frappe d'une violence inouïe que Dugarry n'a pu expliquer rationnellement que par la forme du ballon et le taux d'humidité de l'air. Au delà de ça, Alex a bien muselé Giroud et les différents assauts héraultais. Sorti sur blessure et remplacé par Lugano qui a prouvé sur le second but qu'on devrait le surnommer "le Fenwick".
Milieux
Kevin Anin (Nice)

Maman,
Je t’écris depuis ma clinique de repos sur la promenade des anglais. Les messieurs habillés en rouge et noir sont très gentils avec moi. Le brave Renato me redonne goût à la vie en m’apprenant à prendre le ballon tout en brisant un protège-tibia. Malheureusement, les séances de groupe ne durent jamais très longtemps à cause qu’on doit chercher les ballons envoyés dans la Méditerranée par Mouloungui qui travaille sa finition devant le but.
Gros bisous.Ton Kevinou.
Younes Belhanda (Montpellier)
Pendant un court instant, Belhanda a été le héros de toute une France qui souhaitait que le Paris SG et sa richesse insolente se vautre en beauté dans son stade devant les paysans ramasseurs de poubelles du sud. Egalisant juste après le but d’Alex, facile dans l’entrejeu, le franco-marocain aura juste perdu le ballon sur le deuxième but parisien. La révolution prolétaire attendra…
Pantxi Sirieix (TFC)
Pour une équipe comme le TFC, il fallait trouver un baromètre atypique. Après la démonstration toulousaine à Nancy, on a enfin trouvé le joueur clé du légendaire 8-1-1 des bords de Garonne. Aussi inconstant que son équipe, le basque peut marquer d’une frappe sèche à 20 mètres, comme courir toute la soirée sans faire une passe propre. Un jour, il aura sa statue devant le stadium.
Attaquants
Banel Nicolita (ASSE)
Il faut bien avouer qu’avec un blaze pareil, on était pas franchement convaincu par le flair de la cellule de recrutement stéphanoise. Ca sentait bon la roulotte avec « Mamy Blue » dans l’auto-radio. Mais force est de constater que depuis que le roumain se les gèle dans le Forez, les Verts sont injouables. Si ses performances ne faiblissent pas, il réussirait l’exploit d’être le seul rom à qui on demande de rester.
Gael Kakuta (Dijon)
Pas une semaine sans que le joueur prêté par Chelsea ne noircisse la presse de ses actions. Balladé à tous les postes offensifs par un Carteron bricoleur, l'international espoir optimise au maximum son exil loin de la capitale britannique. Finalement, si un club bourguignon devait rester en Ligue 1, il se peut que Dijon déjoue les pronostics de départ.
Jeremy Menez (PSG)

Probablement motivé par le reportage sur lui le matin même à téléfoot, Jérém' l'a joué comme en bas de son immeuble à Vitry. A gardé trop le ballon, a oublié ses partenaires, a négligé le repli défensif, a frappé 8 mètres au dessus des buts et s'est sorti les doigts du cul à 5 minutes de la fin comme si sa mère l'avait appelé pour le dîner. Quand on voit Menez jouer on pense souvent à son jumeau, Hatem qui souffre des même tares mais qui peine à devenir aussi décisif que l'homme à la crête de renard.
Gare à ne pas gamberger autant que lui. Au final, Menez a encore été décisif en signant un match moyen dans lequel s'est noyé une action de niveau mondial, double râteau intérieur qui a fait faire à Yanga Mbiwa trois fois le tour de son slip direction la Paillade. Et ça pourrait suffire à Laurent Blanc...
