
Mai 2009. Alors qu’on promettait l’enfer au Téfécé amputé de ses cadres (Emana, Elmander) et de son entraîneur (Elie Baup), les Violets retrouvent contre toute attente les sommets de la Ligue 1 en finissant à la quatrième place du championnat avec leur coach novice (Alain Casanova) et les 24 buts d’un André-Pierre Gignac retrouvé.
Mai 2010. Fin d'une saison traversée comme une ombre, en championnat comme en coupe d’Europe. Les Casanovistes se crashent à une quelconque 14ème place, affichant par moments un niveau technique proche du néant absolu.
Cette alternance (saison impaire réussie - saison paire et pourrie) ne connaissant aucune faille depuis 2007 - lorsque les Toulousains terminèrent à la troisième place de 2007 -, on a tendance à penser que Sirieix et ses potes finiront européens un soir de mai 2011.
Il faut dire que le désormais légendaire 8-1-1 toulousain apporte toujours autant de garanties : une des meilleures défenses de Ligue 1, un milieu de terrain athlétique à défaut d’être créatif et un attaquant qui a prouvé au moins une saison qu'il pouvait marcher sur l’eau. Seul changement à noter au cours de l’intersaison, la disparition des centres au troisième poteau et des montées aussi tranchantes qu’une tortue neurasthénique d’Ebondo sur décision du grand timonier Olivier Sadran, en l’an 10 de son règne. Pour le remplacer, les recruteurs toulousains ont fait appel à un Uruguayen inconnu - excepté des geeks qui passent leurs journées sur Football Manager - dont la principale qualité est d'avoir un patronyme très proche d’un ancien lyonnais passant sa pré-retraite au Qatar, Adrian Gunino.
Pour le reste, les grands poètes impressionnistes de la défense toulousaine que sont Cetto, Congré et M’Bengué sont toujours présents. Lorsqu'il ne sera pas blessé, le gardien Yohan Pelé pourra toujours apporter quelques gages supplémentaires de solidité à cet ensemble qui a déjà fait ses preuves.
Au milieu, le TFC propose toujours son subtil mélange de nabots vaguement techniques (Didot, Machado, Tabanou) et de troisièmes lignes tout droit sortis d'Ernest-Wallon (Capoue, Sissoko, Braaten). Une alchimie qui, à l’image des performances en dents de scie du club, peut avoir des effets secondaires comme des contrôles en forme d'offrandes à l’adversaire, ainsi que des chandelles et des touches trouvées dans les 22 mètres adverses.
Reste l’attaque, domaine où Gignac continuera de jouer seul contre tous à Koh-Lanta, condamné à survivre sur les deux-trois ballons qui voudront bien lui arriver. A condition, bien sûr, qu'il ne parte pas avant le grand conseil du 31 août. Sans quoi, il faudra s'en remettre au goleador de Ligue 2, Xavier Pentecôte, ou au grand échassier danois, Sören Larsen. Pas sûr que ces deux-là soient capables comme Dédé de gagner ce qu'il faut d'immunités pour tenir toute une saison...
Point fort, point faible - 8-1-1, mon amour

Avec sa ligne Maginot du XXIème siècle, le Tèf s’est taillé une solide réputation d’équipe chiante à jouer. C'est encore ce qui reste le plus efficace quand il s'agit de faire déjouer les meilleures machines de L1 et de retrouver contre toute attente le haut du classement. Avec un Gignac qui en a fini avec sa pubalgie et sans Coupe d’Europe pour fatiguer un effectif limité, les Violets se retrouvent dans la configuration qu'ils préfèrent, celle qui leur a valu de finir deux fois dans le top 5 ces quatre dernières saisons. Jamais deux sans trois paraît-il...
C’est bien beau de vouloir garder sa cage inviolée, encore faut-il marquer des buts pour progresser au classement. Malgré la présence de Gignac, l’attaque toulousaine fait peine à voir certains soirs. Il suffit que Braaten redevienne le joueur invisible qu’il fut pendant deux ans ou que Tabanou baisse d’un ton pour que Gignac se retrouve contraint à inventer des dribbles étranges et surtout pas très efficaces en imaginant s'en sortir avec toute la défense adverse sur le dos. Sans un buteur en pleine forme physique ou mentale, le TFC risque donc de squatter le ventre mou de la Ligue 1. Toute la limite du 8-1-1.
Le type à suivre - André-Pierre Gignac
Finira-t-il la saison sur les bords de la Garonne ? Sinon, où va-t-il atterrir ? A quel prix dans un marché morose ? Souffrira-t-il lui aussi du syndrôme Elmander, celui qui frappe les buteurs d’une saison ? Est-ce que l’épisode tragi-comique de Knysna l’a marqué? Le Stadium municipal de Toulouse en quête d'un nom deviendra-t-il la André-Pierre Gignac Arena si le natif de Martigues dépasse à nouveau la vingtaine de buts ? Parce que ça a l'air de rien comme ça, mais de cette dernière question dépend une grande partie de l’avenir immédiat du TFC.
Le point prono - 15ème, 8ème et 3ème
Difficile de se prononcer tant les courbes de performances du Tèf fileraient des vertiges à n'importe quel apprenti trapéziste de l'Ecole du Cirque Fodé Mansaré. Même Paul le poulpe en ferait une syncope devant sa boîte. Parmi les suiveurs du Téfécé, les plus critiques à l'égard du 8-1-1 vous diront que l’imposture toulousaine a assez duré et que cette équipe finira à son vrai niveau, dans les bas fonds du classement. A l'inverse, les quelques fans du génie tactique casanovien - le triomphe de l'Inter est celui du coach du Tèf' avant d'être celui du Mou' - croient plus que jamais au sacre des principes de jeu haut-garonnais au nez et à la barbe du Gros Quatre. Reste les plus fervents sadranistes pour qui la cause est entendue depuis longtemps, se contentant de prier pour ne pas recroiser la route de Liverpool en tour préliminaire de Ligue des Champions.
L'équipe-presque-type
Pelé ( Valverde le plus souvent) – Gunino, Cetto, Congré, M’Bengué, Capoue, Sissoko, Machado, Braaten, Tabanou – Gignac
