
Michel Seydoux a un plan : inaugurer le stade de 55 000 places en 2012 avec une participation à la Ligue des Champions. Après une saison 2009-2010 convaincante, pourquoi pas. D'autant que Lille a cette année réussi un exploit jamais vu dans l'histoire du club : ne pas transférer à l’OL ses trois meilleurs joueurs du moment. Un truc de fou quand on y pense.
Une nouvelle donne qui fait dire à certains que cette trêve sans départ a même un air de « dernière sortie avant le titre. » Le genre d’exploit qui permettrait ensuite d’avoir toutes les cartes en main avant de prolonger les prodiges lillois une dernière année avant le Grand Stade. Et Seydoux de reléguer Jean Michel Aulas au rang de has-been.
Du coup, c'est une saison-clé dans son existence que le LOSC s'apprête à aborder. Rudi Garcia devrait pour cela aligner une équipe-type très proche de la saison passée – oui, celle qui a enchaîné des 4-0 pendant près de trois mois. De quoi se remettre à penser sérieusement au podium au vu des automatismes et du beau jeu pratiqué jusqu’à la dernière journée.
Seules inquiétudes, un effectif limité du côté de la défense – absence d'un vrai latéral gauche, banc quasi inexistant – et un départ de poids, pour rien ou presque, celui de Robert Vittek. L’attaquant slovaque était certes beaucoup moins réaliste avec les Dogues que sous le maillot de sa sélection, mais il faisait figure de mascotte à la Fauvergue, toujours là pour faire une remise du dos décisive ou un demi-tour à deux à l'heure dans la surface qui permet d’emporter la mise.
En attaque, on s'inquiétera d'un probable départ de Pierre-Alain Frau et du choix toujours aussi risqué que représente Tulio De Melo, capable de se blesser dix fois dans une saison. Heureusement, il reste plus d'un mois à Michel Seydoux pour mettre la main sur un Kluivert bis. Soit un attaquant à l’apport sportif quasi nul, mais avec ce qu’il faut de weed, d'alcool et de femmes faciles pour motiver un peu plus un groupe qui a déjà appris à jouer avec le sourire. Bonne nouvelle, footmercato365.fr a d'ores et déjà embauché huit stagiaires rien que pour suivre le marronnier du futur grand attaquant qui manque tant au LOSC.
Preuve que le club a bien changé de statut et qu’il convient de placer plus que jamais Lille dans le Gros Quatre de la Ligue 1, à la place du PSG. Et pour ceux qui en douteraient encore, on va même donner aux Lillois des chances de titre cette saison. Parce qu'on sait lire des stats. Parce que le meilleur milieu de France reste inchangé. Parce qu’Eden Hazard et Gervinho. Parce qu’on renifle quelque chose du Lyon du début des années 2000. Parce qu’il est surtout temps que les « répliques de forte amplitude » promises par le président Seydoux se concrétisent enfin.
Points forts / points faibles : L'absence de pression.
Au Stadium Nord, 18 000 personnes en configuration « guichets fermés », la pression on ne connaît pas. C'est sûrement pour cela que le LOSC y fait ses meilleurs matchs et y a terminé meilleure équipe à domicile l'an passé. La pelouse est un billard, pas un seul sifflet entendu depuis 1978… Pas un chant non plus, remarquez. Résultat le no-stade lillois est devenu un terrain idéal pour la pratique du beau jeu. Si on ajoute à ça un entraîneur adepte du mouvement permanent et des pépites offensives qui chercheront à se montrer en vue d’une compil’ Youtube et du transfert vers le G14 qui va avec, on ne voit pas comment le LOSC pourrait faire moins bien que l'an passé.
A moins que cette absence de pression ne se remette à gêner le club lillois comme elle a pu le faire par le passé à deux moments-clé : en début et en fin de saison. Sans pression, Lille commence très mal ses saisons. L'an dernier, pendant que le LOSC jouait à la baballe, les équipes en face se chargeaient de concrétiser à sa place. Résultat, un zéro pointé au bout de quatre journées. En fin de saison, alors qu'ils étaient plus que jamais en course pour une qualification directe en Ligue des Champions, les Lillois ont là encore souffert de l'absence de pression –des médias aux tribunes, personne pour rendre plus présente la nécessité de jouer le titre. Du coup, plutôt que de jouer en mode killer dans la dernière ligne droite, le LOSC s’est contenté de se présenter en bon gestionnaire d’une troisième place quasi assurée à dix journées de la fin. Avant retour à l’envoyeur signé Lorient pour le tout dernier match, copié-collé de l'ouverture de la saison, où le duo Gameiro-Vahirua y est allé de sa jolie leçon de réalisme face à des Lillois sans doute trop joueurs.
Le type à suivre - Eden Hazard
Supersub en 2008-2009, le Belge s'est imposé l'année dernière comme meilleur espoir de la L1 – on regrette même qu’il n’ait pas été sacré meilleur joueur de la saison tout court. Pour sa seconde saison en tant que titulaire, tous les recruteurs du monde auront à nouveau les yeux braqués sur lui. Et plus encore sur sa capacité à faire des passes décisives. Car s'il a cassé beaucoup de reins et dansé le jerk dans les défenses pachydermiques de L1, on attend encore de voir ses talents de meneur de jeu dans des phases plus statiques. S'il franchit ce palier-là, c'est le côté gauche de Barcelone qui l'attend, sans aucun doute.
On profitera aussi de la venue de Moussa Sow pour suivre l'attaquant prometteur d’un peu plus près et savoir enfin si le Stade Rennais est vraiment un club de nazes ou pas.
Le point prono - 3ème
A la lutte pour le titre, mais trop de points lâchés lors des matchs face aux reléguables
L'équipe presque type
Landreau - Debuchy (Beria à pile ou face), Rami, Chedjou, Emerson (ou un ex-Manceau, au choix) - Mavuba, Cabaye, Balmont - Hazard, De Melo (ou ... Larsen Touré ? ah ouais quand même....), Gervinho (Sow pendant la CAN, mais y'a pas de CAN)
