
Les potes d’Azur, le retour ? Trois-quatre ans après, on se souvient encore de la drôle de bande qui a valu à Antonetti de devenir une légende vivante au Stade du Ray. Une équipe à part avec pour chef de meute Lilian Laslandes à qui tout semblait permis, des colorations les plus radicales aux arrivées à l’entraînement en mob’ et sans casque, sans oublier les week-ends prolongés dans le bassin d’Arcachon à s’enfiler des plateaux de fruits de mer entre copains. Trois-quatre ans après, on sait que le triumvirat Roy-Marsiglia-Gioria n’a pas encore l’épaisseur d’un Antonetti pour faire jouer à l’unisson le collectif du jour. En revanche, ce qu’il semble avoir compris, c’est que pour lui demander d’en faire plus et parvenir ainsi à s’accrocher en Ligue 1, il va falloir compter sur une bande de potes.
C’est encore ce qui coûte le moins cher quand il faut remettre à flot des finances mises à mal par les objectifs surévalués de la saison passée. Antonetti parti, les dirigeants niçois avaient fait appel à l’un des entraîneurs les plus estimés de Ligue 2, Didier Ollé-Nicolle. Un coach qui a ferraillé pour la montée à la tête de Clermont Foot, c’est vrai que ça en impose. C’est vrai que ça rappelle aussi d’autres précédents, Jean-Marc Furlan ou Frédéric Hantz, tiens. Des coachs censés incarner l’avant-garde du métier et qui finissent plus ou moins dans le rôle de fossoyeur du club qu’on leur a refilé. DON ne finit pas sa saison niçoise et, une quinzième place plus tard, l’expérience continue de laisser des traces.
Obligeant notamment Gilbert Stellardo à mener son mercato comme on va au Mont de Piété, avec ses plus beaux joyaux sous le bras (Apam, Modeste, Rémy) et la certitude qu’on en tirera toujours un bon prix. Reste encore à trouver les quelques perles de substitution, à un prix défiant toute concurrence si possible, pour remplacer les partants dans les quinze jours à venir… Ou comment passer du système DON au système D, avec la croyance que Nice reste un club hors-pair pour révéler certains talents (Balmont, Ederson, Koné, Lloris) et pour permettre aux vieilles carnes de L1 de faire valoir une dernière fois leurs plus beaux restes (Rool, Echouafni, Laslandes).
En attendant de voir ce qui sortira du chapeau du collectif du moment, Roy et son équipe se trouve face à la nécessité de tirer le maximum de cette bande d’Aiglons, à remettre sans cesse sur le métier ces quelques valeurs qui ne se monnayent pas forcément sur le marché des transferts : solidarité, sens du combat, du sacrifice et dépassement de soi. Le genre de trucs qu’on ne peut demander qu’à une bonne de potes.
C’est tellement beau que ça en ferait presque oublier les envies de dépeçage fanfaronnées cet été par Tapie, puis par Villeneuve. On comprend que les types aient eu envie d’y retourner en voyant l’OGC Nice. Un club qui ressemble à la Lousiane, la mazoutée, et pas mal à l’Italie. Une belle institution de Ligue 1, avec ses quatre titres de champion et son plus beau maillot du championnat. Son bassin de population qui s'étend toujours un peu plus. Son public toujours prêt à déborder. Et son maire, Christian Estrosi, qui a déjà prouvé qu’il était possible de ressortir des cartons un projet de nouveau stade un temps abandonné en jouant la sarkonnection. Pour l'instant, Stellardo a encore le pouvoir de dire non. Mais tout laisse entendre que la menace d'un passage par la Ligue 2 aura vite fait de ramener à la surface ces projets de reprises et autres histoires d’hommes providentiels.
Point fort, point faible – La science du physique
La victoire contre Lorient a pu le rappeler, le collectif niçois est taillé cette année pour déménager. A l’image de son entraîneur du temps où il écumait les terrains de Ligue 1, les Aiglons n’ont rien de perdreaux de l’année. A l’image du duo de la défense centrale Civelli-Pejcinovic. D’un côté, une vieille connaissance rompue aux joutes de Ligue 1 et suffisamment revancharde pour venir jouer des coudes s’il le faut. De l’autre, une recrue-surprise comme on les aime à Nice, donnant déjà l’impression d’être au-dessus du lot techniquement et tactiquement, et qui n’hésite pas à calquer son pas sur celui de son compère de défense. Un combo expérience + classe qui a déjà fait ses preuves et qu’on peut retrouver à tous les étages.
Avec les départs successifs d’Apam, de Modeste et de Rémy, le président Stellardo a certainement réussi à réduire la masse salariale et a renflouer les caisses de son club. Il a aussi ramené au strict minimum l’effectif niçois. Pas suffisant encore pour espérer passer l’hiver sans pépin physique et se retrouver au printemps dans la chaleur du ventre mou. Du coup, il faut penser à recruter. A la niçoise s’entend : des valeurs sûres de Ligue 1 qui savent faire le métier comme Balmont, Laslandes ou Vahirua ont pu le faire en d’autres temps. Première arrivée, celle au milieu de Digard et ses steacks saignants. En attendant d'autres arrivées attendues, celle de Lubjoja et sa chiure de moineau sur le haut du crâne en attaque et celle de Clerc avec son genou en question. Et Morgan Amalfitano ? On va laisser ça aux stagiaires de footmercato.
Le type à suivre – Anthony Mounier
Retour de hype ? Du moins la saison ou jamais pour l’ancien Lyonnais s'il veut régler les malentendus qui entourent son début de carrière. Longtemps scotché aux portes du groupe pro lyonnais, la Moune doit ses première apparitions en Ligue 1 à des performances sportives inédites lors de la préparation estivale lyonnaise d'il y a deux ans : record de l’ascension de l’Izerand pour un cycliste hors Pro Tour, pluie d’essais lors des matchs de rugby à sept, vainqueur haut la main du semi-marathon de Tignes. Puel est sous le charme du jeune triathlète et décide de lui donner sa chance. Nouveau malentendu quand, à la faveur d’une titularisation à Nancy, Moumoune se retrouve à l’initiative de deux contre-attaques qui font but. La bonne prestation prend alors des allures de révélation. Le Gone se révèle trop juste ensuite pour confirmer. Lorsqu’il rejoint les Aiglons la saison passée, on ne craint alors qu’une chose : que le costume de titulaire en Ligue 1 soit également trop grand pour lui. Impression confirmée par sa première moitié de saison passée sur le banc niçois. Il faut attendre l’arrivée de Roy pour que Mounier se transforme enfin en meilleur passeur décisif de son équipe sur les derniers mois qui lui restent à jouer. Après seulement deux matchs, il a déjà repris son statut de passeur hors-pair et de travailleur acharné du côté gauche. Un départ fracassant qu’il faudra confirmer, mais avec Bagayoko à la place de Rémy cette fois...
Le point prono – 15ème
A peine remis de l’après-Antonetti Saison I, les Aiglons semblent bien partis pour un nouveau parcours avec handicap : sans attaque, sans capitaine-courage (Echouafni) et peut-être même sans public électrique. On promet donc une saison passée à la limite, mais qui finit par passer quand même parce qu’avec Arles-Avignon et Brest derrière, il n’y aura jamais qu’une place de relégable à se disputer cette année.
L'équipe-preque-type
Ospina – Diakhité, Civelli, Pejcinovic, Gace – Sablé, Faé, Hellebuyck – Mounier, Bagayoko, Mouloungui ou Ben Saada
Crédits Photos: DIDIER CRASNAULT / Alexandre DEBBACHE / ogcnice.com
