
Tous deux trentenaires, Teddy Richert et Jérémy Bréchet auront bien du mal à trouver des partenaires pour taper la coinche plutôt que de faire chauffer les manettes des PS3. Dalmat parti faire sa demi-saison habituelle du côté de Rennes et Isabey coulant des jours heureux en pré-retraite à Dijon ("Hein ? Ils jouent au foot à Dijon ?"), les hommes d’expérience sont devenus une denrée rare dans le Doubs. Et le FC Sochaux-Montbéliard, avec ses coups d’éclats et ses non-matchs, a tout de l'équipe espoirs pas franchement taillée pour s'en sortir...
A 36 ans et avec plus de 300 matchs en Ligue 1, Teddy Richert aurait pu être l’élément d’expérience pour stabiliser une défense franc-comtoise un peu élastique. Problème, les blessures récurrentes des deux dernières saisons - la dernière en date doit le priver d'une bonne moitié de saison - sonnent comme un premier appel à la retraite. Du coup, c'est sur l’axe central formé par Jérémy Bréchet et Jacques Faty qui, à 26 ans, fait presque figure de vétéran en Ligue 1, que tout semble reposer. Ailleurs, l’équipe ne rassemble que de très jeunes joueurs, talentueux certes, vainqueurs en Gambardella il y a deux ans, petites terreurs du CFA ces deux dernières saisons, mais encore trop tendres pour aligner régulièrement les bonnes performances. Et ce n'est pas la paire à la récup' au milieu, Anin -Perquis, tout juste capable de compenser ses lacunes techniques par un peu de densité physique, qui permettra au club PSA de viser plus haut qu'un maintien qu'on sent ric-rac.
Reste donc l'attaque, secteur qui n'en finit plus d'être en chantier depuis le départ de Mevlüt Erding. L'année dernière, la polyvalence d'un Dalmat taille patron a permis de faire illusion et de gratter ces quelques points qui font toujours la différence lorsqu'il faut sauver sa peau en Ligue 1. Cette fois, Francis Gillot va devoir alterner plus souvent encore dans l'espoir de trouver la bonne formule. Les prétendants (Maurice-Belay, Boudebouz, Martin ou Ideye Brown) jouent encore dans la catégorie des nominés au titre de meilleur espoir masculin de Ligue 1. Pour certains, on aimerait bien qu'ils confirment enfin le talent qu'on soupçonne énorme chez certains (Boudebouz et Martin) en attendant de savoir si Charlie Davies pourra se remettre un jour de la sortie de route dramatique de l’hiver dernier qui menace toujours de mettre définitivement fin à sa carrière. Après la disparition de Vaclav Sverkos qui remonte au départ d'Erding, on est à deux doigts de se demander si une malédiction ne s'est pas emparée du secteur offensif sochalien.
C'est pour permettre à tout ce talent juvénile de devenir encore plus décisif que PAF, Paille ou Madar en leurs temps, que Modibo Maïga, dernière révélation mancelle en date, a été recruté. On parle bien d'un joueur qui a terminé sa saison dans la peau d'un relégué...
Point fort, point faible - La culture du maintien
Deux fois 14ème, 17ème la dernière fois, les saisons sochaliennes se suivent et ressemblent de plus en plus à des opérations commandos de survie en milieu hostile. En guise de postpartum à une victoire en Coupe de France (2007), on a connu mieux. Pire, rarement. Et par pitié, épargnez-nous l'exemple guingampais... On fait une vraie pause galette-saucisse cette fois. Reste qu'après s'être retrouvés trois fois en fâcheuse posture, les Lionceaux ont réussi chaque fois à s'en sortir, portant au rang de savoir-faire maison la lutte pour le maintien. Pas de raison qu'il en soit autrement cette saison.
Le problème quand on lutte pour survivre, c’est qu’on risque de passer le Rubicon un jour ou l’autre. A force de flirter avec la ligne rouge, le club préféré des mecs qui piquent les clés de la 106 de madame peut faire preuve d'usure mentale et en arriver à céder au final au découragement après toutes ces années de lutte. Surtout quand on sort chaque fois un peu plus lessivé, comme dépecé de ses meilleurs éléments quand la fin de saison arrive. Encore le plus court chemin pour descendre lentement mais sûrement vers la Ligue 2.
Le joueur à suivre - Modibo Maïga
Arrivé sans bruit au Mans après avoir passé trois ans au Maroc au Raja Casablanca, le Malien a tapé dans l’œil de Daniel Jeandupeux à qui il arrive parfois - mais c'est rare - de ne pas se tromper. La quinzaine de buts marqués en deux saisons dans la Sarthe décrit mal le potentiel de cet attaquant de 24 ans capable d'envoyer des enchaînements techniques particulièrement rapides. De quoi en faire une sorte de Gervinho qui compenserait son côté cheap par des choix capillaires nettement moins douteux que ceux de l'attaquant losciste. Si Maïga parvient à s’acclimater à la ligne bleue des Vosges et aux longues soirées d'hiver dans le Doubs - ce qui n'est pas donné à tout le monde non plus -, Francis Gillot pourra s’épargner quelques colères froides à l'encontre d'un corps arbitral subventionné par Renault pour descendre en loucedé le club de la famille Peugeot.
Le point prono - 19ème
Charisteas marque ses deux seuls buts de la saison contre Sochaux et relègue la succursale de PSA en Ligue 2. Furieux, le président Lacombe fait sécession et inscrit son équipe dans la Superligue suisse. Où il remporte le titre en 2012 avec 6 points d’avance sur le FC Bâle et bat Lyon en quart de finales de la Ligue des Champions avec Mickaël Isabey à sa tête.
Equipe (presque) type :
Dreyer ( en attendant Richert) – Sauget, J.Faty, Bréchet, Mikari – Anin, Perquis – Boudebouz, Martin, Maurice-Belay - Maïga
Crédits Photos : fcsochaux.fr
