Reprise L1 - Les quatre pour le titre : les Girondins, scapulaire de rien ?

Écrit par Mathieu Chenko
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Après une fin de saison dernière éprouvante au possible, Lolo et Jean-Lou’ partis, des cadres pour certains revenus de Knysna on ne sait dans quel état, pour d’autres déjà prêts à abandonner la Gironde, un attaquant toujours pas remplacé, un nouvel entraîneur sur le retour après trois ans d’inactivité… Vu comme ça, les Girondins n’ont plus grand chose d’un prétendant au titre. On n’oublie pas pour autant que l’effectif bordelais reste pour l’instant le même qu’il y a un an. Oui, lorsque Bordeaux était (bien) parti pour dominer la Ligue 1 et pour se faire une belle réputation sur la scène européenne.

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Une exclu les3points, la vraie-fausse interview de Laurent Blanc. 

"J'crois que bon il n'y a plus de matchs en retard, le calendrier est ce qu'il est. Je crois qu'on peut dire qu'on a perdu le titre de champion, et qu'à ce niveau bé ça ne pardonne pas. Je crois que bon, après une première partie de saison quasiment parfaite, les garçons se sont relâchés. J'crois que, tant dans les têtes que dans les jambes, il leur a manqué quelque chose, surtout après l'élimination en Ligue des Champions qui nous a fait très mal, particulièrement à moi. (pause) Parce que c'est sûr qu'une compétition comme ça, tout footballeur rêve de la jouer.

Alors j'pense que bon la Ligue 1 à côté... d'ailleurs je crois que bon elle ne me mérite pas. Quant à l'Europa League, j'crois que c'est intéressant pour ceux qui ont envie de durer dans ce métier, de visiter la Lettonie un jeudi soir ou de faire le plein de points pour l'indice UEFA... Pensez bien que si cette éventualité avait été inscrite dans mon plan de carrière, même si je ne me vois pas entraîner longtemps, bé j'aurais demandé à mon Jean-Louis de les bouger plus que ça. Je crois que bon, après il y a eu des éléments, je dirai "extérieurs", qui ont fait que bon... tout le monde s'est un peu endormi. Les joueurs, à travers ce qu'ils ont fait, à travers ces flatteries... et bé, ils ont rattaqué 2010 en pensant, à juste titre, mais il s'avère que ils se sont aperçu surtout que c'était pas la réalité... (pause) que ça allait continuer... Pourquoi ça allait s'arrêter ? Hum... Non ? Pourquoi ? Après bon, on ne peut pas empêcher les journalistes d'écrire... Je pense que bon je voulais me concentrer sur Bordeaux, avec qui il me restait un an de contrat, et vous savez que je vais toujours au bout de mes contrats, alors bon... j'crois que c'était un peu déplacé de parler de l'équipe de France...

Et puis il y a eu c'te finale de coupe de la ligue trois jours avant un match important pour le club... Je pense que les joueurs avaient conscience que les trois compétitions nationales nous permettaient d'avoir beaucoup de matchs, et donc les joueurs du temps de jeu, et que par la force des choses... J'crois que bon c'est un peu les mêmes qui jouaient, et que ce qui me gêne avec c'te finale c'est que ceux qui auraient dû la jouer, bé... mais j'crois que bon il y a des choses qu'on ne maîtrise pas dans le football... A partir de là, il ne fallait pas gâcher la fête comme Monsieur Thiriez me l'avait bien fait comprendre... J'crois qu'il y a eu une cassure dans mon groupe ce soir là, et que en m'asseyant sur mon discours je me suis mis mon banc à dos. Je pense que certains joueurs étaient démobilisés quand il a fallu remplacer les nombreuses blessures et que bon... (pause) j'crois qu'on a terminé sixièmes".

Après une année 2009 de tous les records, 2010 devait être celle de la consécration pour le club : un septième titre de champion de France qui lui tendait les mains, un coup retentissant sur la scène européenne, un bilan financier excédentaire et la promesse d'un nouveau stade. De tout cela, il ne reste aujourd'hui que cette dernière éventualité. Et encore... Si le choix du site de Bordeaux-Lac permet de s'épargner un feuilleton judiciaire avec une quelconque association de riverains, les comptes d'apothicaires sur fond de rivalités politiques pourraient bien avoir raison du projet. Alors que peut-on attendre des Girondins pour cette saison ?

Même pour le plus optimiste des fans du club aquitain, il sera difficile de faire table rase du premier semestre 2010 et de ne pas ressasser l'immense gâchis qui prit forme sous ses yeux parfois ébaubis. Et ce ne sont pas les récents matchs amicaux qui rassureront le suiveur averti. Car si les résultats sont là, la manière n'en finit pas d'inquiéter. Du côté des joueurs, on se demande toujours si derrière les discours de circonstances le trauma de la dégringolade a pu être évacué. A ce titre, les velléités de départ de certains, réelles ou supposées, apparaissent comme une curieuse fuite en avant. Et de voir fleurir au Haillan de bien curieux raisonnements durant l'intersaison.

Refrain n°1 : "Le problème ici, c'est qu'on ne joue pas la ligue des champions..." (Trémoulinas, Gourcuff ?) Euh... La faute à qui ?

