Comme chaque année à la même époque, l'avant-saison parisienne est le temps de l’insouciance et de la légèreté. Celui de l’espérance aussi. Pour ça, il suffit d'acheter le France Football de la dernière semaine de juillet, celui sur lequel s'affichent les « nouvelles ambitions parisiennes » pour se remettre à croire en une possible reconstruction. Ces retrouvailles en une avec des recrues débordant d’ambition reste un des rites les plus familiers pour tout supporter du club. Cette année c’est Nenê et Bodmer qui s’y collent. L’année d’avant, c’était Erding et Jallet.Et avant eux, Hoarau, Makelele et Giuly. Tous ont donné au cours de la même période dans la mine de benêt enjoué dès qu'il s'agit de poser aux cotés de Philippe Boindrieux (« Philippe qui ? »).
Enfin bref, toujours ces mêmes images qui hantent les fans du PSG, celles de gars plein de bonne volonté, tenant fébrilement le maillot de leur « club de cœur » et qui ne savent pas où ils viennent de mettre les pieds. Bodmer quitte l’OL après avoir perdu trois belles saisons pour diverses raisons : blessures, difficulté à se faire une place au milieu, inadaptation au poste de défenseur central et puélite aiguë accélérée. Rejoindre un PSG qui lui fait les yeux doux depuis de nombreuses années et lui réserve une place de titulaire à son poste de prédilection n’est pas une option plus pourrie que celle de rester une année de plus à inscrire les paroles de California Love de 2pac sur le plexis du banc de touche de Gerland.
Nenê lui perpétue la légende urbaine d’une fructueuse filière brésilienne au PSG. Joueur de championnat coté (14 buts la saison dernière), rompu aux finesses de la Ligue 1, Nenê rêve tout haut de Seleçao et sait qu’il ne pouvait trouver l’exposition souhaitée en pataugeant plus longtemps dans le club de Lacombe Guy. Pari risqué, car si le PSG peut combler un Brésilien et le marquer à vie (Valdo, Rai, Leonardo, Ronaldinho), il peut aussi le broyer et le renvoyer à la case départ à vendre des Mister Freeze sur des plages de Porto Seguro (Everton, Souza, Reinaldo, Aloisio… En fait, tous les autres, hein...).
Cette année, l’ambition du PSG est de terminer dans les dix premiers. Et de se couvrir de ridicule aussi. On savait que la lutte contre le hooliganisme qui plombe depuis de trop nombreuses années l’image du club passait par l’instauration de mesures radicales. Sans qu'on imagine un seul instant que cela puisse aller jusqu'aux opérations de comm’ grotesques mi-dadaïstes, mi-pokemoniennes auxquelles s'est livrée la direction du club cet été. Avec pour commencer la création d’une mascotte officielle, même pas attachante pour un sou. Une sorte de félidé à la con, rouquemoutte de surcroît, que l'on nomme Germain, oui, comme le mec qui se faisait racketter ses pitchs au caramel quand on était en 5ème. On doute que la création d'un lynx puisse venir à bout des conflits entre bas du front bleus et rouges qui secouent le Parc les soirs de match. Après, c'est vrai qu'on peut se tromper. Si c'est le cas, on veut vient proposer la création d'une tortue prénommée Jojo Pacifico dans le cadre du prochain processus de paix au Proche-Orient.
Côté terrain, reste déterminer l'identité que l'entraîneur parisien veut donner à son équipe. Pour l'instant, le système Kombouaré, c’est qu’il n’y a pas de système. En fonction des évolutions du mercato et de l’état de forme au milieu de terrain, on pourrait entrevoir au mieux un vague 4-4-2 avec deux joueurs excentrés. Si Hoarau est chaud pour découvrir le gratin des clubs allemands (Schalke 04) et si Sessegnon décide de faire ses valises vers une superpuissance anglaise (Sunderland, Middlesbrough), c'est une fois de plus ces fragiles fondations dans le jeu qui risquent de disparaître. Encore la meilleure façon de provoquer des coups de folie qui finissent par gagner tout coach parisien un jour ou l'autre : un 5-1-4, avec Kezman titulaire, Erding en CFA et le capitanat confié de Jean-Eudes… In Paris anything is possible !
