Vincent Duluc (L’Equipe) – « Ecrire devient moins important dans la presse sportive »
Le clairon résonne une nouvelle fois. Signal pour la foule rassemblée au terme d’une journée de grève qu’elle peut s’en aller remuer le passé avec Lioubov, Trofimov et tous les autres autour de leur Cerisaie. Au dernier coup de clairon, alors que les derniers spectateurs pressent le pas pour assister à la représentation, Vincent Duluc nous rejoint à l’étage du Théâtre de l’Odéon : « Je suis en retard… On dirait un joueur ! » Derrière lui, ne reste que deux statues, Corneille à gauche et Racine à droite. Une dizaine de jours avant d’honorer un autre haut-lieu du théâtre, à Avignon, le temps d’une scène de clash avec Jean-Michel Aulas, on lui a donné rendez-vous là, un peu par hasard et pas mécontents de cette improvisation de dernière minute, pour parler d’histoires d’écriture et du style qui va avec, une des idées à l’origine de la série d’entretien Foot Critics : « Le style, je suis mal placé pour en parler. D’ailleurs, quand on se met à vous en parler, ça vous fait vieillir d’un coup ! » Il en sera pourtant question au cours des deux heures qui suivront. Que ce soit dans les pages d’un journal à qui il arrive d’alimenter la critique acide – la nôtre parmi tant d’autres – ou dans la presse régionale, là où ses tout premiers papiers furent troussés. A l’ombre aussi d’un club, l’OL, dont il a accompagné l’irrésistible ascension, et de certains de ses acteurs qu’il a ensuite suivis jusqu’en Equipe de France. Deux heures à faire défiler sur scène une bonne partie de l’histoire du foot français de ces vingt dernières années, c’est bien ce qu’il fallait pour qu’on comprenne pourquoi « les journalistes doivent traiter aujourd’hui le foot comme des critiques de théâtre. »