Refrain n°2 : "Pour l'instant je suis dans la réflexion. On voit très bien que le marché des transferts est calme en raison de la crise économique, mais je pense que lorsqu'un club dégoupillera, tout va se lancer..." (Trémoulinas, le 15/07 sur sofoot.com) Comprendre : j'ai une demi-saison dans les jambes et j'attends un contrat à l'étranger, même Sunderland, pour finir comme Julien Faubert.

Refrain n°3 : "Je me suis demandé si j'étais fait pour Bordeaux, la façon dont on jouait ne me convenait peut-être pas" (Gouffran, le 12/07 sur lequipe.fr) C'est sûr qu'un titre de meilleur joueur de L2 en 2007, ça ne suffit pas à faire un grand joueur.

Refrain n°4, un classique : "J'attends une proposition de prolongation-revalorisation de la part de mes dirigeants. Si elle tarde trop à venir, il sera temps pour moi d'aller voir ailleurs..." (Wendel) Le foot, seul secteur avec la finance où l'on s'augmente après avoir fait couler la boîte ?

Point fort, point faible - Tigana pour tout péter comme dans les années 80 ?

pointfortAvec Jean Tigana, le cure-dent a remplacé la touillette. Du coup, on promet un management un peu plus piquant. Joueur emblématique des Girondins de Bordeaux entre 1981 et 1989, ce retour longtemps espéré du côté des supporters a tout du symbole. Tigana, c'est non seulement l'assurance d'un attachement sincère au club, mais aussi et surtout des résultats partout où il est passé. En espérant quand même que les trois saisons passées dans ses vignes ne l'aient pas complètement rouillé. D'ailleurs, on nous assure ici et là que l'homme a mis de l'eau dans son vin et qu'il serait moins intransigeant. Ce qui est triste, en revanche, c'est d'apprendre que beaucoup de ses joueurs ne savent pas quel footballeur il fut. 

pointfaibleC'est mathématique, mais après un chouette parcours de relégable sur la phase retour, Bordeaux a tout pour repartir sur les mêmes bases. Et ce n'est pas le fond de jeu en complète déliquescence depuis janvier qui risque pour le moment d'inverser la courbe. Du coup, des points faibles, on en voit plein. L'absence de coupe d'Europe n'est pas forcément un mal pour un bien, et on imagine mal certains joueurs se contenter des joutes hexagonales. Plus largement, comment un effectif habitué à jouer une cinquantaine de matchs par saison va-t-il gérer la frustration de milieu de semaine ?

Bien au-delà de ces quelques suppositions sur l'état d'esprit du groupe, le gros point faible reste l'attaque. Les buts sur coups de pied arrêtés ont longtemps fait office de cache-misère et sans Chamakh pour fatiguer les défenses, il y a de quoi être inquiet. S'en remettre à un petit attaquant grassouillet pour des tacles en bout de course en guise de tirs (Cavenaghi) et aux sept buts de David Bellion depuis deux ans et demi, c'est léger. Y compris pour tutoyer les sommets de la Ligue 1...

Le type à suivre - Yoann Gourcuff 

typeasuivreEt pas que par les lecteurs de Têtu... Si les Girondins sont attendus au tournant, leur meneur de jeu le sera plus que n'importe quel autre. Reste à savoir si le mieux pour lui après l'équipée sauvage de Knysna est de repartir un an de plus avec les Girondins ou d'aller voir ailleurs. Pour l'instant, il se donne à fond aux entraînements. A Dinard mercredi, il s'est élancé le dernier à vélo pour finir en solitaire loin devant tout le monde. Pas étonnant qu'avec autant de zèle, les autres soient jaloux...

Après la révélation Trémoulinas quant à un éventuel départ, on attend beaucoup d'Abdou Traoré et plus encore de celui qu'on annonce depuis trois ans comme la future pépite du centre de formation girondin, Henri Saivet. Très peu utilisé par Blanc, ou alors à un poste de milieu de terrain qui n'est pas le sien, le jeune attaquant (19 ans) franco-sénégalais pourrait profiter de l'absence de titulaire indiscutable en attaque. Plutôt râblé, très doué techniquement et surtout rapide, il a toutes les qualités pour éclater. Ou pour nous faire une Obertan...

Le point prono - 4ème

pointpronoPrétendant au titre ou équipe déjà en fin de cycle ? Cette saison sera celle du rachat ou de l'implosion. Dans ces conditions, difficile de faire un pronostic fiable. A en croire la rédaction du 10sport, jamais la dernière pour honorer le journalisme d'investigation, un joueur s'est déjà plaint sous couvert d'anonymat du manque d'humour de Tigana. Jeannot veut des titres ? Parions alors sur un bon parcours dans l'une des deux coupes nationales.

L'équipe-presque-type

equipetypeGourcuff et Diarra partiront ? Partiront pas ? La crise pourrait bien être le meilleur atout des dirigeants bordelais pour conserver un effectif qui reste compétitif. D'accord, c'est aussi cette même crise qui empêche ces mêmes dirigeants de trouver un remplaçant digne de ce nom à Marouane Chamakh...

Carrasso entre deux blessures (Olimpa) - Chalmé, Planus entre deux blessures (Sané), Ciani, Trémoulinas - Diarra, Wendel, Plasil, Gourcuff - Cavenaghi, Gouffran (en attendant Saivet).

Dernière modification le Mardi, 03 Août 2010 20:13
Mathieu Chenko

Mathieu Chenko

Traumatisé.

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