Reprise L1 - Les cinq qui jouent le maintien : Arles-Avignon, mistral perdant

Écrit par Stéphane Deneits
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Samedi 21 août 2010, 21 heures. De retour dans les vestiaires visiteurs du Stadium de Toulouse, les joueurs de l’AC Arles-Avignon ont la tête basse. Trois matchs et trois défaites, l'apprentissage de la Ligue 1 s'annonce duraille pour le météore du foot français. Passé des bas fonds du CFA 2 à la Ligue 1 en l’espace de quelques saisons, les Provençaux entendaient pourtant jouer le rôle du petit poucet, capable de prolonger les exploits au-delà d'un simple tour de Coupe de France. Oubliant peut-être un peu vite que d'autres s'y sont essayés avant eux. Sans grand succès...

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Gueugnon en 1997, Istres en 2005, Boulogne en 2010... Autant d’exemples que l'ACA a dû se promettre de ne pas suivre. Ainsi, à la différence de ces clubs qui n’ont jamais vraiment donné l’impression d’avoir toutes les cartes en main pour assurer leur survie en Ligue 1, tout l'ACA s'est dit qu'il pouvait jouer crânement sa chance. Quitte à ramasser une veste. Ce ne sera jamais qu'une fantaisie de plus à mettre au crédit d'un club qui en compte déjà tant.

Pour ça, il faut revenir en juin 2006. L’AC Arles connaît alors le premier soubresaut annonciateur de son grand bond en avant. Une montée en CFA avec aux manettes Michel Estevan. Après deux saisons passées en National, l'ancien club amateur se retrouve en Ligue 1 quatre ans plus tard. Avant d'en arriver là, il a fallu accélérer sa croissance pour assurer son avenir immédiat sitôt plongé dans le monde professionnel. On ficelle un association avec le club d'Avignon. Un choix curieux au premier abord. Arles la romaine et Avignon la papale, deux départements, la Camargue d'un côté, le Comtat Vénaissin de l'autre. Bref, 40 kilomètres qui coupent le club en deux. Pourtant, la garde alternée du club fonctionne : à Arles la semaine, à Avignon le week-end. 

En réalité, c'est avec la montée en Ligue 1 que la singularité a fini par agiter un club comme les eaux du Rhône qui rassemblent les deux villes. En atteste ce surprenant feuilleton estival qui voit un entraîneur en instance de licenciement reprendre sa place sur le banc, un président mis sur la touche et un recrutement digne des plus belles parties trafiquées de Football Manager. A croire qu'avec la folle intersaison de l’Olympique de Marseille, le Mistral a rendu tous les clubs complètement fada.

Passées ces premières jouissances, le temps presse à Arles ou à Avignon comme partout ailleurs. On se rattrape comme on peut, en recrutant tout ce que le foot professionnel peut compter de laissés pour compte et d'éternels espoirs déçus. Quinze nouveaux joueurs sont ainsi venus grossir les rangs de l’effectif provençal, qui en plus d’être l’un des plus improbables du championnat, sera le plus freak jamais vu, bien au-delà de ce qu'avaient réussi les Grenoblois pour leur première saison en Ligue 1.

Un vrai maelstrom, Kim, comme on les aime, avec des retours en grâce auxquels on aimerait bien croire (Meriem, Piocelle), des stars déchues en mal de rédemption (Basinas et Charisteas), des routiers de la Ligue 1 (Planté, Laurenti) et des souvenirs qu'on situait beaucoup plus loin (Kaba Diawara). C'est avec tout ce petit monde que Michel Estevan va devoir assurer le pari fou du maintien, bien mal embarqué après trois journées disputées.

La dernière sortie en date face à Toulouse est celle qui a montré les limites les plus évidentes du projet arlavignonnais. Après de tels remaniements, le collectif n'est pas encore en mesure de résister face aux armadas de Ligue 1 mieux rodées. La seule solution pour s'en sortir, on y revient, consistera sans doute à jouer les rencontres de L1 comme on dispute 38 tours de Coupe de France. Vu comme ça, ça risque d'être long. Trop long pour espérer un miracle et prolonger un peu plus la success story provençale.

