Reprise L1 - Les quatre pour le titre : l'OL, comme un champion sans titre

Écrit par Emmanuel Raide
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Comme tous les ans à la même période, il faut compter sur l’OL parmi les favoris. Troisième en 2009, deuxième la saison passée… Ca va, on sait aussi bien compter que sur L’Equipe TV. Surtout, on sait depuis le temps qu’à Lyon, bien plus que le titre de la saison à venir, on dispute déjà le titres des saisons suivantes. Ne serait-ce que parce que, à la différence des dix-neuf autres clubs de L1, l'OL n’a plus besoin de titre pour être champion. 

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Jean-Michel Aulas est un homme contrarié. Comme souvent, c’est vrai. Pourtant, en fin de saison dernière, il avait tout pour se réjouir. Une deuxième place décrochée presque miraculeusement, permettant d’éviter un tour préliminaire qui avait laissé de mauvais souvenirs autant aux experts-comptables qu’aux préparateurs physiques du club. L’an passé, à la même époque, il avait fallu recruter à grands frais (96 millions d’euros) et préparer les joueurs à un premier pic de forme pour le 15 août, tout ça pour se défaire d’Anderlecht. Résultat, l’OL avait gagné le droit de participer à sa dixième Ligue des Champions d’affilée – avec place dans le dernier carré au final –, avant de connaître une sale période qu’on aurait tout aussi bien pu appeler Crise de novembre pour peu que le club de la Capitale des Gaules soit le club de la Capitale tout court.

Certains supporters lyonnais, un rien exaspérés par les méthodes de Puel, auraient bien aimé que le problème viennent du coach qui s'apprête à entamer sa Saison III sans un seul titre. Peine perdue, celui que son Président considère comme un « manager du football » bénéficie toujours du soutien sans faille de sa direction. 

Contre toute attente, c'est des joueurs qu'est venue la grosse contrariété. D’Afrique du Sud, plus exactement. Là où trois Lyonnais ont pris part à la mutinerie de Knysna. Lloris, Toulalan et Réveillère, trois types régulièrement promus au titre d’ « employé du mois » depuis le départ de Greg Coupet et autant d’actifs qui perdent 50 % de leur valeur pour une grève de bus, de loin la plus médiatisée de toute l’histoire. Du coup, plutôt que de remettre au goût du jour le discours de reprise des années précédentes, avec objectifs chiffrés et bilans prévisionnels à tout-va, il a fallu donner dans un registre nouveau. Celui de l’exemplarité. De la courtoisie à l’égard du public. Du respect de la hiérarchie aussi.

On l'aura compris, c'est un OL pour temps de crise qui s'avance en cette veille de reprise. Après avoir voulu prendre pour modèle quelques-unes des grandes maisons européennes qui sortent les Lyonnais en Ligue des Champions (Milan AC, MU, Barça), on part s'inspirer du seul business plan capable de tenir la route en ces temps difficiles, celui de l'AJ Auxerre. Cette année ? On joue le maintien pour le titre. La preuve, on ne recrutera qu'à hauteur de 25 millions d'euros. On fait venir Jimmy Briand à moindres frais (8 millions d'euros) en lui promettant l'ambiance familiale qui doit lui permettre de (re)lancer enfin sa carrière. On remet au goût du jour les vertus de la formation maison. On confie à Adidas le soin de composer des tenues aussi cheap que celles d'Airness.

Surtout, on n'oublie pas de demander à Jérémy, Hugo, Antho et les autres de rendre les clés de la Safrane. On leur annonce qu'on préfèrera cette année les hôtels Formule 1 aux Novotel pendant les déplacements et on leur rappelle que l'OL, c'est une boîte de 500 salariés, un groupe coté en Bourse dont l'action peut chuter un peu plus pour peu que les actifs se découvrent des élans de délégués syndicaux. Pire qu’une erreur d’arbitrage à 20 millions d’euros, la fantaisie aurait très bien pu enterrer à nouveau le projet OL Land tout juste sorti des limbes par la grâce d'une attribution de l'Euro 2016 à la France. Tout chiffré, c'est le genre de connerie qui s'élève à 300 millions si on ne fait rien. On comprend mieux pourquoi Greg serait descendu du bus, lui.

Point fort, point faible – Puel, Saison III

pointfortDeux saisons à Lyon et toujours pas de titre. Pourtant, plus que jamais, Claude Puel est l’homme de la situation. Ces deux saisons, c’est d’abord le temps qu’il lui a fallu pour se défaire en douceur de ces cadres (Juninho, Benzema et Govou) qui pouvaient du haut de leur palmarès empiéter sur son domaine.

Passé maître dans l’art de former des collectifs solides et disciplinés, le coach lyonnais n’attendait qu’une restriction budgétaire pour passer à la vitesse supérieure. En promettant de jouer la carte du recyclage avec le passage annoncé de Toulalan du milieu à la défense centrale. En poursuivant l’expérience Do-it-yourself avec la promotion de nouvelles têtes issues du centre de formation. Dans le sillage de Gonalons pressenti pour jouer les sentinelles du milieu cette saison, d’autres joueurs de la Pro 2 ont su se mettre en évidence cet été, que ce soit pendant le championnat d’Europe U19 (Taffer, Lacazette, Grenier, Faure, Kolodziejczak), pendant les matchs de préparation (Belfodil, Abenzoar) ou en larguant Puel dans l’ascension en vélo de l’Iseran (Seguin).

