
Didier Deschamps n'a jamais eu besoin de marcher sur l'eau, ni de multiplier les pains. Deschamps est Dieu, tout simplement. Grâce à lui et après dix-sept années de calomnies méritées, le supporter phocéen peut enfin sortir du placard, lui et son beau maillot jacquard. Il faut dire que Didier est de la race des seigneurs, de ceux qui se sont un jour dit : « Et si je frottais deux cailloux pour faire du feu ? » Il ne peut rien arriver à l'OM cette saison, celle de la confirmation. Parce pour Didier, le championnat, c'est l'apéro tarama-curly qu'on doit se farcir quand on va diner chez les cons. Alors que ce qu’il vise lui, c’est le plat de résistance. Deschamps veut la Ligue des Champions.
Pour ça, quand Didier vient, il bouffe à l'œil, il essuie ses doigts graisseux sur les rideaux et s'arrache en lâchant une siffleuse au Roquefort... Pour l’accompagner, il y a Dassier, l'homme qui avait plus de chances de gagner Euromillions que d'être président titré à Marseille. De quoi tenir le couplé gagnant qui ferait rêver n’importe quel accroc au PMU. Autant dire que ce n’est certainement pas cette année où le projet de nouveau stade a enfin été voté que le club marseillais va se prendre une gamelle à la façon du frère ennemi de la capitale. Malgré José Anigo, l'OM devrait continuer à revisiter l'Aulassie et incarner une certaine idée du baviérisme en un peu plus ensoleillé, celui-là même que Robert Louis-Dreyfus et feu ses tongs n’ont jamais réussi à atteindre.
Côté terrain, pour l’instant rien ne bouge. On ne compte qu’une seule arrivée, celle de l’espoir espagnol Azpilicueta – un type qui réussit le pari fou de loger quatre mots dans un seul patronyme – , venu remplacer Laurent Bonnart qui ne parvenait plus vraiment à faire illusion. Souvenez-vous, Laurent, c'était le gars bien, le bon copain qui faisait STAPS et qu’on recroise de retour d’une semaine de treck dans l’Himalaya un beau matin au rayon couches d’Atac… Celui qui étonnait son monde en déclarant qu’il aimait bien Radiohead alors qu’il avait quand même une tête à connaître par cœur l’œuvre d’Herbert Léonard. Et de Philippe Léonard aussi, tiens…
Point fort, point faible - Une question d'effectif
Si l'OM arriver à prêter, à vendre, voire à donner Samassa, alors tout est possible... L'effectif regorge de talents. Un atout également en forme de casse-tête pour Didier. Que faire par exemple des Ayew's Brothers ? Leur mettre des lunettes noires et leur faire chanter du blues ? Quand on tient le meilleur buteur (Niang) et le meilleur passeur du dernier exercice (Lucho Gonzalez), on n’est pas obligé de faire plaisir à un ancien coéquipier… Même avec un maillot de Ligue des Champions équivoque, l’OM, c’est pas encore le Ghana.
De quoi être sacrément optimiste, donc. Jusqu’à cette reprise estivale où la quasi absence de changements, les matchs de préparation aussi bandants qu'une rediffusion des Z'amours à trois heures du matin, les joueurs qui font plus de mains que de pieds pour s'en aller rappellent à s’y méprendre l’intersaison girondine d’il y un an. Et comme c'est tout l’OM qui repose sur le même modèle d’entraîneur qu'à Bordeaux - analphabète mais champion du monde -, tout pourrait bien recommencer comme en Gironde, du parcours encourageant en Ligue des Champions en prime à la défaite en Coupe qui fout en l'air tout le reste de la saison.
Le type à suivre – Lucho Gonzalez
Comme le montrent les matchs de préparation, l’Argentin a repris les affaires là où il les avait laissées en mai dernier. De toute évidence, il sera le patron technique cette année sur le terrain, n'en déplaise au stagiaire de Pierre Ménès qui n'arrêtait pas de l’étriller en début de la saison – nous aussi, c’est vrai… Mais c'est pas pareil. Du coup, parce que tout ça est beaucoup trop simple, Lucho ne jouera pas en marchant sur l’eau ou que sais-je encore. Non, il va jouer assis.
Le point prono – 1er
Parce qu'on a bien compris ce que voulait dire Deschamps quand il a fait savoir que l’objectif en Ligue des Champions, c’était de passer du côté des huitièmes. Au-delà, jurisprudence monégasque oblige, il sait ce que ça peut coûter en points dans la course au titre. Autant s'attendre du coup à ce que la déferlante de maillots serviettes de table bleus stabilo monte d'un cran d’ici la fin de saison.
L'équipe-presque-type
D'accord, avec ce mercato qui traîne et Mbia avec, tout sera à revoir d'ici trois semaines. Mais comme on s'en fout, on sort l'équipe-type à laquelle on croit aussi fort que France Football.
Mandanda – Azpi, Diawara, M'Bia, Heinze – Cissé (ou mieux), Lucho (assis), Kaboré – Valbuena, Niang, Brandao (ou pire)