Point fort, point faible - Un nouveau modèle

pointfortEvoquer leur nom aurait plutôt tendance à faire marrer tout le monde : Meriem, Piocelle, Charisteas, Basinas… On aurait tendance à oublier une chose, c’est que ces joueurs ont tous tenu une grosse cote à un moment de leur carrière. Anciens grands espoirs du foot français ou champions d’Europe improbables, il n’y aucune raison que ces gars-là aient totalement oublié leur football, au point de ne plus être capable de faire des merveilles. Et puis, à titre de comparaison, le club sudiste n'a pas attendu l'hiver pour faire péter son Codevi et floquer quelques jolis noms sur ses maillots comme ce fut le cas à Boulogne-sur-Mer l’an passé. Une fois que le collectif aura trouvé ses marques, Michel Estevan, secondé par Robert Duverne, pourra toujours se remettre à faire des miracles.

pointfaiblePour ceux qui observent la situation de plus loin, l’association Arles-Avignon n’a rien de très choquante en soi. Mais au plus près de la situation, on se rend bien compte des grosses différences qui séparent les deux villes, au-delà des seuls kilomètres. Coincées entre des monuments du foot sudiste (Nîmes, Montpellier, Marseille), les deux agglomérations d'à peine plus de 50 000 habitants ont uni leur destin pour grimper les échelons. Du coup, on ne sait plus vraiment à qui « appartient » l’équipe. A Arles, lieu de naissance du club, cité paisible n’ayant pas eu le temps d’assurer des structures suffisantes pour l’établissement d’un club professionnel ? A Avignon, la dynamique, à la recherche d’un futur dans le football, passés les souvenirs de l’Avignon Football, éphémère pensionnaire de D1 en 1976 ? Si pour l’instant, tout semble se passer pour le mieux entre les deux cités, on sent qu'il suffirait d'un simple vent mauvais pour que chacun se mette à tirer la couverture à soi. 

Le joueur à suivre - Angelos Charisteas

typeasuivreUn Grec chez les Romains d’Arles. Sorti du chapeau du duo Perrot-Salerno, libre de tout contrat depuis son départ du FC Nuremberg, le champion d’Europe 2004 va tenter de relancer une carrière en pente douce depuis quelques saisons. Ses performances moyennes du côté de l’Ajax Amsterdam, du Feyenoord et de Nuremberg ont sérieusement fait baisser sa cote. Pourtant, Charisteas n'a jamais que 30 ans. Le type n'est donc pas totalement fini. D'autant qu'il suffirait que l'ACA se mette à bétonner à mort pour permettre à son nouvel attaquant vedette de rappeler quel grand attaquant il a pu être. Ce serait peut être moche. Mais on s'en fout, on aime le foot moche.

Le prono - 17ème

pointpronoPuisqu’il est écrit que l’AC Arles-Avignon ne fait rien comme les autres, les Provençaux assureront leur maintien lors de l’ultime journée, le temps d'un final dramatique face à Sochaux, rélégué pour le coup. Assurément la meilleure programmation du festival d’Arles et d'Avignon 2011.

L'équipe-presque-type

equipetypePlanté - Laurenti, Meija, Erbate, Fanchone - Piocelle, Basinas - Dja DjéDjé, Meriem - Kermorgant, Charisteas

Crédits photos: acarlesavignon.fr

Dernière modification le Mardi, 24 Août 2010 10:31
Stéphane Deneits

Stéphane Deneits

Aka Steph Hantastic, footeux toujours sur le grand plateau. Et gersois par dessus tout.

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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire olivettes Mardi, 24 Août 2010 10:21 Posté par olivettes

    Fabien Debotté, pardon.

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  • Lien vers le commentaire olivettes Mardi, 24 Août 2010 10:20 Posté par olivettes

    Monsieur Deneits, vous êtes un salaud et je vous ferais bien avaler votre trompette exotique.
    Je ne vois pas ce qu'il y a de drole dans le fait d'évoquer M. Piocelle, capitaine courage rescapé des heures de gloire de l'année passée pour ce club fort sympathique pour qui aime les olives, le ricard et les campings.
    En plus d'être le plus beau gosse de la Ligue 1 depuis Franck Debotté, il est probablement la clé de voûte du maintien pour le club cher au chanteur bouffi énervant.

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