
Une descente en Ligue 2 peut être salement vécue. On parle bien de relégation, de mise au purgatoire. De quoi finir oublier de tous, surtout de ceux qui ne sont pas abonnés à Eurosport.En Basse-Normandie, cette expérience a surtout été vécue comme un épiphénomène. A l'exception de Savidan, c'est l’effectif qui a vécu la descente qui s'est chargé de remonter illico, jusque sur le banc de touche où Franck Dumas, sorte de Bruce Willis qui aurait abusé des escapades de Jean-Luc Petitrenaud, a vu le président Fortin lui renouveler sa confiance. Rien de bien étonnant au vu de la politique menée depuis une demi-décennie, celle d'une certaine stabilité à tous les étages qui, à défaut de se traduire dans les résultats, se traduit déjà par de belles promesses.
Malgré les remous sportifs, Caen continue de s'appuyer en effet sur un des centres de formation les plus performants, d’où continuent de sortir quelques pépites (El-Arabi, Nabab et Yatabaré dans l'effectif actuel) après avoir vu passer Rothen, Gallas, Bodmer ou Gravelaine. Ce qui étonne le plus, c'est encore ce recrutement toujours très inspiré. Les retouches apportées cette année à l'effectif restent dans la même ligne, claire et intelligente, comme en atteste l'arrivée de Damien Marcq, capitaine récup' et homme à tout de Boulogne-sur-Mer la saison passée. Après Steve Savidan, on se demande encore comment s'y prennent les recruteurs caennais pour griller leurs collègues lillois chez qui il semblait évident que ces joueurs passés par la case Nord devaient atterrir. On rajoutera à cela le prêt du cousin Gignac, Yohan Mollo, qui flambe depuis son débarquement sur les plages normandes, et de Romain Hamouma, ancienne terreur d'après Ouest France, mais du Stade Lavallois - autant dire que pour lui, on va attendre avant de se prononcer, hein... Michel Le Millinaire, si tu nous lis, on te prie de bien vouloir nous pardonner ce manque de confiance...
Alors, que faut-il attendre des Normands cette saison ? Si on regarde côté budget, pas grand chose. Mais comme on n'est pas contrôleurs de gestion et qu'on a trouvé Francky Dumas étrangement cool depuis son retour en L1 - même pas une imitation de Jackie Sardou pour fumer le corps arbitral, on est limite déçus... -, on préfère encore faire confiance à la belle sérénité affichée depuis la reprise pour attendre Malherbe dans le rôle du club next door que la L1 adore consacrer.
Point fort, point faible - Franck Dumas
Francky Willis from Bayeux, mon Omaha, ma Beach, est dans la place depuis 2004 au poste de manager, pas loin d'être tout puissant. Et malgré les résultats en dents de scie de Malherbe, le Wenger du Calvados a su faire la démonstration de ses qualités de meneur d’hommes. Jouant à la fois le rôle de patriarche et de Pascal le grand frère avec ses jeunes joueurs, à l'origine d’un recrutement que bon nombre de spécialistes décrivent comme intelligent, il a déjà prouvé qu'il valait mieux que le numéro de hurleur du banc de touche auquel on l'avait cantonné il y a deux saison. Si le club normand parvient à se maintenir cette saison, en continuant de pratiquer un jeu rafraîchissant, nul doute qu'on pourra le consacrer comme un des entraîneurs à suivre les saisons d'après. Après tout, Antonetti y est bien parvenu...
C'est vrai qu'il faudra se faire violence tant on n'est jamais à l’abri avec lui d’une sortie ratée ou d'un mauvais coup de gueule qui fait suite à une virée nocturne de trop, quelque part entre le casino de Ouistreham avec Yvan Lebourgeois et la partie partie de belote enfumée chez Fabrice Divert. Et on ne parle pas de sa chance de remporter haut la main la challenge Serge Blanco des anciens sportifs de haut niveau qui n'ont pas fait le choix entre le boulot et le bistro.
Le type à suivre - Youssef El-Arabi
D'abord footeux pour championnat amateur dans la banlieue caennaise après avoir fréquenté le centre de formation de Malherbe sans y être conservé, membre de l'équipe de France de futsal, El-Arabi a bien bourlingué avant d’exploser la saison dernière, à 23 ans et en Ligue 2. Sitôt passé à l’étage supérieur, il reprend les affaires là où il les avait arrêtées, avec deux buts, le premier passé à Mandanda après un passage en revue de la défense marseillaise, le second à Lloris sur un amour de lob. Joueur technique et rapide, respectant le sens du collectif, son potentiel semble sans limite. Notamment lorsqu'il s'amuse à jouer de la semelle, pas loin d'être un signe distinctif chez les meilleurs. On se souvient entre autres de Zidane et de Benzema dans ce registre. Et de Belhadj aussi, tiens...
Le point prono - 12ème
On ne voit pas trop quels nuages viendraient assombrir la perspective d'un maintien sans histoire du côté du Stade d’Ornano. Franck Dumas pourra continuer à se faire photographier au festival de Deauville et draguer Malika Ménard en jogging Pâturages de France.
L’équipe-presque-type
Thébaux – Barzola, Heurtaux, Sorbon, Tafforeau – Marcq, Seube – Mollo, Nivet, Hamouma – El-Arabi
