1. Equipe de Montpellier
On aurait pu mettre dans ce classement Olivier Giroud, auteur d'un début de saison fracassant qui ressuscite Gignac version 2009. Ou bien Hilton, le cadeau de Labrune à Loulou. Ou bien encore Belhanda, le mec qui va relancer le débat sur la double nationalité d'ici le championnat d'Europe. Heureusement, il reste Mapou Yanga Mbiwa pour prouver qu'on peut encore être grand, black et costaud, et incarner quelque chose du futur de l'Equipe de France. Du coup, on a décidé de mettre toute l'équipe de Montpellier. Ce qui nous évitera à coups sûr de nous faire secouer à coups de "tarlouzes" ou de "mange merdes" par le cercle à lui tout seul des poètes disparus de l'Hérault.
2. Maxime Gonalons (Lyon)
Il n’y aurait jamais dû y avoir d’après Toulalan à Lyon. Jamais de type capable de tenir le milieu lyonnais à bout de bras, d’envoyer Alou Diarra sur le banc en moins de temps qu’il n’en faut pour faire oublier Essien ou Djila Diarra, de ramener quelque chose des cheap types du cyclisme français en injectant du Sardou, du Célio ou de la Cafét’ Leclerc dans le train-train bling bling du foot français. Et puis, il y a eu Maxime Gonalons, grand garçon qu’on disait trop timide, pour assurer la succession. Suffisait pour ça de réussir tout ce que le dernier grand milieu formé à la méthode canari ne savait plus faire depuis son retour déprime de Knysna : science du placement pour ne pas donner dans le sauve-qui-peut, relances bien senties qui ramènent le jeu vers l’avant et projections qui peuvent faire but. Loin des recrutements aux noms ronflants de ces dernières saisons, l’OL retrouve avec Gonalons son savoir-faire pour les bons coups. La dernière fois, c’était avec Toulalan…
3. Javier Pastore (Paris Saint-Germain)
Alors oui, nous aussi on a fait le calcul :
Zéro préparation physique
+ 1348 minutes de temps de jeu en 2 mois
x 16 allers/retours France/Argentine
Prestations en demi teinte depuis un bon mois
Mais bon, faut pas être bégueule, hein... Faut pas non plus oublier que pendant les mois d'août et septembre, on était comme tout le monde à pousser des petits cris aigües dignes d'une fan de Justin Bieber à chaque prise de balle, chaque dribble chaloupé ou chaque ouverture effectuée les cheveux aux vents, le sourire ultra bright aux lèvres. On a beau adorer Van Bommel, notre petit coeur fragile a battu lui aussi pour Javier.
4. Florent Balmont (Lille)
A Lille, on parle beaucoup de Hazard, Sow ou Cole. Mais l'homme à tout faire du LOSC est une sorte de hobbit chauve de 1,67m aux oreilles décollées. Balmont, joueur box to box, harcèle pendant 90 minutes le milieu adverse, se projette vers l'avant, dribble, organise le jeu, le tout avec l'écume aux lèvres. D'accord, Balmont c'est pas l'archétype du joueur qui fait vendre des maillots. On ne connaît pas un seul Kevin dans la banlieue de Lille qui se rêverait en futur Balmont, posters aux murs inclus. Pire, il ne connaîtra jamais l'équipe de France du haut de ses 31 ans. Mais quel bonheur de voir ce genre de joueur, modèle de "footballeur pour footballeur" pour reprendre l'expression géniale de Grégory Schneider.
5. Zoumana Camara (Paris Saint-Germain)
Auteur de prestations tout juste passables depuis son arrivée en 2007 au PSG, on ne donnait pas cher de la place de Zoumana dans l'effectif parisien version QSI. Tout juste cinquième roue du carosse qatari, loin derrière Sakho, Lugano, Bisevac et Armand. Trois mois plus tard, Camara est titulaire dans la défense parisienne, renvoyant Armand sur son côté gauche, Lugano sur le banc et Bisevac à l'infirmerie. De quoi faire hurler "Habemus Papus !" aux gars du Golfe sans avoir à craindre le retour de flamme pour la rédac' de les3points.
6. Benjamin Corgnet (Dijon)
La première fois qu’on a entendu parler de Benjamin Corgnet, c’était fin juillet. Autant dire qu’à ce moment-là, on a cru renifler l’arnaque. Celle d’un joueur qu’on se refile entre anciens copains de l’OL et qu’on fait monter de gamme histoire que tout ce beau monde en tire quelque avantage : de la CFA avec le Mont d’Azergues Foot, club tenu par le clan Giuly et dans lequel pigent les copains en attente de reconversion – comme Anselmini –, avant de filer pour Dijon coaché par Carteron. Lorsque fin août on apprend que la cellule recrutement lyonnaise animée par Florian Maurice, on se dit qu’on tient l’exemple type de l’histoire de transfert qui sent le souffre. Avant de voir enfin Corgnet à l’action et de comprendre que l’autre gang des Lyonnais a peut-être bien hérité de Bernard Lacombe ce flair qui a permis à l’OL de passer expert dans l’art de recruter malin. Un exploit qui relève d’autant plus du tour de force que Corgnet ressemble effectivement au joueur de CFA tel qu’on se le représente – pour des histoires de vitesse et de physique. Exactement le genre d’impression qu’avaient pu nous laisser des types du calibre de Grougi ou de Féret ces deux dernières saisons. Des mecs qui finissent par charmer leur monde grâce à un joli brin de technique, à l’art de savoir compenser certaines lacunes par une activité cérébrale de tous les instants, sans oublier ce goût pour les frappes lointaines qu'il faut savoir décocher sur les terrains lourds des divisions inférieures. En bref, le joueur de rêve pour tout club qui rêve de sauver sa peau en L1 quand on lui a promis mille fois la descente en début de saison.