Enfin, dans le cadre de la chasse au gaspi’ et des économies d’énergie, Puel devrait poursuivre sa politique du turn-over auquel ses joueurs-cadres sont aujourd’hui rompus. En plus de ménager les organismes sur une saison à deux matchs par semaine, la formule a le mérite de concerner tout l’effectif d’un bout à l’autre de la saison et de s’épargner toute dépendance à des joueurs providentiels.

pointfaibleOu d’en larguer certains une bonne partie de la saison, amenés régulièrement à devoir évoluer loin de leur poste. On peut penser à Lovren qui, à peine arrivé l’hiver dernier, lest aligné à tous les postes de la défense pendant le mois de janvier, allant jusqu’à faire des piges en cours de match au milieu. Certes, la méthode permet aux joueurs de gagner une précieuse polyvalence tout au long de la saison, mais elle est surtout très vite rattrapée par cette stat qui veut que les équipes avec un onze-type aient une moyenne de points toujours supérieure à celles qui veulent s’en passer.

Sur le terrain, faute d'automatismes, les joueurs lyonnais ont souvent compensé en faisant preuve d’une solidarité à toute épreuve. Pour cesser finalement de parler de maîtrise du jeu et ne plus se focaliser que sur un seul bloc-équipe aux lignes bien resserrées. D’ailleurs, si l’on veut revoir du mouvement et de l’anticipation dans le 4-3-3 historique à Lyon, on sait qu'il faut attendre que les jeunes pousses formées au club soient alignées pendant les matchs de préparation estivale. Avec la réserve (Pro 2), ils sont les derniers à profiter du Serpent à sonnettes des années Houllier que Robert Valette continue de cultiver. Avec au bout un titre, celui de champion de France des réserves pros en CFA. Le seul pour l'OL la saison passée.  

Les types à suivre - Miralem Pjanic et Ederson 

typeasuivreA revoir Bernard Lacombe accumuler des miles le temps d'allers-retours répétés entre Lyon et Sao Paulo, on veut bien croire qu’il y a un problème dans l’effectif lyonnais. On a compris au cours de l’été qu’il se situait dans l'animation du milieu de terrain.

Après une seule saison en tant que titulaire régulier au poste, Miralem Pjanic paraît encore trop tendre aux yeux du staff pour tenir à lui seul l’entrejeu lyonnais. A chaque fois que le prodige bosniaque a plongé la saison passée, c’est tout le collectif mis en place par Puel au cours de l’été qui a pris l’eau, manquant même de se noyer au cœur de l’hiver quand Miré n’y était plus. Comme ça qu’on a pu voir surgir quelques rumeurs plus ou moins folles, venues du Brésil (Hernanès, Ganso) ou de Ligue 1 (Gourcuff), histoire de trouver de nouvelles garanties dans un secteur pas encore remis du départ de Juninho.

A mesure que les rumeurs s’éloignent et que la réalité économique du moment reprend le dessus, c’est justement l’héritier désigné de Juninho, Ederson, qui a l’occasion de revenir sur le devant de la scène. Donné pour disparu et quasi partant en fin de saison dernière, le Brésilien a su se mettre en valeur à la faveur d’une préparation plutôt sérieuse et convaincante. Précis sur coups de pied arrêtés, décisif dans la percussion plein axe, suffisamment technique pour temporiser au milieu s’il le faut, Ederson a tous les arguments pour être enfin crédible dans le registre juninhesque. D'ailleurs, le nouveau sélection de la Seleçao, Mano Menezes, ne s'y est pas trompé et a décidé de ne pas attendre plus longtemps pour rentabiliser son tout nouvel abonnement à OL TV en l'appelant pour le premier match amical du Brésil contre les Etats-Unis le 10 août prochain.

Toujours au rayon des successions délicates, on verra enfin si Jimmy Briand assure autant que Sidney Govou au bar du Grand Prix de Tennis de Lyon. Son passage prolongé par la rue de la soif rennaise joue plutôt en sa faveur.

Le point prono– 2ème

pointpronoLes bookmakers chinois peuvent bien faire des Lyonnais les favoris de la saison à venir, le turn-over à l’excès de Puel aura une fois de plus raison des ambitions lyonnaises lorsqu’il faudra passer à l’heure d’hiver.

L’équipe-presque-type 

equipetype38 équipes-types alignées en autant de journées de championnat, il faudra une fois de plus attendre les soirs de Ligue des Champions pour trouver les hommes de base du système Puel.

Lloris – Réveillère, Cris, Toulalan ou Lovren, Cissokho – Gonalons, Makoun, Pjanic ou Ederson – Delgado ou Bastos, Lisandro, Briand 

Dernière modification le Jeudi, 29 Juillet 2010 10:22
Emmanuel Raide

Emmanuel Raide

Rédacteur en freelance-armstrong. 

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