Point fort, point faible - Attaque-défense
Si le mercato n’évolue pas, on pourra dire sans rire que l’attaque du PSG fait peur. A condition toutefois que la connivence entre Erding et Hoarau s’affirme véritablement. Mais en ajoutant la qualité de centre de Jallet, la touche technique de Nenê et en priant pour la résurrection de Sessegnon, l’équipe a quelques atouts pour créer la surprise dans le registre offensif.
A l'inverse de la défense. Sur le papier, certaines lignes de défense alignées la saison dernière font encore frémir : Ceara, Sammy,Camara et Armand. Avec Edel dans les cages... Le genre de recours qui peut très bien refaire surface à la faveur d'une accumulation de blessures.
Les types à suivre - Les recrues
Sur quel rythme Bodmer compte-t-il animer l’entrejeu parisien ? De toute évidence, il paraît difficile de compter sur Makelele pour compenser la lenteur de son nouveau coéquipier.
Nenê va-t-il subir le syndrôme Vampeta ? Perdre son football, mais trouver le numéro de Jean Roch ?
Et n'oublions pas Germain, la mascotte. Où l’on risque de voir pour la première fois un cas de siège lancé des tribunes requalifié en accident du travail.
Le point prono - 7ème et la Coupe de la Ligue
En championnat Paris est capable du pire comme du médiocre. Et de l’improbable surtout. La preuve avec ce qui va vraiment se passer en 2010-2011.
Les hommes de Kombouaré démarrent bien la saison : victoire contre Saint Etienne, un nul contre Lille et victoire contre Bordeaux avec un but plein de rage de Kezman. A la 10ème journée et après cinq matchs sans but, l’équipe sombre au Parc contre Auxerre. Hoarau sort à la 34ème minute et insulte son entraineur d’un « Fick dich !» Ses connaissances en allemand font craindre le pire. Il finit par signer à Hambourg au mercato d’hiver, immédiatement remplacé par Alexander Frei – Roche recherchait en effet un joueur avec le même profil.
Deux semaines plus tard, Sakho en vient aux mains avec Germain, la mascotte, concernant une sombre histoire que rétroviseur brisé dans le parking du Camp des Loges. Coupet est victime d’un accident de voiture sur l’A14. Il perd l’usage un bras mais pas la motivation à en croire l’interview qu’il donne au Parisien : « Je reprends dans un mois !»
Avec les crises de novembre-décembre et celles de la mi-février-mi-mars, Kombouaré est remercié par Sébastien Bazin qui place à la tête de l’équipe un ticket inédit, Luis Fernandez-Sinik. La mayonnaise ne prend pas et Sinik envoie Erding en CFA suite à une sombre histoire de rayure sur une portière sur sa Mercedes. On n’oublie pas que Paris goûte aussi aux joies de l’Europa League cette saison. Si les matchs face au Magouillos de Nicosie et à Mortherwell marquent les esprits, les Parisiens finissent par être éliminés à Hambourg sur un but de Hoarau.
En fin de saison, le PSG poursuit son parcours délicat en championnat, ne parvenant pas à aligner deux fois de suite l’équipe-type – blessure aux genoux de Bodmer, suspension de quatre mois et TIG pour Sessegnon suite à l’affaire dite «du doigt d’honneur »…
Le club sauve une fois de plus sa saison grâce à sa victoire en finale de Coupe de la Ligue face à la courageuse équipe de Luzenac. S’étant fait griller la politesse en début de saison par l’OM en matière de glanage de titre tout pourri avec le Trophée des Champions, Luis prend ce qu’il reste, soit la Coupe aux grandes moustaches qui assure à son groupe une nouvelle élimination en coupe d’Europe l’année suivante. Le lendemain de ce titre, Paris enregistre les signatures de Diakate et de Payet qui feront la une de France Football en affichant des mines de benêts enjoués etc.
L'équipe-presque-type
Coupet - Jallet, Camara, Sakho, Armand (ou Germain) - Makelele, Bodmer, Sessegnon, Nenê – Hoarau, Erding