7. Jonathan Pitroipa (Rennes)

1 mètre 76 pour 37 kilos, crampons compris. De mémoire d'ancien, on n'a jamais vu un sac d'os courir aussi vite. Entre Bakary Kone, Alain Traoré et donc l'ailier rennais, le Burkina Faso est à la pointe de la hype au pays de la Ligue 1. En attendant, si le Rouge & Noir breton paraît aujourd’hui plus stendhalien que jamais, il le doit en grande partie à Jonathan Pitroipa, modèle d’ailier électrique. Soit un joueur qui sait s’y prendre comme personne pour électriser les foules à force de courses foutraques et de déhanchés ravageurs pour les défenses adverses. Au risque d’y laisser des plumes et de confirmer la réputation de joueur sous courant alternatif qu’il se traîne depuis son passage par le Hambourg SV. Ce danger, Pitroipa donne l’impression de ne pas vraiment le mesurer. Un peu comme ces quelques types qui, comme lui, préfèrent jouer jamais loin du précipice. Qu’ils s’en sortent en sachant rester en lévitation comme Gervinho. Ou qu’ils plongent après s’être pris les pieds dans les fils à la manière de Kader « Wah Wah » Keita. Pour l’instant, Pitroipa n’en est pas encore là. Peut-être parce qu’il n’a pas encore pris conscience du drôle de vertige qu’il a réussi à provoquer en à peine trois mois.
8. Josuha Guilavogui (Saint-Etienne)
Chaque année, c’est la même chose. L’ASSE traverse l’été comme il faut en assurant ces quelques bons coups sur le mercato qui en font une équipe taillée pour jouer les trouble-fêtes en haut de tableau. Une poignée de bons résultats suffisent à croire au retour de flamme de la folie verte. Avant qu’une série de matchs ne viennent situer les Stéph’ à leur vrai niveau : encore quelques crans en dessous de l’OL. Reste que ce genre de matchs – comme les deux derniers derbys en date – servent aussi à révéler ces quelques Verts au-dessus du lot. Comme ça qu’après Gomis, Payet ou Mirallas – premier Kévin d'Or de l'histoire –, on a découvert Josuha Guilavogui. A tout juste vingt ans, la nouvelle pépite du milieu stéphanois joue comme si elle avait toujours été là. En daron. Du coup, en se montrant aussi à l’aise que Modesty Blaise, son prédécesseur au poste, la comparaison était toute trouvée. Deux milieux dont le le jeu pouvait rappeler quelque chose du grand Pat'. Où Guilavogui pourrait même l'emporter haut la main, pour son volume, sa relance et sa présence jusqu’aux abords de la surface adverse, et s'imposer comme le grand relayeur de ce début de championnat. Jusqu'à réaliser cette prophétie de la bande à Bono injustement tombée aux oubliettes : « Josuha trie. »
9. Guillermo Ochoa (Ajaccio)
Le Mexicain pris dans une affaire de dopage durant l'été a signé dans le seul club qui l'aura soutenu dans cette épreuve. D'accord, Guillermo aurait été bien inspiré de visiter les algecos d'Ajaccio avant de signer.... Histoire de ne pas figurer comme le punching ball humain officiel de ce début de saison. Après, qui ira reprocher à Ochoa de se manger trois-quatre pions chaque week-end quand le patron de ta défense s'appelle Leyti N'Diaye ? Pierre Menes avait beau railler sa signature en début de saison avec encore un de ses pronostics foireux en promettant que "le Mexicain nous fera bien rire cette saison avec ses futures cagades ! Bip bip ?! Ouais ! " Ochoa est bien l'une des trois révelations au poste de gardien de ce début de saison, avec Sirigu et Costil.
10. Alain Traoré (Auxerre)
Le tube de l'été 2011 a sensiblement ralenti la cadence depuis quelques semaines. D'ailleurs, c'est tout sauf une surprise si l'AJA enchaîne depuis lors les contres-performances et les matchs dégueulasses. Reste qu'avec ses lucarnes bien dégagées et son activité de tous les instants, Traoré a fait souffler un peu de la tornade du Djib' qui s'était emparée de l'Abbé Deschamps au début des années 2000. On espère juste qu'il ne se mettra pas en tête de brûler nos rétines fragiles à coups de défis capillaires au goût douteux...
